‹ Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophesChapitre 27 sur 44 · DE LA MANIÈRE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAIN- TENIR · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAIN- TENIR

Si tu n’as pas la tête trop dure, si ton esprit n’est pas enveloppé complètement du voile de l'ignorance et de l’inintelligence, je puis croire que dans les précédents chapitres tu as trouvé la vraie Matière des Philosophes, matière de la Pierre bénite des sages, sur laquelle l’Alchimie va opérer dans le but de perfectionner les corps imparfaits à l’aide de corps plus que parfaits. La nature ne nous offrant que des corps parfaits ou imparfaits, il nous faut rendre indéfiniment parfaite par notre travail la Matière nommée ci-dessus.

Si nous ignorons la manière d’opérer, quelle en est la cause, sinon que nous n’observons pas commentla nature perfectionne chaque jour les métaux r Ne voyonsnous pas que dans les mines, les éléments grossiers se cuisent tellement et s’épaississent si bien par la chaleur constante existant dans les montagnes, qu’avec le temps elle se transforme en Mercure? Que la même chaleur, la même cuisson transforme les parties grasses de la terre

CINQ TRAITÉS d’aLCHTMIE

en Soufre? Que cette chaleur appliquée longtemps à ces deux principes, engendre selon leur pureté ou leur impureté, tous les métaux ? Ne voyons-nous pas que la nature produit et perfectionne tous les métaux par la seule cuisson ? O folie infinie, qui donc, je vous le demande, qui donc vous oblige à vouloir faire la même chose à l'aide de régimes bizarres et fantastiques ? C’est pourquoi un Philosophe a dit : « Malheur à vous qui voulez surpasser la nature et rendre les métaux plus que parfaits par un nouveau régime, fruit de votre entêtement insensé. Dieu a donné à la nature des lois immuables, c’est-à-dire, qu’elle doit agir par cuisson continue, et vous insensés, vous la méprisez ou vous ne savez pas l imiter. » Il dit de même : «Le feu et l'azoth doivent te suffire. » Et ailleurs : « La chaleur perfectionne tout. » Et ailleurs: « Il faut cuire, cuire, recuire et ne pas s'en fatiguer. » Et en différents passages: « Que votre feu soit calme et doux; qu'il se maintienne ainsi chaque Jour, toujours uniforme, sans faiblir, sinon il s’ensuivra un grand dommage. — Sois patient et persévérant. — Broyé sept fois. — Sache que tout notre magistère se fait d’une chose, la Pierre, d’une seule façon, en cuisant et dans un seul vase. — Le feu broyé. — L’Œuvre est semblable à la création de l’homme. Dans l’enfance on

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