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Canadiens, la plupart, excepté un petit nombre de femmes, ne savent pas lire, Le: \4:lais qui demeurent dans le pays, ne s’occupent en général que du soin de faire leur fortune, et ne songent qu’au temps où ils retourneront dans leur patrie, pour l’y dépenser : s’ils ont un moment de loisir, ils jettent un coup d’œil sur un roman ou sur un poëme à la mode, et ne lisent pas autre chose.
On compte 180 milles de Montréal à Quebec.
Il n’y a pas long-temps encore que la manière ordinaire de voyager d’une de ces villes à l’autre, était d'aller en calèche le long du fleuve ; on trouvait des chevaux de poste aux relais établis par le gouvernement. Actuellement, de très grands bateaux à vapeur entretiennent la communication entre les deux villes : j’ai fait deux traversées dans le Car of Commerce, un des plus nouveaux et des plus élégans. Il porte à peu près 600 tonneaux (12,000 quintaux ); la machine n’a pourtant qu’une force de soixante chevaux. Sa plus courte traversée, en descendant le fleuve, a été de seize heures un quart, y compris les retards; sa plus courte, en remontant, de vingt-huit heures. Une fois il à
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porté treize cent soixante émigrans de Quebec à Montréal. Le prix du passage était de 2 dollars par tête, ce qui faisait en tout Gr2 livres sterling pour un seul voyage. On dit que trois enfans vinrent au monde durant la traversée.
Le prix ordinaire du passage, en y comprenant la nourriture, est de 10 dollars (50 francs ) en descendant, et 12 dollars (60 francs) en remontant ; différence due à ce que l’on met ordinairement plus de temps dans le dernier cas, parce qu’il faut refouler le courant.
Les bateaux à vapeur du Saint-Laurent transportent des marchandises aussi bien que des passagers : il est probable que bientôt ils remplaceront entièrement les navires à voile pour la navigation de Quebec à Montréal. Le cours du fleuve est embarrassé de rapides très forts entre les deux villes; ce qui rend nécessairement la durée du voyage toujours incertaine, et souvent ennuyeuse pour les navires qui dépendent entièrement du vent pour avancer. On a mêine des exemples que cette traversée a pris plus de temps que celle de l'Océan Atlantique d’Angleterre au Canada. Aujourd’hui, les navires qui arrivent d'Europe mettent leur cargaison à bord
d’un bateau à vapeur, de sorte qu’elle arrive à Montréal en deux ou trois jours.
Les bords du fleuve, au-dessous de Montréal, sont plats et peu iutéressans. Çà et là on découvre un village avec son clocher, couvert en fer-blanc. Les maisons des particuliers, bien peintes en blanc, sont éparses le long du Saint- Laurent à intervalles assez réguliers.
À peu près à 45 milles au-dessous de Montréal, sur la rive droite, la rivière de Sorel ee joint au Saint-Laurent, et sur la rive gauche s'élève la ville de William-Henry, jadis nommee Sorel. Notre bateau à vapeur s’y arrèta pour y renouveler sa provision de bois. Cette ville est triste; elle est principalement bâtie en bois; elle fut peuplée, dans l’origine, par des royalistes qui quittèrent les États-Unis , à l'époque de la révolution , et par un petit nombre de soldats licenciés.
La Sorel est l'issue du lac Champlain ; si on pouvait la rendre navigable pour les navires d'une moyenne grandeur, elle procurerait un moyen de relation commerciale très commode avec l’intérieur de l’état de New-York, et for-
merait une chaine de communication directe
VOYAGE AU CANADA. a
avec les grands canaux de l'Ouest. Quant à pré- ‘4
Lo. | ! sent, elle n’est fréquentée que par de petits il bateaux ouverts et des trains de bois. Des rapides tréal, et des bas-fonds commencent à moins de 14 miln dé- ÿ les de son embouchure, et continuent avec peu dir d'interruption jusqu’au village de Saint-Jean, : | bien | près du lac Champlain. Une circonstance remaraint- k quable, c’est que la Sorel, bien différente des i autres rivières, devient beaucoup plus étroite Mont- ‘4 en s’approchant de son confluent avec une rel <2 # autre. À Saint-Jean, elle a une largeur de plus auche de 1500 pieds, qui diminue graduellement vers chnbi 5 le bassin du Champlain ; et après être sortie de À arréta celui-ci, la largeur moyenne de la rivière n’est Cette plus que de 750 pieds.
Lie en Immédiatement au-dessous de William- | r des Henry, un archipel d'îles répandues dans le | à l'é- fleuve le partage en une multitude de canaux. hi imbre " Quand on en sort, on entre dans le lac Saint- | ù Pierre, un de ces élargissemens si communs \ si on ! dans les fleuves de l’Amérique. La longueur de +] avires celui-ci est à peu près de 20 milles, et sa lar- 1h ii un é geur de 7 à 10. Des bancs très considérables “| node f s'étendent le long de chaque rive, et contribuent L fur- | beaucoup à conserver à la surface de l’eau celte recte
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