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Go J, M. DUNCAN.
ceux de ses amis, dans les escomptes de la semaine , de préférence à tout autre; et ainsi les affaires de la compagnie, quoique administrées honnêtement, doivent être sujettes à des vacillations et à des incertitudes perpétuelles.
Le même manque d’esprit d’entreprise se remarque dans la navigation du Saint-Laurent , qui est sujette à des interruptions. Si lon faisait un canal de Montréal à La Chine, qui ne sont séparés que par un intervalle de 9 milles, les rapides, si incommodes, qui se rencontrent dans cet espace. seraient évités; on ne serait pas obligé, comme on l’est aujourd’hui, de transporter si loin, par terre, toutes les marchandises qui vont dans le haut du pays. Voilà vingt ans que l’on parle de ce canal ; il y a quelque temps, la législature provinciale vota 25,000 liv. pour cet objet ; il n’a été rien fait de plus. Sur ces entrefaites, les Américains des États-Unis poussent avec vigueur leur canal de 364 milles de longueur, entre le {ac Érié et le Hudsou-River, et un autre de 60 milles, entre ce même fleuve et le lac Champlain. Il est possible que lorsqu'ils auront terminé ces deux grands ouvrages ; il leur prenne fantaisie de traverser le
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Saint-Laurent , et, par pur amusement, de creuser les 9 milles de terrain entre Montréal et La Chine; ce serait pour eux un travail qui exigerait à peine quinze jours.
Toutefois il faut, pour rendre hommage à la vérité, dire que des symptômes indiquant une amélioration dans l'esprit public et dans l’é-
nergie de la province commencent à se mani-
fester. Une compagnie d’assurance pour les incendies vient de commencer se: opérations; ce qui fera rester dans le pays une portion ronsidérable des fortes sommes qu’une comprgnie de Londres en tirait annuellement pour le mênt objet. Des sociétés pour l’encouragement de lagriculture se sont également formées ; or: peut espérer qu’elles persuaderont peu à peu aux Canadiens de ne pas attacher leurs bœufs au joug par les cornes, et de ne pas jeter dans le fleuve le fumier de leurs écuries et de leurs étables, comme on le fait encore assez généralement.
Il ne subsiste plus au Canal: que des couvens de femmes. Un habitant de Montréal me conduisit chez les sœurs grises ; on y compte vingtquatre religieuses, indépendamment de la su-
périeure. C'était autrefois un hôpital général pour les pauvres malades ; aujourd’hui on y prend soin principalement des orphelins, des invalides vieux, et des insensés. Les religieuses que nous vimes n’avaient rien de cet air mélancolique, langoureux et sentimental , que les lecteurs des ballades et des vieux romans sont enclins à associer avec leur nom : c’étaient des femmes toutes simples, assez laides, et d’un certain âge; et excepté qu’elles étaient mises d’une manière un peu singulière, elles auraient pu passer pour les gardes d’un hôpital anglais. Elles avaient une robe de laine d’un vert olive trés clair , avec de larges manches relevées ; une coiffe noire très juste et bordée de crêpe recouvrait un bonnet de toile, dont on ne voyait que les bords; elles portaient sur les épaules une sorte de palatine de toile empesée ; un petit crucifix d'argent pendait sur leur poitrine ; la plupart avaient un tablier de toile de coton bleue ruyée.
Nous vimes dans deux des salles depetitsenfans dodus qui étaient l’image véritable de la santé ; les petits berccaux où ils couchent étaient très propres ; 1] paraît, du reste, qu’il ne manque
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VOYAGE AU CANADA. 63 pas d’orphelins à Montréal. Je vis avec plaisir que ces bonnes religieuses témoignaient beaucoup d’aflection à leurs élèves ; elles leur montraient toute la tendresse de mères véritables, et leur parlaient comme à des êtres faibles qu'elles chérissaient.
Dans une autre pièce destinée aux invalides âgés, et où je me contentai de jeter un coupd'œil, une religieuse lisait des prières à quelques-uns des habitans de l'appartement ; l’un d’eux, qui avait une jambe de bois à côté de lui, nous ayant aperçus, la rattacha à la hâte, et, s’avancant vers la porte, nous demanda, en anglais, si nous voulions voir l’établissement. Nous
le priâmes de nous conduire à la chapelle. Aus-
sitôt il se mit à marcher devant nous. À une extrémité, 1] y avait un autel orné comme à l'ordinaire , et dans un enfoncement d’un côté, un autre dédié au Sacré cœur de Jésus. Audessus on voyait la représentation d’un cœur humain, entouré d’épines, et percé de clous ; sur tous les chandeliers et les autres objets dépendans de l’autel , le nème emblème était fréquemment répété. À côté de Pautel, un cadre
renfermait un papier sur lequel étaient écrites
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