‹ Cinq Observations d'Anémies Graves de la Grossesse Suivies de GuérisonChapitre 4 sur 24 · À MES MAÎTRES DE LA FACULTÉ · texte numérisé non relu

À MES MAÎTRES DE LA FACULTÉ

ET DE L'ÉCOLE DU. SERVICE DE SANTÉ MILiTAIR®

Je dédie cette Thèse.

: CINQ OBSERVATIONS D'ANÉMISS GRAVES DE LA GROSSESSE SUIVIES DE GUÉRISON

- Introduction

Le travail que nous avons entrepris, à l’occasion de notre thèse inaugurale, a pour but de rapporter, d’une manière aussi précise que possible, les observations com- | plètes de cinq malades, atteintes d’un syndrome d’anémie grave de la grossesse ; malades observées par notre maître, M. le Professeur Voron, et par M. Pigeaud, soit à la Clinique Obstétricale, soit à la Maternité. Ce qui fait le principal intérêt de ces observations, c'est que plusieurs d’entre ces malades, guéries depuis de nombreuses années, ont été régulièrement suivies depuis leur sortie de l'hôpital.

A la lumière des faits observés chez ces malades, nous voudrions commenter certains points particuliers de l’évolution des anémies pernicieuses et surtout aborder d'une manière un peu plus approfondie la question si controversée du pronostic de ces anémies.

Avant la guerre, le syndrome « anémie pernicieuse de la grossesse » était parfaitement défini au point de

*vue clinique. Il s'agissait d’une affection, relativement rare, dont le pronostic semblail absolument falal ; et

ceci à un tel point que lon n'osait maintenir ce diagnostie d’anémie pernicieuse chez les quelques malades ayant ultérieurement guéri. |

Il est véritablement impossible de prendre pour ceritère, el de se servir, pour placer une affection dans le cadre nosologique, de l’évolution favorable ou défavorable de la maladie. Un syndrome anémique est caractérisé, avant tout, par des signes hématologiques et aussi par les symptômes cliniques qui accompagnent son évolution ; à l’aide de ces deux sortes d'éléments on doit pouvoir porter un diagnostic, et, une fois ce diagnostic posé, si l’on s’est entouré de toutes les garanties nécessaires, le nom d’un syndrome ne doit pas être modifié par lévolution. Il était donc nécessaire de se débarrasser du terme « anémie pernicieuse » et de le remplacer par celui plus large el plus compréhensif d’ « anémie grave ». Ainsi ont fait la plupart des auteurs qui s’occupent de la question.

Mais que doit-on entenûare par anémie grave ? Il est évident que, si ce diagnostic peut être soupçonné par l'examen clinique, seul l'examen hématologique doit le caractériser. Ce syndrome peut, au point de vue hématologique, être caractérisé :

— par la diminution du nombre des globules rouges ;

— par des modifications de forme et de coloration de ces globules ;

— par le taux de l’hémoglobine et la valeur globulaire ;

— par l’apparition dans le sang de.cellules.sanguines jeunes, tant de la lignée blanche que de la lignée rouge.

En réalité, parmi ces éléments, deux sont de peu de

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valeur ; la valeur globulaire et les modifications de forme el de coloration des globules n’ayant rien d’extrêmement caractéristiques. Au contraire les deux autres sont au premier plan du tableau hématologique : la diminution du nombre des hématies et l'apparition de cellules jeunes. DE

Faut-il exiger la présence de ces deux signes pour faire le diagnostic d’anémie grave ? Un seul est indispensable, c'est la diminution importante et progressive du taux des hématies ; pour fixer les idées, on pense en général qu'il n'existe pas véritablement d’anémie grave tant que le taux des globules rouges reste supérieur à 2.000.000. Toute anémie, dans laquelle le nombre des hématies sera inférieur à 2 millions, sera-t-elle pour cela une anémie grave ? C’est ici qu'il faut faire intervenir deux notions :

— le degré de plasticité,

— et la date d'apparition.

En ce qui concerne le premier point, on admet en effet que les anémies aplastiques comportent un pronostic fatal ; mais lorsque l’on étudie avec soin Îles observations on voit que, même dans les formes qui ont ultérieurement évolué vers la mort, les anémies strictement aplastiques sont exceptionnelles ; — en réalité il s’agit presque toujours d’anémies hypoplastiques et la constatation, faite sur une seule lame, d’un faible degré de plasticité n’a pas, nous le verrons, de valeur pronostique à elle seule. Nous étudierons ces points dans ce travail ; mais d'ores et déjà, puisque nous sommes sur le terrain des définitions, nous dirons que le degré de plasticité"ne saurait, à lui seul, caractériser la

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