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min de fer de La Boca, usines, atelicrs, château de plaisance et wagon-salon de M. le directeur général, hôtel de la compagnie, maisons d'habitation du haut personnel, imprimerie, observatoire météorologique, achats de terrain, que sais-je encore! En voilà déjà pour plusieurs centaines de millions. 11 s'est payé le luxe de vingt-huit hôpitaux, c'est-à-dire autant, sinon plus qu'il n'y en à à Paris, Et puis, l'hôpital à Panama, qui a coûté plus de 10 millions, n'en représente pas 4; les Ccuries, qui ont coûté 7 millions, n'en valent pas 2; et ainsi du reste.
À Colon, où se trouve l'entrée du Canal, un simple dragage aurait suffi pour établir un passage; on n'avait qu'à consolider les talus pour avoir tout de suite les docks nécessaires où les navires auraient pu embarquer où débarquer leurs marchandises. Les droits de douane et le temps économisé eussent, en partie, fait face aux dépenses, outre qu'on créait un port au Canal et qu'on mettait les maisons à l'abri d'un coup de vent comme il en vient parfois du nord.
Au lieu de cela, on a procédé à de grands travaux de remblayage; on a cherché à recouvrer des terains pour y construire de beaux bâtiments, on a dépensé 25 millions à des édifices enfouis dans un coin qui se trouve exposé à subir les ravages de la première galerne arrivant du septentrion, par la baie du Limon.
L'établissementhospitalier, au pied du mont Ancon
ferait honneur à n'importe quelle ville. Les bureaux de la compagnie qui occupent toute une facade de la Plaza, sont des plus imposants. Panama est, à coup sûr, redevable à la compagnie de toutes les améliorations qu'on y voit. C’est magnifique, mais ce n'estpas le Canal.
On ne pouvait, cette fois, prêter à la perfide Albion des sentiments hostiles, ni attribuer, comme à lord Palmesrston, quelque vilain mot à son premier ministre, pour stimuler en France la vanité nationale et mieux traire cette bonne vache à lait qui s'appelle le petit capitaliste.
On ne dira pas, non plus, que les États-Unis ont entravé les travaux; le drapeau étoilé brille plutôt par son absence à Panama, et les Américains ont mis au rancart, pour le moment, la fameuse doctrine de Monroe, si chère à leur cœur.
Si les causes ci-dessus, sommairement exquissées, ne suflisent pas pour dessiller les yeux aux plus incrédules, voici un exemple qui démontrera, à n'en plus douter, l'ignorance crasse de l'archichancelier qui se trouve à la tôte de cette entreprise maudite.
Lorsque, en 4880, le comité d'études visita l'isthme, sous la conduite de M, de Lesseps, on prit, à Culébra, Je niveau du chemin de fer comme base pour estimer
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la somme de terre et de rochers à cxcaver à cet endroit.
Or, deux ans après le départ du comité d'études, on s'aperçut que la passe de Culébra, c'est-à-dire la 4. moins élevée, ne pouvait servir, attendu qu'elle au- 4 fait pour résultat infaillible de rendre la courbe du : canal beaucoup trop vive.
On trouva une autre passe mieux appropriée au tracé du canal, mais à cent pieds au-dessus de celle de la Culébra, c'est-à-dire à 339 pieds 6 pouces, au à lieu de 239 pieds 6 pouces au-dessus du niveau de la É mer, ce qui ajoutait énormément aux travaux et à la dépense. On estime à 20 millions dans le premier cas et à 200 millions dans le second le nombre de mètres cubes à excaver. Dix années de travail ne seront pas de trop pour ouvrir, dans cette montagne, la tranchée nécessaire.
Cette toute petite erreur dans les calculs augmente de 225 millions, seulement, les frais de percement.
Le tout à l'avenant.
Lors du congrès international en 1879, on avait estimé à 843 millions le coût du Canal.
D'un trait de plume, M. de Lesseps biffe 243 millions, disant qu'il avait assez de 600 millions et que son premier emprunt sérait de 300 millions,
Voyez-vous ça ? Il en sait plus long, à lui tout seul, que le congrès international réuni. Un mot de plus, je supprime la Cordillère et j'y mets un lac! Ses Cir-. culaires ont des allures de proclamations. Il y à du Napoléon chez cet homme. À chaque défaite nouvelle, comme à ce chef de soldats voleurs d'empires, il faudra à M. de Lesseps 400,000 hommes et 300 millions avant de trouver Waterloo, là où il se vantait de renouveler Austerlitz. Il ne faut qu'une queue de vache pour atteindre le ciel, mais il faut qu'elle soit bien longue.
Le capital de 300 millions ne pouvait naturellement couvrir les dépenses de construction que le congrès avait estimé devoir s'élever à 843 millions; aussi la compagnie se réservait-elle de se procurer 900 millions par des émissions d'obligations, ainsi que cela avait eu lieu pour le canal de Suez.
Le première émission d'obligations eut lieu l'année qui suivit la constitution de la société. Le 7 septembre 1882, la compagnie émit 250,000 obligations de 300 francs 50/0, au prix de 437 francs, rapportant 25 francs.
La seconde émission fut faite le 3 octobre 1883. Elle se composait de 600,000 obligations de 500 francs 3 0/0, donnant 15 francs d'intérêt annuel, émises à 285 francs.
Vinrent ensuite 477,387 obligations de 500 francs
4 0/0, rapportant 20 francs d'intérêt annuel, émises en deux fois, soit une première émission de 387,387 | obligations à 333 francs, le 25 septembre 1884, et Œ une seconde émission de 90,000 obligations placées | sur le marché à divers cours. É
tout seul, | de plus, | Ses cir Il y a du nouvelle, mpires, il
: 300 mil- E Jusqu'en 1885, M. de Lesseps ne cessait de répéter :
sc sortait is « Les dépenses n’excéderont pas 600 millions, et les E e V € + : 4 travaux seront finis dans six ans. » #
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Le 3 août 1886, la compagnie proc da à une cinquième émission d'obligations dites nouvelles (1"° série), remboursables à 1,000 francs. Cette émission
était représentée par 458,802 titres émis à 450 francs Fe et rapportant 30 francs. “4
In l'annee Le 26 juillet 1887, nouvelle émission de 238,887
ha 4 “p obligations de 4,000 francs, dites nouvelles (2° série), obligations È :
au prix de 440 francs, rapportant 30 francs.
rapportant
Le 44 mars 1888, enfin, une émission des mêmes obligations dites nouvelles, à 4,000 francs, fut faite au prix de 460 francs. Le remboursement à 1,000 francs était, pour cette troisième série, garanti par un dépôt de rentes françaises.
tobre 1883.
e 500 francs 1, émises à
: Pour allécher les souscripteurs, M. de Lesseps 500 francs P Ù P
fé
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annonçait vers ce temps, que le Canal était rempli d'éau sur une longueur de vingt-cinq kilomètres. D'abord — aurait-il eu cette longueur — le Canal ne présentait ni la largeur, ni la profondeur nécessaires pour faire flotter un navire. De plus, cette canalisation avait été faite au milieu des marécages où Île travail des terres d'alluvion est relativement facile. Mais, en admettant même vingt-cinq bons kilomètres de canalisation achevée, cen'est là, après tout, que vingt-cinq kilomètres sur soixante-quinze kilomètres, c'est-àdire le tiers du travail à faire.
Et nous voici pourtant arrivés à l'émission des obligations à lots qui marque la dernière étape de la compagnie de Panama. L'appât des gros lots devait être, en effet, la chance suprême, le dernier moyen de prolonger une existence désormais comptée.
La compagnie avait alors encaissé :
Capital-actions .,...............