‹ Cinq lettres sur Ernest RenanChapitre 4 sur 8 · On o i que, tout compta fait, il Bemble bien que · texte numérisé non relu

On o i que, tout compta fait, il Bemble bien que

ce soit le principal bénéfice ijue le di tiré

du développement des études orientales. Et aussi bien, Renan

Il y avait là comme une grande province que personne encore, ni le savant Sacy, l'auteur de la Religion des Dr uses, ni le grand Eugène Burnouf, l'auteur de Y Introduction à l'histoire du Bouddhisme, — et leur maître à tous, — n'avait eu l'art, ni peut-être l'idée d'incorporer à la littérature générale. Renan, lui, en conçut l'ambition, et le plus sûr de sa gloire est de l'avoir réalisée.

Je ne lui en fais certes pas un reproche ; et, au contraire, je sais qu'il est toujours difficile, à un écrivain tel qu'il fut, de résister, si je puis ainsi dire, à la pente naturelle et comme à l'entraînement de son propre talent. On le peut cependant ; et, pour son honneur, j'aimerais qu'il l'eût essayé. Il a préféré, selon son expression, « caresser sa petite pensée ». Soit! mais qu'en ce cas, on ne nous parle plus de sa « philosophie » ni de son amour de la « vérité ». Sa philosophie n'en est pas une, et son amour de la vérité n'a consisté qu'à se rendre aveugle

n'a-t-il pas fini par en convenir lui-même, quand il a écrit, dans la. Préface de son Histoire du peuple d'Israël : « Pour un esprit philosophique, c'est-à-dire pour un esprit préoccupé des origines, il n'y a vraiment que trois histoires de premier intérêt : , l'histoire gTecque, l'histoire d'Israël, l'histoire romaine » ?

aux clartés les plus évidentes. Il y a d'ailleurs dépensé, j'en conviens, infiniment d'érudition et d'art. « Je suis un égoïste, écrivait-il en 1846, au sortir du séminaire, retranché en moi-même, je me moque de tout. .. » Oui, de tout, et de ses semblables, et peut-être de lui-même, et surtout de la vérité ! Son dilettantisme fut son vice, et il l'a soigneusement entretenu. C'est ce qui serait déjà grave s'il ne s'était occupé que de « philosophie », et si le dilettantisme n'était qu'un vice de l'esprit. Mais il se pourrait qu'il fût aussi un vice du cœur; et, en ce cas, si l'on prétendait joindre à l'ambition du philosophe celle du moraliste, qu'en adviendrait-il ? J'essayerai, mon cher Monsieur, de vous le dire après-demain.

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