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pas que ce ne fût, ou une ntlnque, ou une reconnaissance, Ils se replièrent en silence sur la parallèle et signalèrent l’arrivée des Husses; ceux-ci, en efTct, dans la pensée de nous surprendre, s’étaient couchés û terre, et, rampant sur le sol, ar- . rivaient lentement, afin de n’ètre ni vus ni entendus; mais nos soldats, prévenus par les sentinelles, s’étaient cachés, eux aussi, et immobiles, attentifs, les armes prêtes, l’œil aux aguets, retenant le souffle de leur respiration, regardaient, écoutaient, attendaient.
Ce dut être un moment de grande et superbe émotion qui fit battre dans les poitrines les cœurs les plus résolus et les plus hardis.
Quelque précaution que prissent les Husses, on entendait par instants un bruit vague, imperceptible en toute autre circonstance, mais qui dénonçait leur approche. — Notre silence doublait leur confiance.
Lorsqu’ils sont à trois ou quatre pas de nous, ils se redressent et s’élancent avec un hurrah frénétique, selon leur habitude.
Avant qu’ils aient pu môme faire feu , une décharge à bout portant les reçoit, et renverse pêlemêle les premiers rangs. — Les plus hardis continuent et apparaissent sur la crête de nos ouvrages , mais une seconde décharge , faite avec sang-froid et habileté , les arrête de nouveau.
Quelques-uns , lancés en avant , roulent dans nos
tranchées, où ils trouvent la mort; les autres rétrogradent , rechargent leurs armes ; puis reviennent. — Une fusillade et un combat corps à corps s’engagent; l’officier qui les commande est blessé dans la poitrine d’un coup de baïonnette , et tombe en notre pouvoir. Un instant ils essayent encore de se défendre, puis lâchent pied tout à coup en se dirigeant vers le ravin ; nos troupes , après les avoir poursuivis quelques pas, rentrent dans la parallèle. — Alors la batterie de campagne n D 3 reçoit l’ordre de faire feu et envoie dans le ravin quatre coups chargés à mitraille pour balayer à la fois l’ennemi qui se retire , et les réserves,
Cette sortie,, vous le voyez, a eu pour les Russes une triste issue ; l’avantage qui , d’ordinaire , dans de semblables attaques, est pour les assaillants, a tourné contre eux par le sang-froid d’une défense vigoureusement exécutée parles bataillons du 2* régiment de la légion étrangère.
Le commandant L’HérilIer et un capitaine dont je regrette de ne pouvoir vous dire le nom , se sont conduits avec une énergie digne des plus grands éloges.
Le 10' bataillon de chasseurs a sa bonne part dans celte action d’éclat, où il s’est montré digne de sa réputation. — Nul doute qu’un ordre du jour ne vienne du quartier général faire connaître à tous la belle conduite de ces deux régiments.
On ne penl apprécier au juste les perles de l'ennemi ; mais l’on peut, je crois, sans exagération , porter ce nombre à plus de 100 hommes mis hors de combat, dont 50 morts au moins. — 27 cadavres nous sont restés.
11 faut ajouter que pendant cette sortie, qui s’opérait sur la gauche, nous accomplissions sous le feu de la place le travail de reliement dont je vous ai parlé, et qui aujourd’hui est entièrement achevé. — Aussi , sur toutes les lignes de nos tranchées, le feu ne décessait pas et les sillonnait comme un réseau de mitraille.
Le temps me manque pour vous parler d’un engagement qui a eu lieu du côté de la tour Malakoff au lever du jour. Le général Bosquet a fait de nouveau enlever cinq embuscades qui le gênaient beaucoup. Cinq détachements se sont élancés à la fois à uu signal sur les cinq embuscades, et après s’en être emparés les ont rasées. — Vous le voyez, de tous les côtés , la nuit a été bonne.
Je termine ma lettre à la liàte.
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