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OPÉRATEURS CINÉMATOBRAPHISTES DE FRANCE

Extrait du procès-verbal de l'Assemblée générale du 1er septembre 1909.

Les membres présents approuvent à l'unanimité la proposition du camarade Borzecki de donner une grande soirée cinématographique au profit de la Caisse de secours du Syndicat; après l'exposé de différentes vues à ce sujet, une réunion est décidée, à l'effet de nommer une commission qui sera chargée de l'organisation de cette soirée.

Pour copie conforme,

F. Maillot.

Concours International de Cinématographie.

L'organisation du concours de Milan se poursuit avec ardeur et nous fait espérer un gros succès. Des adhésions nouvelles de toutes les maisons d'édition arrivent tous les jours au comité.

Quelques membres du comité exécutif ont été reçus par le Syndic de Milan, Bassan Galba auquel ils ont offert la présidence honoraire; ce dernier a spontanément offert une médaille d or et promis d'obtenir une récompense de la municipalité.

Parmi les dernières adhésions, rappelons celles de VItala Films, de Camille Ottolenghi de Turin; Y Eclair; la Simia; l'Eclipsé; Urban; Radios; Vitagraph ; Warwick etc..

Bravo pour les Italiens ! Puissent-ils avoir meilleure chance que les Anglais I

Retour d'Amérique,

M. Reader, l'aimable directeur pour la France de la Vitagraph C°, vient de rentrer à Paris, non pas du Pôle Nord comme tout le inonde mais des Etats-Unis où il était allé reprendre un peu contact avec les services de la fabrication américaine. Nous l'avons trouvé plus actif et plus gai que jamais, d'un optimisme clairvoyant qui témoigne de la prospérité des affaires.

M. Reader rapporte de son voyage l'impression que le cinématographe est en excellente situation dans l'est des Etats-Unis qu'il a particulièrement parcouru. Le groupe Edison y reste très favorisé, l'union des marques indépendantes se développant surtout dans l'ouest.

La pellicule ininflammable est d'un emploi général sur le marché des Etats-Unis : c'est la marque Eastman Kodak qui triomphe. Les exploitants s'en montrent fort satisfaits et les pouvoirs publics également. L'usage de ce nouveau film rassure tout le monde, y compris les Compagnies de transports qui n'acceptaient qu'avec d'extrêmes difficultés la responsabilité des expéditions de film inflammables.

M. Reader a noté avec plaisir que les

Compagnies américaines perfectionnaient chaque jour leur outillage et soignaient plus minutieusement la mise en scène de leurs œuvres. Et par là, s'accuse une fois de plus l'influence heureuse de l'art français qui, fort goûté de l'autre côté de l'Atlantique, a peu à peu pénétré l'industrie cinématographique et imposé des formules nouvelles aux fabricants.

Parmi les nouveaux engagements.

Nous apprenons avec le plus vif plaisir que notre ami M. Moreau, un de nos plus distingués ciné-photographes, vient de signer un engagement — qui fera deux heureux — avec la Société des Cinéma-Eclair, 8, rue Saint-Augustin.

Le goût très sûr, l'esprit artistique et les connaissances photographiques de M. Moreau trouveront leur meilleur emploi à Y Eclair qui se classe nettement sur le marché du film parmi les premières maisons, d'éditions françaises.

Nous ne pouvons être indiscrets, mais pourquoi ne pas dire qu'avec la collaboration de M. Moreau, V Eclair-Cinéma lancera prochainement toute une série de vues documentaires — scientifiques, éeucatives et pittoresques.

Une note d'art et de vérité... Voilà ce que tout le public demande et voilà ce qu'il obtiendra de Y Eclair-Cinéma.

Un remède au scintillement.

Sait-on comment nos parisiens du Boulevard suppriment, pour les clients des terrasses et les midinettes, le scintillement des

films projetés gratuitement sur les écransréclames ?

Un petit truc, aussi simple qu'ingénieux, a résolu le problème : il suffit de regarder l'image à travers un réseau, ou une toile métallique et la désagréable trépidation disparaît.

L'inventeur de ee procédé a eu la galante pensée de donner à son invention la forme d'un gentil petit éventail japonais ajouré.

Désormais, les midinettes qui s'extasient sur nos trottoirs parisiens à contempler l'arrivée de l'express où le vol de Blériot seront toutes munies d'éventails grillagés.

Travaux cinématographiques.

La Maison E.-G. Clément, 30, rue des Petites-Ecuries (Paris), nous informe qu'elle est prête à exécuter, dans des délais jusqu'à ce jour impossibles, tous les ordres relevant de l'industrie cinématographique, prise de vues, développement, tirage, virage, coloris, titres... etc., à des prix particulièment intéressants.

Demander catalogues et prix à E.-G. Clément, 30, rue des Petites-Ecuries.

La question des Entractes.

Connaissez-vous un problème plus malaisé à résoudre que le problème des entr'actes ?

Les entractes sont interminables dans nos théâtres. En attendant les trois coups, que faire ? Papoter, flirter, débiner l'auteur, les interprètes. Oui, mais cela ne dure qu'un temps. Cependant l'on s'impatiente, on arpente les couloirs, on oublie ce qui s'est passé au premier acte.

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NOUS DÉSIRONS ÉCHANGER quelques milliers de mètres de

Vues neuves.

Nos voisins et alliés ont trouvés la solution.

Un écran cinématographique est tendu devant le rideau, et au moyen de projections on y inscrit des devinettes et des rébus dont le public doit chercher les réponses. Les spectateurs qui, à la fin de la représentation, peuvent fournir le plus grand nombre de réponses exactes, reçoivent un prix qu'ils touchent immédiatement à la caisse de l'administration : un billet de banque, quelques louis ou encore deux fauteuils pour un autre spectacle de la semaine, au choix, selon l'importance et la difficulté des devinettes résolues.

Pourquoi ne pas acclimater cette mode innocente chez nous ? Les spectateurs des loges et du parterre pourront ainsi se divertir sans faire de tort à personne.

Oui, mais si un titi du poullailler n'a pas fini de déchiffrer l'énigme (rien de celle de M. Hervieu) avant le lever du rideau de fer?

LA DfiCOOTBBTE DO POLE NORD

La Maison Raleigh et Robert vient de lancer un film d'actualité sur l'arrivée du célèbre D1 Cook, retour du Pôle Nord, à Copenhague. Les tableaux sont les suivants:

Les régions polaires;

A Copenhague. Le prince héritier et le ministre d'Amérique attendent le D1 Cook ;

Arrivée du Dr Cook ;

Le D' Cook saluant la foule.

Longueur du film <S4 mètres environ Mot télégraph. : Cook.

Pour la Liberté de la

Photographie Anecdotique

(Suite)

En Italie, à l'état actuel de la législation, il n'existe aucune règle à ce propos; cependant à l'art. 243 de la Loi du 17 juillet 1904 sur la conservation des monuments, dont nous avons déjà parlé, il est dit : « Les reproductions photographiques en plein air des parties extérieure des monuments exposés à la vue publique sont libres à tout le monde », et à l'art. 250, pour ôter le moindre doute que ces monuments et objets d'art sont ceux-là seulement qui appartiennent à l'Etat, pendant qu'il défend « en reproduisant un monument d'employer une substance quelconque pour en raviver les teintes, etc. », il déclare que cette disposition est applicable aussi « aux parties de monuments particuliers exposés à la vue du public ».

Il taut noter ici que la nouvelle loi en formation sur les Antiquités et les Beaux Arts, la loi Rosadi (député de Florence), non seulement affirme ce principe de liberté, mais l'élargit encore en supprimant toutes les dispositions restrictives d'ordre bureaucratique ou fiscal qui l'entravaient jusqu'ici, lorsqu'il s'agit de photographier des œuvres d'art enfermées dans les musées, et confirme ouvertement et expressément la suppression de tout lien à cet égard (1).

(1) Voir la belle Relation à la Chambre des Députés ;l(» mai J!K)7, N. .">0<S, A) que le rapporteur M. Rosadi a eu la bonté de nous envoyer (paragraphe II, page 51).

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Cette disposition cependant, bien qu'elle représente la constatation d'un usage universel, et déclare un évident principe de liberté, ne pourrait être étendue, par analogie, jusqu'à comprendre le cas habituel du photographe qui saisit par une instantanée le type ou la scène pittoresque de mœurs et de peuple qu'il voit dans la rue. Elle sert tout au plus à démontrer que l'Etat n'a pas eu crainte, en faisant ses lois, d'entrer dans l'ordre d'idées que nous exposons.

En l'absence d'une disposition spéciale, il est nécessaire de recourir aux dispositions générales du droit, à la plus générale même de ces dispositions : qu'il est permis à quiconque de faire ce qui lui plaît tant que son action ne viole et ne trouble pas les droits des autres.

Nous avons vu que le simple fait de photographier ce que l'on voit en public, ne trouble et ne peut troubler aucun des droits d'autrui, en donnant ici au mot e droit » sa signification scientifique objective d' « intérêt protégé par la loi ».

On ne peut pas en dire autant du fait de celui qui, ayant obtenu une épreuve photographique, l'expose, la montre, la publie comme que ce soit, le sens commun, avant même que la science juridique, nous avertit que cela peut être parfois nuisible à la personne photographiée, et la pratique rappelle un grand nombre de faits — tous les faits qui se rapportent à cette question et dont les juges se sont occupés — où la publication plus ou moins étendue a* été cause de dommage matériel ou moral, réel ou présumé.

Les dispositions de la loi violées dans ces cas furent presque toujours celles qui garantissent le plus cher et le plus sacré des droits, le droit à l'honneur, au décorum, à la respectabilité; parfois, mais plus rarement, celles qui protègent le droit de propriété et cette forme de propriété particulière connue sous le nom de propriété artistique.

Ce n'est pas le cas ici de citer des exemples très connus de tout le monde.

Il est évident que si un mari tolère par nécessité que, sur une plage balnéaire sa femme porte un simple costume de bain, il est intolérable, répugnant aux bons usages du monde, injurieux même que, grâce à une instantanée, ce spectacle — peut-être agréable à voir — soil reproduit sur une boîte d'allumettes ou exposé, agrandi ou non, au public de la ville où la personne demeure. Il peut arriver au plus grave et plus sérieux personnage de se griser en une occasion unique; il n'est pas permis, il est injurieux même que l'instantanée qui le reproduit en cet état soit publiée sur un journal. Si une pose bizarre, un mouvement étrange et involontaire, une grimace saisie habilement par un appareil photographique excitent le rire, il n'est ni juste, ni digne, il est injurieux même que la reproduction en soit offerte en spectacle en rendant ridicule la personne ainsi photographiée.

On dira plus loin si, et quand, et de quelle façon ces photographies peuvent et doivent se comparer aux caricatures; en traitant ici la question en général, il n'est pas douteux

Les Fabricants du monde entier - - qui veulent des Films fixes emploient

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que tous ces cas comptent au nombre de ceux prévus et punis par notre Code Pénal, et précisément au titre IX, Chapitre VII « De la diffamation et de l'injure ». Parfois, dans les cas moins graves et moins importants, par l'article 458 du Code Pénal Italien.

Tous ces cas, menacés par la loi, ont des sanctions d'un caractère pénal par rapport au crime commis, et des sanctions d'un caractère civil pour la réparation des dommages matériels ou moraux. Ils produisent en outre une obligation à un dédommagement pécuniaire (1).

Ce n'est pas ici la place de commenter ces dispositions de la loi; il est cependant utile de remarquer que, afin que les sanctions pénales soient appliquées, il est nécessaire de prouver chez l'accusé l'intention directe de nuire au droit d'autrui, la volonté d'offenser l'honneur, la réputation, le décorum, afin de pouvoir le convaincre du délit de diffamation ou d'injure, tandis qu'il est suffisant de prouver que le fait de la publication a été volontaire et que ce fait a été une cause d'ennui et de trouble pour convaincre l'accusé de contravention à l'article 45cS.

Et dans les cas où l'on ne pourrait pas prouver le but pervers du photographe ou mieux du divulgateur, et qu'il n'y eût même en lui aucun motif blâmable de trouble, de plaisanterie, de satire sans malice, le fait comporterait cependant toujours une réparation des dommages matériels ou moraux

(1) Articles 37 et 38 du Code Pénal; art. 1151, 1152 du Code Civil.

lorsque, même en bonne foi, même sans le savoir, ces dommages auraient été produits, et cela par le principe sacré de tout dommage fait à autrui oblige celui qui en est la cause à une réparation (1).

Et, par une exception expresse, le paiement de ces sommes peut être assuré même par la prison pour dettes, abolie dans tous les autres cas (2).

Comme on le voit, les « foudres de la loi» ne manquent pas, et il n'est vraiment pas le cas de tant discuter sur un nouveau droit pour le munir d'une sanction particulière.

En conclusion : En l'état présent des mœurs et des lois, on doit considérer comme étant permis dans notre pays (3) de photographier dans la rue quelque spectaols ou quelque personne que ce soit; cette règle, comme toutes les règles, regarde 1' « ici quod plerunique acciclit » le cas ordinaire, et doit être observéo sans causer d'ennui aux passants, mais sans que ceux-ci aient le droit de protester; ils peuvent l'empêcher en se remuant, en se tournant, en se couvrant, etc., mais ils ne peuvent pas le défendre.

La reproduction, la mise en montre, la publication de quelque façon que ce soit de cette photographie porte avec soi la même

(1) Article 1151 du Code Civil.

(2) Articles 2 et 3, loi du (5 décembre 1887 sur l'abolition de l'arrestation pour dettes.

(3) L'on sait que dans les pays de religion mahométane il est défendu ou il devrait être défendu expressément de photographier les personnes, car le Coran défend de reproduire l'image de l'homme et même de tout être vivant.

responsabilité que le récit ou la publication d'une nouvelle, d'un document, d'un secret; elle doit par conséquent être soumise au consentement des des personnes photographiées, ou bien elle ne doit être faite que ? lorsque la scène représentée peut, par les circonstances du fait ou par les habitudes de la personne, faire croire avec fondement à un consentement tacite, ou encore lorsqu'il est impossible que les personnes photographiées puissent être endommagées comme que ce soit matériellement et surtout moralement par la publication de leur image reproduite ainsi par surprise et, pour me servir d'une expression vulgaire, mais efficace, par trahison. Attilio Lavagna.

{Photographia Artist'œa].

INVENTIONS NOUVELLES

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402113. ■ — Sparre. Perfectionnements dans les phonographes.

402209. — Société dite Berliner Film-Bôrse. Dispositif transportable pour produire et monter des vues cinématographiques.

402245. — Davis. Dispositif pour actionner des gramophones et des appareils cinématographiques et les obliger à marcher en synchronisme.

Communiqué par l'Office de Brevets d'invention de M. H. Bœttcher fils, ingénieurconseil, 39, boulevard Saint-Martin, Paris. Téléphone 1017-66.

LA YIE FÉERIQUF

Il n'y a plus moyen de s'ennuyer un ins» tant à la campagne.

Pas plus tard que ce matin, j'ai été réveillé à cinq heures par un terrible bruit de cavalcade. J'ai ouvert les yeux et je me suis

dit :

— Zut! Encore l'artillerie qui fait une

manœuvre. Tout à l'heure, ils vont aller tirer à deux kilomètres d'ici et j'entendrai résonner dans ma tête leur boom! boom!

booooom ! si désagréables au cœur de M. d'Estournelles de Constant. Ah! combien je préfère le tir à l'arc au tir au canon.

Mais au bruit des chevaux se mêlèrent des commandements en lesquels je ne reconnaissais rien de militaire.

Une voix cria :

— Eh! d'Artagnan, prends garde de ne pas laisser tomber ton chapeau. Tu sais que la plume me coûte cinquante balles!... Et toi, Blanche. Tu n'aurais pas pu te mettre un peu moins de poudre! Tu as l'air d'avoir un emplâtre sur la joue.

De la poudre et des balles! Qu'était-ce là? Je sautai de mon lit avec l'agilité d'une jeune vierge qui a trouvé un satire sous ses couvertures, je m'élançai vers la fenêtre, je l'ouvris et je me crus un instant transporté trois siècles en arrière, au temps de la Fronde : le village était occupé par les royalistes de M. de Turenne, à moins que ce ne fut par les conjurés de M. le Prince...

Ne languissez pas davantage : c'était tout bonnement une troupe d'artistes reconsti-

Réservé à la Maison

PARIS

tuant pour le cinématographe quelques scènes des Trois Mousquetaires et de Vingt ans après.

Mais je vous assure que cela avait de l'allure, sous le soleil matinal, dans ce village dont les maisonnettes couvertes de tuiles et de chaume, enfouies sous les vignes et les glycines, percées de portes basses et de fenêtres étroites, peuvent aussi bien dater de Louis XV que de Louis-Philippe.

Ici, sur des chevaux de noble allure (le loueur du paj's ne les donne pas à moins de dix francs par jour), quelques hommes aux longs cheveux blonds ou brun?, portant moustache en crocs et royale hardie, feutre galonné d'or, casaque soutachée, manteau tombant de l'épaule sur la croupe du cheval, bottes à entonnoir, longue rapière battant les flancs de la monture : évidemment, c'étaient les chefs de cette troupe de partisans qui tenaient conseil sur les meilleures mesures à prendre pour défendre ce village occupé par surprise.

Plus loin, à la porte d'une maison, d'autres hommes descendus de cheval, avaient, outre l'épée, le lourd mousquet. C'étaient les soldats songeant aux solides, allant explorer les basses-cours et les caves s'assurer qu'il ne restait pas quelques oisons autour des broches, et qu'on ne leur cachait pas les meilleurs flacons du cellier.

Des valets en veste courte tenaient des chevaux de main.

Il y avait aussi un grand et pesant carrosse tout prêt pour un enlèvement.

Il y avait un vieil homme vêtu de futaine, avec des chausses marron, un bonnet de

laine, un air cauteleux et sournois : eh! parbleu, je connais ce vilain petit bourgeois. C'est M. Bonacieux lui-même. Comment allez-vous, monsieur Bonacieux?

Et il y avait aussi Mme Bonacieux, la jolie Mme Bonacieux, si gracieuse sous ses simples vêtements de petite bourgeoise.

Seulement, comme il faisait très froid ce matin, Mme Bonacieux avait les joues toutes blanches et le nez tout rouge.

Et il y avait Mme la duchesse de Chevreuse en robe de velours vert-bouteille et la reine Anne d'Autriche, en robe de velours noir. Avec ces deux très grandes dames était le beau Georges Villiers, duc de Buckingham lui-même, en complet de cour tout de satin blanc lamé d'argent. Et, enfin, complétant le groupe, une créature à l'œil fatal et à la chevelure d'un rouge infernal. Milady, la terrible Milady en personne, celle qui était marquée sur l'épaule d'une fleur de lis infamante. Est-ce à cause de la marque, est-ce à cause du froid, Milady cachait son épaule sous un châle de laine trieoté, peut-être par elle-même.

Seulement, ce qui enlevait un peu de réalité à ce brusque retour en arrière, ce qui m'empêchait de croire que subitement, je me trouvais devenu sujet de Louis XIII, et placé sous le joug de fer de cet Aristide Briand, qui s'appelait le cardinal dj Richelieu, c'est que ce groupe sympathique de grandes dames et de puissants seigneurs, était entassé sur les sièges d'une poudreuse automobile au volant de laquelle il y avait un homme en complet à carreaux...

Et, symbole admirable, qui montrait bien

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Une visite à l'Institut Pasteur

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