L. J. C. et M. I
Paris, le 5 octobre 1891.
Au R. P. LEFEBVRE, Prov.
Mon bien cher Père,
J'ai reçu de Montréal une bien bonne lettre que je vous envoie. Je n’ai pas la consolation de connaître les signataires, mais par ce qu’ils m'écrivent, je puis comprendre que ce sont des amis bien bons et bien dévoués. Vous les connaissez. Soyez assez bon pour leur diretoute ma reconnaissance. Je suis heureux de voir qu’ils se disposent à célébrer le cinquantième de l’arrivée des Oblats en Canada. Dites-leur bien que cette pensée me touche profondément. Je suis heureux de voir qu’ils savent apprécier le zèle que nos Pères ont montré pendant ces cinquante ans. Nos Pères ont tâché de faire le bien, mais ils n’auraient pas pu faire ce qu’ils ont fait, s’ils n’avaient pas trouvé dans la population ce dévouement qui ne leur a jamais fait défaut toutes les fois qu’on a fait appel au concours et à la générosité des citoyens, pour créer une œuvre, et pour la construction et l’embellissement de l’église, Que ces chers amis soient mille et mille fois remerciés. Je demande au bon Dieu de les bénir de plus en plus, eux et toutes leurs familles.
On me demande d’envoyer le R. P. Antoine, pour qu’il assiste à cette belle fête. Ce bon Père qui aime tant le Canada, Montréal et les fidèles de St-Pierre, serait bien heureux de se rendre à cêtte bonne invitation; et moi, je serais bien content de l’envoyer; mais ilyaen ce
moment, et depuis cinq mois, un de mes assistants: il ne m'est pas possible d’en envoyer un second. C’est pour moi la cause d’un véritable regret. Mais si le R. P. Antoine ne peut pas être présent de corps, par l'esprit et par le cœur ñ prendra une large part à cette belle fête.
Priez pour moi, mon bien cher Père, et croyez à tout mon dévouement en N.S. et M. I.