ACTE PREMIER
DE THOU
Qu'importe! elle ne peut du moins nous désunir.
On dit que le hasard nous livre, Sur la page ouverte d'un livre Le problème de l'avenir; On dit qu'après la page lue, L'homme qui s'offre à notre vue Est celui-là par qui le sort s'accomplira.
DE THOU
Enfant ! quelle folie !
CIXQ-MARS.
Puisque à mon avenir le dévoùment vous lie, Voyons ce que ce livre ici nous apprendra.
11 ouvre le livre.
CINQ-MARS et DE THOU, lisaut alternativemeiît.
» Le grand-prêtre leur dit : Sacrifiez aux dieux! » Et le peuple muet, regardant leurs visages, » Les vit briller déjà de la splendeur d'en haut!
» Calmes, les deux martyrs se tenaient par la main, » Le plus jeune alors dit : — J'ai peur de voir ton sang, » Laisse-moi donc mourir le premier, ô mon frère.
» — Il est juste, ù Gervais, que je vienne après toi,
» Car pour te voir souffrir, j'ai des forces plus grandes. »
» Ils furent aussitôt frappés du même glaive.
» Et leur sang se mêla dans le même tombeau !
Ils ferment le livre et se regardent, un instaat interilitj. CINQ-MARS, lentement, puis de Tliou.
Ainsi soit-ii !
Vivre ou mourir, qu'importe !
Contre le sort Dieu fait notre âme forte. 11 défendra les siens dans le péril !
Mais s'il nous garde un sanglant sacrifice, Qu'il soit béni jusque dans le supplice.
Ainsi soit-il!
Pendant ce qui précèJe, le père Joseph a paru sur le seuil. — Il les écoute, puis il marche lentement jusqu^à eux.