‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 12 sur 93 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Au point de vue de la science générale du folklore, je voudrais indiquer en quelques mots l’intérêt que peuvent avoir les contes dont je présente aujourd’hui la traduction. |

Il y a cinquante ans environ, Benfey publiait cette fameuse introduction au Pantchatantra dans laquelle il soutenait la théorie de l’origine bouddhique et de la transmission par voie littéraire des contes. Cette théorie a été souvent combattue et on en a fait voir les faiblesses : les

uns ont cherché à démontrer que les fables ésopiques

étaient antérieures à leurs équivalents hindous ; d’autres ont remarqué que certains contes, comme le conte de Rhampsinite tel qu’il nous est rapporté par Hérodote, sont bien plus anciens que les contes parallèles conservés par le bouddhisme ; d'autres ont montré que le bouddhisme n'était pas le seul agent de diffusion des contes hindous et que le Jaïnisme ou le Brahmanisme avaient pu jouer des rôles analogues ; d’autres enfin ont insisté sur la nécessité d'admettre, à côté de la transmission par voie littéraire, la transmission orale qui a dù être beaucoup plus efficace.

Ces objections ont fait voir que la thèse de Benfey ne suffisait pas à tout expliquer. Il reste cependant encore dans cette théorie une part considérable de vérité. Tout d’abord le bouddhisme nous apparait comme le plus vaste réceptacle de contes qu’il y ait eu au monde ; assurément, il n'est pas l'inventeur de tous les contes qu’il renferme ; il n’a fait le plus souvent que s’annexer, en le complétant parfois, un folklore qui existait avant lui ou à côté de lui; aussi ne songeons-nous pas à lui attribuer la paternité des

tés mal. de

Page 1