‹ Ciné-journalChapitre 73 sur 303 · Août · texte numérisé non relu

Août

Organe Hebdomadaire de l'Industrie Cinématographique Directeur : G. DCREAt)

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Le Numéro : 25 cent.

Paraît tous les Jeudis

Rédaction & Administration 30, Rue Bergère

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Le Cinéma & l'Aviation

Echo de Bétheny

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De quoi parlerais-je aujourd'hui avec chance d'être lu, si ce n'est de la Grande Semaine de Reims où, selon l'antique tradition, l'aéroplane est allé se faire sacrer roi ? Mais il ne m'appartient pas d'empiéter ici sur un domaine réservé à d'autres confrères et de donner à mes lecteurs cinématographiques une chronique d'aviation. Restant dans l'esp- it du journal, je voudrais seulement souligner en quelques mots certains incidents survenus au camp de Bétheny entre les cinrmatographistes elles organisateurs des grandes épreuves. On verra que les rapports entre les représentants des deux jeunes et merveilleuses inventions, ne sont pas encore très heureusement réglés et que M. de Polignac ne semble pas avoir compris le iôle du cinématographe dans le développement des sport0 aériens.

Il paraît que la cinématographie n'est pas une industrie libre, au moins dans une de ses branches nécessaires qui est la prise de vues sportives ou de fêtes publique". Tel est l'avis de M. de Polignac, organisateur patenté de la triomphale entreprise de Reims. « Vous désirez, a-t-il dit en substance aux cinématographistes, prendre des vues de nos épreuves d'aviation et conséquemment en tirer profit. N'est-il pas juste que

vous payiez à notre caisse un droit d'exercer votre industrie au même titre que tous ceux dont vous voyez sur la vaste plaine les cafés, restaurants et autres machines à faire de l'argent. Vous n'êtes pas une nécessité publique. Donc, vous passerez à la caisse car il nous faut de grosses ressources. »

Ainsi parla M. le marquis et la municipalité rémoise opina, tant l'argument lui parut commercial. La redevance fut fixée modestement à trois mille francs.

« une paille » comme vous voyez. Puis, M. le marquis attendit les éditeurs de films, persuadé qu'ils n'auraient pas assez de la vitesse de leurs pieds... panoramiques pour se précipiter à Bétheny.

Ce sont gens à millions pour la plupart anonymes : Allons-y ! pensait-on. Ils ne crieront pas sous les ciseaux du tondeur.

Or, les fabricants de films sont bien allés à Bétheny : quelques-uns même ont royalement satisfait aux prétentions de M de Polignac et la cinématographie s'est enrichie de vues nouvelles pour le plus grand plaisir du public passionné. Mais quelques opérateurs ayant estimé le sacrifice trop lourd, ont pu néanmoins par surprise tourner la manivelle et voilà le droit de ceux qui avaient payé compromis. Que devenait, en effet leur privilège acheté fort cher, puisque tout le monde pouvait travailler librement ? D'où quelques aventures avec les commissaires de police et autres représentants de l'autorité champenoise.

je crois que tout cela devait être évité. M. de Polignac et la ville de Reims se seraient honorés en faisant un geste plus libéral et en ouvrant toutes les portes aux cinématographistes. Ils auraient bien retrouvé par ailleurs les quelques billets prélevés sur nos éditeurs.

Mieux encore. Ils se devaient, au nom même de l'œuvre entreprise, d'appeler à Bétheny pour cette merveilleuse revue des aéroplanes, les cinématographistes qui sont les seuls reporters fidèles, mécaniques, impartiaux, dont l'histoire ait besoin. Tous les journalistes avaient un coupe-fil spécial qui leur permettait d'agir librement et sans frais. Tous les photographes professionnels ont droit à la même faveur. Il conviendrait que le cinéma fut reconnu, au même titre qu'un journal, et passât partout.

On alléguera qu'il appartient à l'industrie. C'est vrai. La presse aussi. Mais toutes les deux servent également le progrès en satisfaisant aux curiosités les plus louables du public, de plus en plus épris de document et de vérité. Les grands quotidiens ont fait beaucoup pour exalter l'amour de l'aviation ; mais dix articles ne valent pas cinq minutes de projection Tous ceux qui ont vu sur l'écran les prouesses de Blériot le savent bien.

Place au cinéma ! C'est le reporter de demain.

G. DUREAU

Le Courant Pratique en Cinématopapliie

Les appareils nécessaires pour - - l'obtention de ce courant - -

^ n n Un Avis sur ces Appareils

Nos lecteurs savent que le courant le plus pratique en cinématographie pour obtenir l'arc parfait est le courant continu, nous chercherons donc dans l'exposé ci-après à leur indiquer seulement le moyen le plus

économique d'obtention de ce courant lorsqu'ils se trouveront devant une distribution d'énergie par courant alternatif.

Il existe, à l'heure actuelle, trois sortes de transformateurs d'énergie en courant continu :

1° Les transformateurs rotatifs (les plus anciens).

2° Les redresseurs électrolytiques.

3° Les convertisseurs Cooper-Hewit à vapeur de mercure.

Transformateurs rotatifs. — Les transformateurs rotatifs sont bien connus des opérateurs cinématographistes. Chacun sait qu'ils nécessitent un appareillage supplémentaire d'un prix élevé. Appareillage consistant en moteur et dynamo dont le rendement moyen atteint péniblement 60 %, rendement très variable suivant les charges. Ces transformateurs sont de plus, d'un entretien coûteux parce qu'ils sont sujets à de nombreuses réparations par suite d'usure des balais et des parties tournantes.

Transformateurs à soupapes électrolytiques ou redresseurs. — Le rendement moyen de ces transformateurs est de 65 %. En dehors de leur encombrement et de leur poids, ils dégagent beaucoup de chaleur qui, s'ajoutant à celle produite par l'arc, rend insupportable le séjour de la cabine. En outre, leurs émanations corrosives sont désagréables au premier chef. L'entretien en est coûteux comme leur prix — le remplacement des acides, la destruction rapide des anodes, etc., etc., ont obligé de nouveaux opérateurs à les abandonner définitivement.

Convertisseurs Cooper-Hewit à vapeur de mercure. — Les convertisseurs sont bien supérieurs aux systèmes précédents, ils s'appliquent le plus facilement à l'exploitation cinématographique et nous prions nos lecteurs de ne pas voir dans l'opinion que nous émettons ici sur leur compte, une idée de réclame quelconque, mais seulement le désir de voir nos amis munis d'appareils excellents, qui leur évitent bien des déboires.

On peut résumer leurs avantages en quelques mots : Ils sont bon marché, peu encombrants, silencieux, d'un rendement moyen de 80 %, de faible poids et d'un entret;en nul.

Avec eux on n'a pas à redouter les superpositions des oscillations de l'arc jointes à celles résultant du déplacement du film ou de l'obturateur.

On a, avec eux, la possibilité d'obsorber 30 à 40 volts sans intercaler de résistance série avec l'arc en se servant d'un inductance de réglage sur l'alternatif primaire. Cette absorption de voltage s'obtient sans dépense supplémentaire d'énergie et permettant un rendement à l'arc de 80 %, alors que le rendement direct en courant continu même n'est que de 50 %.

En comptant le courant à 0 fr. 07 l'hectowatt heure on obtient de la sorte une économie horaire de 0 fr. 35 pour 10 ampères, 0 fr. 70 pour 20 ampères. 1 fr. 15 pour 30 ampères, etc., etc.

Comme ces convertisseurs sont nouveaux et par conséquent peu connus, voici leur description.

Le convertisseur Cooper-Hewit comprend :

1° Une ampoule de cristal renfermant une petite quantité de mercure liquide. Cette ampoule est complètement vide d'air. Elle porte deux électrodes positives en carbone et une électrode négative en mercure. Une électrode auxiliaire, également en mercure, est placée à côté de la précédente et sert à l'allumage du convertisseur. Le courant est conduit aux électrodes par des fils de platine traversant le cristal.

2° Un transformateur de construction spéciale dont le rôle sera expliqué plus loin au c Principe du fonctionnement » et qu'on appelle diviseur de tension.

3° Une carcasse en fer qui supporte le diviseur de tension et un tableau de marbre sur lequel sont disposés l'ampoule, l'appareillage pour la mise en marche, les appareils de contrôle et de mesure qui peuvent être utiles pour la surveillance et le fonctionnement du convertisseur. Le tout forme un ensemble absolument complet, très facilement transportable, qu'on peut placer sur une table ou fixer contre, un mur.

Principe du fonctionnement. — Le

fonctionnement du convertisseur est basé sur ce fait que la lampe à vapeur de mercure ne peut fonctionner que si l'on connecte l'électrode en mercure au pôle négatif de la distribution.

Si donc, on juxtapose deux sources alternatives de façon à réaliser cette condition à l'intérieur d'une ampoule, celle-ci fonctionne comme soupape électrique pour les deux demi-ondes successives, et- on obtient à la sortie du convertisseur du courant continu.

On réalise les deux sources alternatives successives en prenant un transformateur de construction spéciale dont l'enroulement secondaire comporte un point neutre. Ce point neutre divise le transformateur en deux parties, d'où le nom de diviseur de tension. Chacune des parties de ce transformateur travaille alternativement pendant les deux demi-périodes successives.

Le point neutre du diviseur est converti à la barre négative de la distribution, tandis que l'électrode en mercure est convertie à la barre positive du circuit d'utilisation. Les

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deux électrodes positives du convertisseur sont réunies aux bornes du diviseur.

Le courant passe successivement par les électrodes et se trouve redressé à la sortie du convertisseur.

Les ondulations du courant sont atténuées par une bobine de Self qui maintient aussi le convertisseur allumé.

La tension du côté continu est dans un rapport fixe avec la tension alternative à la sortie du diviseur, mais celle-ci peut être modifiée à volonté à la mise en fabrication du diviseur de tension.

Mise en marche du convertisseur.

- La mise en marche du convertisseur est excessivement simple : il suffit de fermer deux interrupteurs et de tourner légèrement une manette pour allumer l'ampoule. Il ne nécessite aucune surveillance et peut être confié aux mains les plus inexpérimentées.

G. Gourdon.

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