‹ Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophesChapitre 32 sur 44 · NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR PARACELSE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR PARACELSE

Auréole Philippe Théophraste Paracejse Bombast ab Hohenheim, naquit en 1493 à Einsiedeln, près Zurich, canton de Schwytz. Son père Guillaume, médecin instruit, lui enseigna le latin, la médecine et l’alchimie. Les œuvres d’Isaac le Hollandais, qu’il lut dans sa jeunesse, lui donnèrent un amour profond de l’alchimie. Dès lors il ne séparera janiais la médecine de l'alchimie et c’est l’union de ces deux sciences qui caractérisera l’école des paracelsistes. Son père l’envoya terminer ses études auprès de Trithêrne ; cet occultiste célèbre eut une grande influence sur les idées de Paracelse, car il lui enseigna la magie et l’astrologie. Trithêrne s'étant retiré dans un couvent, Paracelse se mit à voyager, il visita le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la France, les Pays-Bas, la Saxe, le Tyrol, la Pologne, la Moravie, la Transylvanie, la Hongrie et la Suède. Peut-être même fut-il en Orient, comme il l’insinue lui-même. Il allait par les villes et les villages, soignant les malades, vendant des remèdes, tirant des horoscopes, évoquant les esprits ; d’autre

part il interrogeait les vieilles femmes, les bateleurs, les bohémiens, les empiriques, les bourreaux, les sorciers.

L’un lui communiquait un secret, l’autre lui racontait une cure merveilleuse. Paracelse recueillait tout, jugeant, comparant, observant. C’est ainsi qu’il acquit sa science prodigieuse que les savante de son temps ne voulaient pas reconnaître, parce qu’elle ne se trouvait ni dans Galien, ni dans Hippocrate.

En Hongrie il entre au service des Fugger, banquiers, alchimistes et métallurgistes ; il put travailler à son gré dans leurs vastes laboratoires. En i:;26, Œcolampade l’appelle à Bâle pour remplir la chaire de physique et de chirurgie (de chimie, dit Haller). Mais il dut bientôt quitter la ville, son enseignement violent lui ayant attiré des ennemis. Il recommence à voyager, soignant les princes et les grands, les prélats et les riches bourgeois. Il mourut en 1541 à l'hôpital de Salzbourg.

Œuvres complètes ; i’' Paracelsi opéra omnia medico, chemico, chirurgica, 3 vol. in-folio. Genevæ, 1648 : 2° Bûcher und Schrifleii Paracelsi, 10 vol. in 4°. Bâle, 1589.

Traités d’alchimie : Archidoxorum libri decem, — De prœparaiionibus, — De naiura rerum, — De iinclura Physicorum, — Cœlum Philosophorum, — Thésaurus ihesaurorum^ — De mineralibus.

LE TRÉSOR DES TRESORS

Le présent traité, traduit pour la première fois en français, se trouve page 126 tome II de l’édition latine.

LE TRÉSOR DES TRÉSORS DES ALCHI- MISTES PAR PHILIPPE THÉOPHRASTE BOMBAST, LE GRAND PARACELSE.

La nature engendre ce minéral dans le sein de la terre. Il y en a deux espèces que l’on peut trouver en diverses localités de l'Europe. Le meilleur que j’ai eu et qui a été trouvé bon après assai est extérieur dans la figure du monde supérieur, à l’Orient de la sphère solaire. Le second se trouve dans l'astre méridional et aussi dans la première fleur que le gui de la terre produit sur l’astre (i). Après la première fixation il devient rouge ; en lui sont cachées toutes les fleurs et toutes les couleurs minérales. Les Philosophes ont beaucoup écrit sur lui

I. Ce passage est incompréhensible. Pour ne pas qu’on puisse s'en prendre à nous, voici le texte .• Optimum qitod mihi oblatum, ac in experimeiitaiido, genuiiiuin inventum est extra in figura majoris mundi, est in oriente astri sphœræ salis Alterum in Astro meridionali, jam in primo flore est, quem Visais terrce per suuni Astrum protrudit.

CINQ TRAITÉS d’aLCHIMIE

parce qu’il est d’une nature froide et humide voisine de celle de l’eau.

Pour tout ce qui est science et expérience, les Philosophes qui m’ont précédé ont pris pour cible le Rocher de la vérité, mais aucun de leurs traits n’a rencontré le but. Ils ont cru que le Mercure et le Soufre étaient les principes de tous les Métaux, et ils n’ont pas mentionné, même en songe, le troisième principe. Cependant si par l’art spagyrique, on sépare en plus de l’Eau, il me semble que la Vérité que je proclame est suffisamment démontrée ; ni Galien, ni Avicenne ne la connaissaient. S’il me fallait décrire pour nos excellents physiciens le nom, la composition, la dissolution, la coagulation, s’il me fallait dire comment la nature agit dans les êtres depuis le commencement du monde, il me suffirait à peine d’une année pour l’expliquer et des peaux de tout un troupeau de vaches pour l’écrire.

Or, j’affirme que dans ce minéral, on trouve trois principes, qui sont : le Mercure, le Soufre et l’Eau métallique qui a servi à le nourrir; la science spagyrique peut extraire cette dernière de son propre suc quand elle n’est pas tout à fait mûre, au milieu de l’automne, de même la poire sur l’arbre. L’arbre contient la poire en puissance. Si les astres et la nature concordent, l’arbre

LE TRÉSORS DES TRESORS

émet d’abord des branches vers le mois de mars, puis les boutons poussent, ils s’ouvrent, la fleur apparaît, et ainsi de suite Jusqu'en automne où la poire mûrit. C’est la même chose pour les métaux. Ils naissent d’une façon semblable dans le sein de la terre. Que les Alchimistes qui cherchent le Trésor des trésors notent ceci soigneusement. Je leur indiquerai le chemin, le commencement, le milieu et la fin ; dans ce qui suit je vais décrire l’eau, le soufre et le baume particulier du trésor. Par la résolution et la conjonction ces trois choses s’uniront en une.

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