‹ Ciné-journalChapitre 85 sur 303 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Qui fait suite au Chapitre IV et dans lequel l'auteur, continuant a poser desquestions insidieuses, y répond lui même afin qu'elles ne restent pas sans réponse.

Je l'avais bien dit :

La Société des A. C. & E. de M. ne répond pas.

Elle ne peut pas répondre,

Si elle répondait,

Ce serait pour s'excuser.

Or, qui s'excuse s'accuse,

Et la Société des A. C. & E. de M. ne veut pas s'accuser.

Je comprends ça.

Elle a mieux à faire :

Parodiant le mot de Mazarin,

«Chantez », nous dit-elle, «vous payerez»!

Ne chantons pas, chers confrères,

Mais puisqu'on nous veut écorcher, imitons les anguilles de Melun et crions.

On nous entendra mieux.

(La suite au prochain numéro.)

Les Mystères de Paris.

Quelques privilégiés qui ont pu voir le premier positif des Mystères de Paris sont unanimes à reconnaître que le prochain film de l'Éclair sera le plus gros succès de la saison. Un gros chiffre de commandes est déjà réalisé.

Une Caméra idéale.

Les preneurs de vues prennent leur tour chez M. Debrie constructeur-inventeur de la caméra la plus pratique et la plus perfectionnée. Nouveau Modèle.

Raleigh et Robert.

La maison Raleigh et Robert est dit-on, prête à sortir son nouveau synchronisme.

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Vues neuves.

Nous apprenons avec plaisir la formation d'une association Italienne des auteurs cinématographiques dont le siège est fixé à Rome. La nouvelle union a déjà reçu les compliments de sa consœur française.

Synchronisme.

On parle de la formation d'une puissante Société à Pise pour le lancement d'un parfait synchronisme. Attendons.

Les opérateurs de cinémas napolitains viennent de jeter les premières bases d'une fédération nationale des opérateurs Italiens. Nous appuyons de tous nos vœux leur tentative.

Un Film d'art de la Maison Gaumont « Fra Veneenti »

Nous sommes au siècle merveilleux de Jules II, ce protecteur des Lettres et des Arts et nous entrons dans l'atelier de Raphaël Sanzio qui travaille probablement à une œuvre pour la Chapelle Sixtine.

L'illustre peintre est entouré de ses meilleurs élèves et reçoit la visite du Cardinal Reimbo. Deux jeunes artistes, Veneenti et Jules Romain discutent avec animation et subitement, laissent là leurs palettes, s'en vont chercher une aventure. Le hasard, ce guide toujours aveugle, les met en présence d'une châtelaine d'une incomparable beauté. Les yeux de Veneenti sont éblouis, la jeune femme elle même a tressailli, mais fidèle à l'austère devoir elle passe son chemin.

Au soir Veneenti revient donner une sérénade à la belle inconue, elle paraît à sa terrasse et envoie un baiser d'adieu au jeune homme car l'anneau nuptial brille à son doigt et elle ne s'appartient plus.

Désespéré, meurtri, le pauvre Veneenti n'ayant plus rien à attendre des joies de la vie entre au monastère. Des mois se passent, le novice peint des tableaux pieux pour la chapelle et un jour des visiteurs viennent pour la visiter et parmi eux la châtelaine tant aimée. On remarque que la Vierge d'un tableau fait par Veneenti lui ressemble étrangement, car peut-être poursuivi par son rêve a-t-il fait une telle ressemblance inconsciemment, on questionne et la réponse est évasive ; Raphaël lui même voit le tableau et demande quel est donc ce Veneenti, le supérieur répond que c'est un peintre qui est mort.

Puis après le départ des visiteurs le Père Abbé représente au novice que le peintre Veneenti n'est plus et qu'il doit effacer son nom qui figure sur le tableau; par obéissance le pauvre jeune homme se soumet mais c'est trop pour ses forces et il va s'agenouiller et prier Dieu de l'aider à supporter tant d'épreuves.

« Rande virée sur toute sa longueur, dont les qualités, artistiques sont supérieures et l'intérêt dramatique passionnant. »

Fête des Loges.

(Forêt de Saint-Germain-en-Laye). (S.-&-0.) Cette fête fameuse que les Parisiens apprécient tant pour la multiplicité de ses attractions que pour le cadre merveilleux

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dans lequel elle se déroule, vient de finir pour la 257e fois.

lui 1891. le nombre des promeneurs qui s'y rendirent par la voie ferrée fut de 18,000, en 1895, il atteignait 40,000 et l'an dernier il s'élevait à 60,000. Mieux que tout, ces chiffres disent éloquemment l'intérêt que présentent les réjouissances populaires qui ont lieu dans ce joli coin de banlieue.

Cela me rappelle un ravissant tableau du XVIII1' siècle (la fête des loges, au Val-St- Germain-en-Laye), qui inspira à Lamartine ces vers charmants :

Chaque arbre du verger avait son chœur champêtre, Son orchestre élevé sur de vieux troncs de hêtre, Le Qfre aux cris aigus, le hautbois au son clair, l.a musette vidanl son outre pleine d'air, L'un sautillant el gai, l'autre plaintif et tendre. S unissant, s'excitant, s'accordant pour répandre. Ensemble ou tour à tour, dans leurs divers accents, Le délire ou l'ivresse à nos exeurs hondissanls.

Dans ce splcndide cadre de verdure, des gardes françaises jouaient aux dés sur la caisse d'un tambour, d'autres débitaient des madrigaux, on dansait, on riait, on s'amusait avec esprit sous l'ombrage des grands arbres centenaires.

Les costumes se sont modifiés, mais la coutume est restée aussi vivace; la vogue des Loges, dernier vestige des fêtes champêtres, ne saurait se ressentir des attaques de détracteurs désabusés dans leurs ridicules et hypocrites réclamations.

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