‹ Ciné-journalChapitre 44 sur 303 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Où il est posé à la S. des A. C. et E. de M. quelques questions insidieuses.

Ce siècle finissa't ; déjà Marconi perçais sous les frères Cbappe; l'Assemblée constituante qui venait de proclamer les Droits de l'homme et de voter la Constitution, se reposa en votant des Droits d'auteurs, qui sont des hommes aussi.

La Constituante fit bien ; elle aurait pu faire mieux. En effet, elle limita à 30 ans après la mort de l'auteur, les droits des héritiers. Pourquoi 20 ans ? Si au lieu de léguer à mes enfants la propriété des partitions de La Soupe et le Bœuf ou du Petit objet, je leur laisse un joli million (ils ne perdraient pas au change) ce million deviendra-J-il au bout de 20 ans, propriété collective ?

Non ! eh bien alors ! quoiqu'il en coit, retenez bien ce point, nous y reviendrons prochainement.

Alors, les artistes, auteurs, compositeurs, peintres et sculpteurs, dans l'impossibilité de faire respecter de leur vivant, et surtout après leur mort, les

droits que leur conférait le législateur, chargèrent des Sociétés de percevoir en leur lieu et place, les redevances à eux dues.

Rien de plus juste.

La loi était bonne, la mesure des intéressés l'était également.

Mais les meilleures lois ne valent que ce que valent les hommes qui les appliquent. Et si je ne me trompe, la Société de A. C. et E. de M. applique mal ce qu'elle est chargée d'appliquer.

Pourquoi, par exemple, taxe-t-elle ses contribuables sans les entendre ?

Pourquoi son tarif varie-t-il suivant son bon plaisir ?

Sur quelle base fait-elle ses répartilions ?

Que devient la quote-part des auteurs dont les œuvres sont tombées dans le domaine public ?

Quelles sont les lois, ordonnances ou décrets, encore en vigueur, en vertu desquels on nous impose ?

Voilà bien des questions !

Il est vrai que j'en pourrai poser davantage; ce serait sans importance.

On n'y répondra pas

(A suivre).

immmmmmmuuu

M. Max MILLAN A PARIS

Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que le représentant de l'Exclusive Film C° de Chicago, M. Mac Millan, vient d'arriver à Paris.

M. Mac Millan recevra à partir de lundi prochain, à l'hôtel Monsigny, rue Monsigny, toute personne qui aurait à lui faire des offres touchant l'industrie cinématographique, appareils nouveaux, films neufs et d'occasion, perforeuses, tireuses, etc.

Prière de demander rendez -vous.

M. Mac Millan sera notre hôte pendant une semaine.

Un Mot personnel

si SI 91

Certaines entreprises de location de films se sont émues d'avoir trouvé au-dessous d'un filet réclame du Ciné-Journal ma signature «directoriale ». Je ne puis renier cette évidente paternité mais je prie de croire qu'elle n'implique en rien une préférence personnelle de ma part pour l'entreprise dont je vantais les qualités. J'avais écrit quelques lignes : je les ai signées, et voilà mon cas pendable!

On n'attendra pas de moi un acte de contrition : j'en suis tout à fait incapable. Mais j'avoue que je suis désolé d'avoir été mal compris et j'affirme que je n'aurais pas signé mon « petit morceau littéraire » si j'avais pu me douter un instant qu'il éveillerait l'inquiétude commerciale de quelquesuns de mes amis.

Il m'est arrivé si souvent de servir personnellement les intérêts de ceux qui prennent ombrage aujourd'hui, que je n'ai pas vu de fortes raisons pour priver un article réclame de ma signature.

D'ailleurs, en rendant hommage à certains mérites, je ne prétends pas diminuer ni nier les qualités d'autrui. Je les ai maintes fois déclarées, aussi bien dans le journal que dans mes relations personnelles et ceux-là mêmes qui se sont émus le savent excellemment.

Je suis prêt à favoriser — de ma modeste influence — tous ceux qui vivent de la cinématographie, la pratiquent avec honnêteté.

Je ne puis ni ne veux m'arrêter à des querelles de concurrence, persuadé qu'il y a mieux à faire.

Ne croyez-vous pas qu'il est plus utile de travailler avec tous que contre quelqu'un?

Telle est du moins ma pensée, dont on reconnaîtra qu'elle est, pour le moins, nette et loyale.

G. Dureau.

Incendie de la Foire de Dresde

Soixante blessés A * >

(De notre correspondant particulier.

Berlin, 2 août.

Une explosion survenue dans un cinématographe a provoqué l'incendie général de la foire de Dresde, qui comprenait plus de 300 baraques et plusieurs cirques, ainsi que quelques grands restaurants.

En quelques minutes, le champ de foire fut transformé en une mer de feu. Plusieurs régiments accoururent pour essayer de sauver les vies en péril. On réussit à retirer 60 blessés. On ne signale aucun mort.

Il régna parmi les forains une panique effroyable ; plusieurs d'entre eux voulaient se jeter dans les flammes pour s'assurer si aucun des leurs n'y était resté ; d'autres cherchaient à sauver leur petite fortune.

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Vues neuves.

On dut les en empêcher par la force.

Les pertes sont énormes ; la plupart des forains n'étant pas assurés. Ils voudraient rebâtir sur les ruines fumantes une foire nouvelle, afin de gagner un peu d'argent, mais les autorités n'y semblent pas disposées.

A l'heure où nous mettons sous presse l'enquête des autorités n'est pas close, il apparaît cependant déjà que l'incendie est dû, non pas à l'exercice normal de la projection cinématographique, mais à la négligence d'un opérateur. Nous ne cesserons pas de le répéter : la pratique de la cinématographie est exempte de dangers, pourvu qu'elle soit confiée à des gens sérieux. Tout dépend de l'opérateur.

L'Arrêt contre Courteline

L'arrêt rendu contre Courteline au profit de la maison Pathé a eu son écho au récent Congrès tenu à Copenhague pour la défense de la propriété littéraire et artistique. Le Congrès a adopté, le vœu suivant :

Le Congrès, prenant connaissance avec chagrin d'un arrêt de la Cour de Paris, estime qu'en matière littéraire, le droit de l'auteur porte non seulement sur la forme littéraire, mais aussi sur le plan ou scénario; en conséquence, prendre ce plan ou scénario pour l'exploiter sous une forme nouvelle, et notamment sous la forme cinématographique, est une atteinte au droit exclusif de l'auteur.

Lettre Ouverte

à Messieurs les Bourgmestres et Echevins de la ville de Gand.

Je viens de lire dans les journaux que les demandes pour emplacements sur la foire d'hiver à Gand doivent être introduites.

A cette occasion, il m'est venu à l'idée d'exposer dans notre organe La Comète

Belge nos griefs au sujet du mode d'adjudication des emplacements pour cinématographes sur les deux foires.

De la façon dont cette adjudidation est faite, il est difficile de prévoir quelle pourra être la réussite des affaires et, par conséquent, il est matériellement impossible de de présenter des offres sérieuses. Je m'explique : Il y a sur le plan dix emplacements destinés à différents métiers. Qui peut prédire qu'il n'y aura pas 10 cinématographes qui occuperont ces emplacements? Chacun pourra cependant croire qu'il sera seul ou qu'il n'y aura que deux cinématographes. Dans ces conditions on offrira la forte somme, quitte à se désoler après en présence des résultats des soumissions. Au lieu d'être 2 ou 3, ils seront tellement nombreux qu'aucun ne parviendra à faire ses frais.

N'y aurait-il pas possibilité, Messieurs les Bourgmestre et Echevins, de stipuler dans votre règlement ou votre cahier des charges que le nombre de cinématographes sera limité et qu'ils seront disposés de telle façon que chacun d'eux pourra gagner sa vie. Il y aurait lieu dans ce cas de désigner les emplacements destinés aux cinémas et de faire l'adjudication entre les propriétaires de ce genre d'établissements.

En parlant d'adjudication, il y aurait également lieu de supprimer le système des lettres fermées et de le remplacer par celui des adjudications publiques avec droit de surenchères.

Si je demande cette faveur, c'est parce que l'exploitation des cinématographes sur les foires est devenue très difficile par suite de la grande concurrenee des établissements similaires installés en ville et qui ne chôment jamais. Il y a lieu de tenir compte de ce fait, que les cinématographes rendent la foire intéressante et belle.

Je me permets ainsi de vous demander de ne plus mettre en pratique l'adjudication des emplacements et de les accorder de la main à la main. Je crois que l'administration, les commerçants de la ville et les industriels forains s'en trouveraient beaucoup mieux. Aujourd'hui beaucoup d'établissements n'osent pas venir à Gand parce qu'ils

doivent se soumettre aux rigueurs de l'administration.

Dans l'espoir que ces quelques lignes seront examinées avec bienveillance par le collège échevinal de la ville de Gand, je vous prie d'agréer, Messieurs, l'hommage de ma parfaite considération.

Un directeur de cinéma.

(La Comète Belge).

Un Drame au bord de la Mer

(Le Gaulois)

Ce n'est pas aux heures où les parasols pressés les uns contre les autres les font ressembler à quelque champ de coquelicots, que les plages offrent leur plus grand charme. Il y a, à ces heures, trop de parasols, d'abord, et conséquemment trop de dames assises sur des pliants et en train de coudre, trop d'enfants construisant des forts de sable, trop de baigneurs affairés.

Combien je préfère les plages, en ces heures matinales, où, harassés par les petits chevaux, le baccara, ou la danse de la veille, parents et jeunes gens reposent encore derrière les volets clos de leurs villas. La brise est alors plus douce et plus fraîche, le soleil plus clément, et la chanson éternelle de la mer n'est plus couverte par les cris des joueurs de tennis, ni par les cuivres d'un orchestre de casino.

Chaque matin, je me fais une joie de devancer le réveil des gens, pour aller assister au réveil des choses. Et, assis sur le sable,

un peu humide encore de la rosée nocturne, je regarde avec volupté, les vagues éternelles mourir à mes pieds. C'est si bon de n'être dérangé par rien ni par personne ! Ou, plutôt, ce serait si bon!...

L'autre matin, en effet, ma rêverie quotidienne fut troublée par le drame le plus poignant et le plus inattendu.

J'étais en train de me perdre dans la con« templation de la nature et dans mes propres pensées, quand, soudain, je vis arriver sur la plage une jeune femme d'une rare élégance et d'une grande beauté. Elle était enveloppée dans un vaste peignoir dont les plis harmonieux, de loin, la faisaient ressembler à quelque déesse antique. Elle s'avançait, lentement, le long de la grève, et comme perdue dans ses réflexions. Quand elle fut arrivée à ma hauteur, elle m'aperçut et me dit, d'une voix harmonieuse et douce:

— Pardon, Monsieur... Vous seriez bien aimable, si cela ne vous gêne pas, d'aller vous asseoir quelques mètres plus loin.

Je ne sais pourquoi, mais ces simples paroles me parurent pleines d'un sens mystérieux et terrible. Il me sembla qu'elles annonçaient comme une catastrophe fatale. Et, rendu muet, soudain, par une émotion qui m'étreignait la gorge, je n'eus que la force de me lever et de me reculer en saluant. Mais je devinais, j'étais sûr que, si la dame en peignoir me priait de m'éloigner, c'est qu'il allait se passer là quelque scène épouvantable. Mon devoir eût été, dans ces conditions, de crier, de fuir, d'appeler. Mais

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j'étais retenu par une curiosité atroce; et je restai, quelques pas plus loin, convaincu qu'il allait se passer quelque chose de terrible, mais désireux tout de même de voir, et ne pouvant détacher mes yeux de cette jeune lemme mystérieuse. Mais, qu'allait-il donc se passer?

Je n'eus pas longtemps à attendre. Des pas sur le sable me firent tourner la tête, et je vis un jeune homme beau comme le jour, qui venait, à grandes enjambées, à la rencontre de la jeune femme. Il était également enveloppé dans nn large peignoir; et, avec sa figure entièrement rasée, il évoquait à mes yeux quelque jeune patricien de l'ancienne Rome. Quand il fut arrivé près de la déesse, il lui dit simplement :

— Vous!...

Elle lui répondit, non moins simplement :

— Moi!...

Et le dialogue suivant, haché, comme haletant de passion contenue, s'engagea entre eux :

— Commevous êtesbonned'êtrevenuel...

— Ne vous l'avais-je pas promis? Et puis, c'était pour moi une telle joie de vous voir!...

— Chérie!...

— Chéri!...

— Ah!...

— Ah!... Et si mon mari nous surprenait?...

— Rien à craindre, grâce à l'excellente idée que j'ai eue de nous mettre chacun en costume de bain... Si votre mari surgissait, nous n'aurions qu'à nous débarrasser de nos

peignoirs et qu'à nous plonger dans l'élément humide... Et nous aurions instantanément l'air de deux baigneurs inoffensifs et candides, en train de s'offrir aux baisers des lames...

— Chéri!...

— Chérie!...

— Ciel!... mon mari!...

— Vite, aux peignoirs...

Et les deux jeunes gens, se débarrassant prestement de leurs peignoirs, se disposèrent à se jeter à l'eau. Soudain, un homme se dresse derrière un rocher qui le dissimulait.

— C'est le mari, pensai-je... Il va les tuer!...

Et je fermai instinctivement les yeux... Il se contenta de leur dire :

— Ce n'est pas du tout ça!...

— Qu'est-ce qui ne marche pas? interrogea le jeune patricien.

— Tu as mal retiré ton peignoir. .. Il s'est enroulé autour de tes jambes... Et puis, je t'avais recommandé de le passer au safran... Tu sais bien que le jaune est bien plus photogénique. . Quant à vous, ma petite amie, il faudrait vous arranger de manière à ne pas avoir le soleil dans l'œil... Allons, recommencez-moi ça...

Les deux jeunes gens ramassèrent docilement leurs peignoirs, s'en revêtirent de nouveau et retombèrent aux bras l'un de l'autre, en reprenant leur dialogue :

— Chéri!...

— Chérie!...

— Ciel!... mon mari!...

— Vite, aux peignoirs...

Et ils se débarrassèrent de nouveau.

— Cette fois-ci, ça va mieux, dit le troisième personnage que j'avais tout d'abord pris pour le mari.

Et il ajouta :

— A toi, Saint-Gratien!...

Et je vis accourir un homme gros, chauve, vêtu, lui aussi, d'un costume de bain. Il agitait entre ses mains un galet avec un air menaçant : celui-là, c'était bien le mari.

— Halte! fit le personnage qui semblait commandar à ce trio dramatique.

Le gros monsieur s'arrêta, laissant retomber ses bras. Quant aux deux complices, ils restèrent au bord de la mer, prêts à se précipiter dans les flots.

— Je crois que nous pouvons tourner ça, dit l'homme.

— Pour sûr, répondit la déesse... Ça y est maintenant...

— Comme je ne voudrais pas que vous vous mouilliez deux fois, rappelez-vous bien ce que vous avez à faire une fois dans l'eau... Toi, dit-il au jeune patricien, quand tu vois arriver le mari, tu te places entre lui et sa femme comme pour la protéger de ton corps... Il lève son galet... Il vous assomme tous les deux, et vous disparaissez tous deux... Mais, toi, tu l'entraînes avec toi... Vous plongez tous les trois, et l'océan se referme sur vos têtes... C'est bien compris? Alors, on va tourner... Allons-y...

Et toute la scène à laquelle j'avais déjà assisté recommença avec une rapidité ca-

dencée : l'orrivée de la jeune déesse, sa rencontre avec le praticien, leur court duo d'amour, la soudaine irruption du mari.

Puis ce fut un triple plongeon, cependant que deux individus, que je n'avais pas encore aperçus, accroupis chacun devant un appareil bizarre, tournaient chacun une manivelle.

Et un pêcheur qui passait à côté de moi, portant sur son épaule son filet à crevettes, dit:

— C'est encore ces acteurs de Paris qui viennent faire leur cinématographe!

Adrien Vély.

SYNDICAT

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OPERATEURS CINEMATOGRAPHISTES

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Quelques modifications ont été apportées aux Statuts du Syndicat. Voici dans quel sens et sur quels articles elles ont porté:.

Art. 12. — Les membres actifs sont tenus d'être présents à toutes les Assemblées générales ou réunions ordinaires ou extraordinaires.

Deux absences consécutives à ces As-

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semblées ou réunions ; ou trois absences non consécutives dans un délai de trois mois et non justifiées entraîneront d'office la radiation.

Art. 14. — Tout syndiqué devra acquitter régulièrement chaque premier mercredi du mois en cours sa cotisation au Syndical.

Le syndiqué en retard de trois mois de ses cotisations et n'ayant fourni aucune justification est passible de radiation sur la proposition du Conseil syndical. La radiation, en ce cas, sera prononcée en Assemblée générale à la majorité des membres présents.

Art. 15. — Une carte syndicale en même temps carte d'dentité portant le cachet du Syndicat, ainsi que les signatures du Président et du titulaire, sera remise à chaque adhérent. Sur cette carte figureront les douze mois de Tannée, lesquels recevront la signature du Trésorier après chaque versement mensuel des cotisations.

Art. 17. — Il pourra être créé dans les piincipaux centres provinciaux des groupements d'Opérateurs, «ous 'e titre de Syndicat des Opérateurs Cinématographistes de France, section de :

Adresser toute la correspondance à M. Jean Mariant, Président du Syndicat, 24. rue de Bagnolel, Paris (20e).

Comment s'assurer de

l'etanchêitê Je la chambre noire?

Une plaque sensible exposée dans une chambre noire peut ne pas être traversée d'un de ces traits qui indiquent à n'en pas douter l'existence d'un trou dont il est parfois facile de déterminer l'emplacement, mais, malgré cela, que la chambre laisse filtrer la lumière, suffisamment pour voiler en tout ou partie une plaque, et cela principalement lorsque celle-ci est rapprochée de la partie de la chambre noire qui est endommagée.

Le plus généralement, lorsqu'un trou existe, cela se traduit par un voile général plus ou moins marqué et il ne faut jamais condamner une boîte de plaques en les accusant d'être voilées sans s'assurer auparavant que la chambre noire est parfaitement étanche à la lumière.

Grâce à la lumière électrique maintenant si répandue, cette vérification peut être faite aisément.

La première chose à faire est de se procurer une douille, à baïonnette par exemple, rattachée à un fil souple double, ce que l'on peut avoir pour environ deux francs, il faut ensuite introduire cette douille dans l'intérieur de la chambre noire en la fixant d'une façon temporaire et en laissant le fil sortir en partie de la chambre, tout en ne laissant aucun vide autour du passage de ce fil. Le moyen le plus pratique à mon avis d'y arriver consiste à enlever les objectifs de leurs

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lentilles et d'entourer le fil électrique d'un chiffon bien serré formant bouchon, au besoin si l'on a un doute on peut consolider ce dispositif au moyen d'un petit morceau de satin ou de velours noir que l'on attache autour de la monture de l'objectif et du fil.

Il faut ensuite ajuster une ampoule électrique de 10 ou 16 bougies sur la douille, puis mettre un châssis vide à sa place habituelle, et enfin, mettre en contact la prise de courant dont doit être munie l'autre extrémité du fil.

Après une minute ou deux d'attente pour que les yeux aient le temps de s'accoutumer à l'obscurité on tourne le commutateur pour allumer la lampe placée dans la chambre noire.

Aucune lueur ne doit alors être aperçue soit que le volet soit levé soit qu'il soit refermé. On recommence plusieurs fois cette opération en éteignant la lampe et en la rallumant ensuite. Il faut également donner au soufflet toute son extension puis si l'on ne voit aucune lumière décelant un trou ou une déchirure, le ramener ensuite à sa position normale en vérifiant bien le soufflet et les joints de tous les côtés.

Si rien n'apparaît, tout est pour le mieux, et il sera inutile de laisser la lampe allumée plus longtemps qu'il n'est nécessaire car en dépit d'une opinion assez répandue, la lumière électrique dégage une certaine quantité de chaleur.

Si l'on découvre quelques trous il faudra naturellement les boucher, s'ils sont dans

le bois au moyen de la pointe d'une allu mette trempée dans de la gomme ou de la glue; si c'est le soufffet qui est percé, prendre un petit morceau de peau noire, de peau de gant, par exemple, et le fixer avec un peu de seccotine ou de colle quelconque. Si les piqûres étaient trop nombreuses, le mieux serait de remplacer le soufflet, car ce serait signe qu'il serait trop usagé et si l'on bouchait les trous découverts il s'en produirait d'autres, et le possesseur de l'appareil n'opérerait jamais avec la certitude d'avoir une chambre noire bien étanche.

(Photo-Revue).

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