‹ Cinq Cas de Ligature de la Carotide Primitive Pour Blessures de GuerreChapitre 4 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'idée de lier l'artère carotide dans un but thérapeutique remonte, semble-t-il, au milieu du XVI[° siècle. Ambroise Paré, en effet, après avoir substitué, au cours des amputations, la ligature des artères des membres à leur cautérisation par le feu, envisagea l'extension de ce procédé d'hémostase aux vaisseaux du cou, et conseilla la ligature de l’artère carotide dans les hémorragies de ce vaisseau, mettant d’ailleurs en doute le succès de l'opération.

Cette intervention fut-elle tentée avant le XIX° siècle ? C’est possible, mais, en ce cas, il n’en reste pas de traces écrites, car ce.n’est qu’en 1803 que nous trouvons publiée la première observation, due à Flemming, de ligature de la carotidé primitive.

À partir de cette date, le nombre des observations,

‘ d’abord rare, augmente d'année en année. La timidité des premiers opérateurs fait place à la confiance que la

AQU découverte de l’asepsie et les progrès de la technique ont donnée à nos chirurgiens modernes ; et cette opération, considérée jadis comme excessivement meurtrière, est devenue {sans perdre cependant complètement son caractère de gravité) d'une bénignité relative. !

Encore faut-il distinguer et établir une classification ‘entre les cas pour lesquels elle a été entreprise, car, si la mort par ligature de la carotide primitive (traitement des anévrismes) est assez peu fréquente, il n’en est pas de même dans le cas'de ligature pour hémorragie ou pour extirpation de tumeur.

En groupant les statistiques antérieures à 1900 (Pilz, Friedländer), en les opposant à celles qui sont postérieures à cette date (Siegrist, Guinard, de Fourmestraux) et en ne prenant que les cas de mort imputables à la ligature pour anévrisme, nous obtenons deux chiffres qui nous permettent de nous rendre compte de l'influence de l’asepsie sur les résultats de cette intervention :

: Avant 1900... .::40 °/;de. mortalité Après-19007..::::143,5:2/ —

[ nous à paru intéressant, dans cette étude, de comparer avec les résultats d'avant guerre ceux des observations parues depuis août 1914.

En raison du nombre considérable de blessures au cours de l’effrayante hécatombe de ces cinq dernières années, le nombre des plaies vasculaires du cou a été assez important pour qu'on puisse.lirer quelques conclusions des observalions publiées à ce sujet.

C’est à l’obligeance de M. le professeur agrégé Etienne que nous devons cette suggestion, ainsi que les cinq observations inédites que nous publions dans ce travail.

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