SCÈNE V
Les Mêmes, LE PÈRE JOSEPH.
Joseph s'avance, s'incline arec humilité et demeura silencieux un instant, dans cette attitude.
CINQ-MARS, à Joseph, presque brusquement.
Parlez !
LE PÈRE JOSEPH, il se redresse lentement, puis, avec une douceur
exagérée.
Ah! j'ai l'âme confuse..
Le devoir est cruel qui m'amène vers vous.
Il m'eût été si doux De confirmer un bien... que le ciel vous refuse.
CINQ-MAUS, froidement.
Je ne vous comprends pas !
MARIE, à part, presque simultanément.
Un malheur est sur nous!
lE PÈRE JOSEPH.
Le cardinal, mon maître, Vous aime; son grand cœur souffre cruellement Du coup dont il vous doit frapper en ce moment; Il a craint de faiblir; et c'est moi qui vais être De son pénible arrêt l'inflexible instrument.
Il s'est incliné de nouveau, sans paraître remarquer l'impatience croissante de Cinq-Mars. Après un temps, très-nettement.
Vous avez demandé la main de la princesse: Il faut j renoncer.
Mouvement et cri étouffé de Marie.
CINQ-iMARS, avec indignation.
Ail ! malgré la promesse Ou roi!.. Le cardinal refuse...
LE PÈRE JOSEPH, reprenant son ton d'homilité.
Avec tristesse Mais il refuse, bêlas!., irrévocablement.
LE PÈRE JOSEPH
Courbez-vous; que votre àme abandonne Un amour, désormais condamné, Il le faut ; le respect vous l'ordonne, La raison vous l'aurait ordonné.