‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 38 sur 72 · Cf. Julien, les Avadänas, t. T, p · texte numérisé non relu

Cf. Julien, les Avadänas, t. T, p

(Trip:, XXIV, 8, p. 70-r°-v°.)

Apoloque de l’eau et du feu).

Autrefois un homme avait besoin pour quelque usage

de feu et d’eau froide. Alors il couvrit son feu; puis il plaça par-dessus une cuvette pleine d’eau. Quand ensuite il voulut se servir du feu, son feu était entièrement éteint, et, quand il voulut prendre de l’eau froide, son eau était devenue chaude. Ainsi il avait perdu à la fois son feu et son eau froide...

CEPPX XIV 8 p- 700)

L'homme qui imitait le clignotement des yeux du roi (2).

Il y avait autrefois un homme qui désirait gagner les bonnes grâces du roi et qui demanda à d’autres personnes comment on y pouvait parvenir. Quelqu'un lui dit: « Si vous désirez gagner les bonnes grâces du roi, il vous faut l’imiter dans tout son extérieur. » Notre homme, étant allé auprès du roi, remarqua que les yeux du roi étaient clignotants et se mit aussitôt à imiter le clignotement du roi. Celui-ci lui demanda : « Étes-vous malade ? Avezvous reçu un coup d'air? pourquoi vos yeux sont-ils clignotants ? » L'autre répondit : « Je n’ai point mal aux

(1 Cf. Julien, les Avadänas, t. I, p. 236-238. 2) Cf. Julien, les Avadänas, t. I, p. 174-175.

PO yU KING (N°5 262-264) 175

yeux et je n’ai point reçu de coup d'air; mais je désire gagner vos bonnes grâces, et, comme j'ai remarqué que

vos yeux étaient clignotants, j'ai imité Votre Majesté. » A

ces mots, le roi entra dans une grande colère ; il ordonna

à ses gens de lui faire subir toutes sortes de mauvais trai-

tements et de l’expulser hors du royaume.

CAPI INA ENS pr tD ven

Guérison des plaies faites par des coups de fouet (1).

Autrefois un homme avait été fustigé par ordre du roi: après avoir été fustigé, il s’enduisit de crottin de cheval afin d'amener une cicatrisation plus rapide de ses plaies. Ce qu'ayant vu, un sot fut transporté d’aise et s’écria : Je suis bien content d'avoir trouvé ce remède pour guérir les plaies.» Dès son retour, il dit à son fils : « Fustigezmoi sur le dos ; j'ai trouvé un bon remède dont je désire faire l'essai. » Son fils le fustigea donc sur Le dos, puis il l’enduisit de crottin et notre homme se crut fort habile.

CRÉAS CNIN 82070

L'homme qui voulul échanger le nez de sa femme contre celui d'une autre.

Autrefois un homme avait une femme qui était belle, mais

(1) Cf. Julien, les Avadänas, 1. T, p. 231-232 ; — Voyez plus haut le n° 178.

qui ayait un vilain nez. Étant sorti, il aperçut la femme d’un autre dont le visage était régulier et le nez fort beau. Il fit alors cette réflexion : « Ce que j'ai de mieux à faire c'est de lui couper le nez et de le mettre sur le visage de ma femme ; ne sera-ce pas bien ? » Aussitôt donc il coupa le nez de cette femme etle rapporta chez lui ; puis il eria en toute hâte à sa femme: « Sortez vite ; je vais vous donner un beau nez. » Sa femme étant gortie, il lui coupa aussitôt le nez et lui mit sur le visage le nez de l’autre; mais le nouveau nez ne tint pas et en outre elle avait perdu l'ancien ; ce fut donc bien vainement qu’il fit endurer à sa femme de grandes souffrances.

(frip,, XXIV: 8; pe 70: ve LT.)

Le pauvre homme qui bràla son vêlement grossier.

Il y avait autrefois un homme pauvre et misérable qui, en travaillant pour quelque étranger, avait obtenu de lui un vêtement grossier; il s'en était revêtu lorsqu'un homme le vitet lui dit: « Votre famille est honorable et vous êtes le fils d’un homme de haute condition; pourquoi vous revêtez-vous de ce vêtement grossier et déchiré ? je vais vous enseigner maintenant le moyen de vous procurer un habillement merveilleux; vous n’avez qu’à suivre mes préceptes; je ne vous tromperai point. » Le pauvre homme tout joyeux se conforma avec respect à ce qu'il lui disait; l’autre commença par allumer un feu devant lui, puis il lui dit : « Maintenant enlevez votre vêtement grossier et mettez-le dans le feu; à l'endroit même où il aura été brülé, je ferai en sorte que vous trouviez un vêtement

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beau et merveilleux ». Le pauvre homme enleva donc son vêtement et le mit dans le feu; mais après qu'il l’eût brülé, ce fut bien vainement qu'il chercha le beau vêtement dans l'endroit où il y avait eu le feu.

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