‹ Cinq-Mars; ou, Une conjuration sous Louis XIII; précédée de réflexions sur la vérité dans l'art, accompagnée de documents historiquesChapitre 48 sur 54 · I. Mars 1826. —2 vol. in-IH · texte numérisé non relu

I. Mars 1826. —2 vol. in-IH

S. Juin 18-16. — 4 Tol. in 13

cheveux et la barbe d'un roux un peu ardent. Il s'était aperçu qaa Louis XIII ne pouvait souffrir celte couleur; aussi avait-il pris soin de labrunir avec des peignes de plomb et d'acier, jusqu'à ce qu'il çùî trouvé le secret de la blanchir, que lui donna plus tard un empirique. L'horreur du roi était telle pour cette couleur, qu'un jour son premier gentilhomme de la chambre (dont le frère avait le plus beau gouvernement du royaume) , ayant l'honneur d'accompagner Sa Majesté à Fontainebleau, dans une partie de chasse, il fit tant de pluie qu'il emporta toute la peinture dont il cachait la rousseui de ses cheveux. Le prince, l'ayant aperçue, en eut peur et lui dit : — Bon Dieu, que vois-je! ne paraissez plus devant moi. Le gentilhomme fut obligé de se défaire de sa charge. »

Son confiJenl...

Ce trop célèbre capucin, que l'un de ses historiens appelle l'espnl auxiliaire du Cardinal, fut non-seulement son confident, mais celui du Roi même. Inflexible, souple et bas, il affermissait les pas du mi nistre dans les voies du sang, et l'aidait à y faire descendre le faible prince. L'histoire de cet homme est partout ; mais voici les détails d'unf^ de ses manœuvres que l'on connaît peu :

M. de Montmorency était pris à Castelnaudary, Louis XIII hésitait à le faire périr. Monsieur, qui l'avait abandonné sur le champ de bataille, demandait sa grâce avec vigueur. Le Cardinal voulait sa mort, et ne savait comment obtenir cette précieuse faveur. Bullion était chargé de la négociation, et conseillait Gaston : ce fut à cet homme que Joseph s'adressa d'abord.

Il s'empare de lui avec une adresse de serpent, et, par son organe, fait conseiller à. Monsieur de ne plus demander au Roi des assurances pour la grâce du jeune duc, mais de s'en remettre à la bonté seule de Louis, dont on blessait le cœur en ayant l'air d'en douter. Monsieur croit voir dans ce discours l'intention de panlonner, insinuée par son frère même, et fait son aeeommodement pour lui seul, sans rien stipuler pour le jeune duc, et s'en remettant à. la clémence du Roi. C'est alors qu'en un conseil étroit entre le Roi, le Cardinal et Joseph, celui-ci ose prendre la parole le premier, et, concertant la fougue de ses vociférations politiques avec les flegmatiques arguments du Cardinal, arrache de Louis la promesse, trop bien tenue, d'être inflexible.

Page 1