‹ Cinquantenaire des oblats de Marie Immaculée en Canada [microforme]Chapitre 56 sur 92 · LES DEMOISELLES DE L’'IMMACULÉE:- CONCEPTION · texte numérisé non relu

LES DEMOISELLES DE L’'IMMACULÉE:- CONCEPTION

Toute la population de St-Pierre doit un tribut de reconnaissance à ces pieuses enfants de Marie. La présidente de cette Congrégation eut, la première, l’heureuse idée de célébrer le glorieux anniversaire des bons Pères. Marie Immaculée inspira, sans doute, à celles qui s’honorent de s'appeler ‘ Les Filles de l’Immaculée Conception, ” la pensée de glorifier ses chers fils, ‘ Les Oblats de Marie immaculée.”

La pieuse et dévouée supérieure, accompagnée de son conseil, se rend au presbytère et elle soumet son généreux projet au Directeur; celui-ci lui dit d’attendre.

La charité ne temporise point ; le jour même, elle écrit à ce sujet à plusieurs citoyens influents de St-Pierre. Tous acceptentavec empressement la proposition ; ils se mettent à l'œuvre sur-le-champ. Monsieur le président Martineau avait bien raison de dire, dans son adresse aux Evêques, que la première pensée de la fête était née de l’amour: qu'avec cette étincelle d'amour, partie d’un cœur reconnaissant, Dieu avait lui-même illuminé le cinquantenaire.

Au nom des membres du comité, au nom des familles du faubourg comme au nom des Pères Oblats, nous offrons un cordial merci à cette digne personne.

Il fallut accorder à ces généreuses congréganistes le privilège de faire une fête dans leur belle chapelle de la Maîtrise et même dans l'Eglise. Le 1er décembre, à sept heures du soir, elles emcombrent leur sanctuaire, qu’elles ont orné avec un goût exquis. Jamais la chapelle n’a présenté un plus beau coup d’œil.

Des 50 de fleurs, d’or et de feu, des guirlandes, des fais ceaux de lumière, des inscriptions, rien ne manque.

Le chœur de chant de la congrégation, un des meilleurs de la ville, exécute avec une précision parfaite plusieurs chants appropriés à la circonstance.

La supérieure lit ensuite au nom de ses compagnes, une belle adresse, où s’exhale la reconnaissance. Voici le texte de cette adresse:

Au Révérend Père GuizLer, O. M. I.

Directeur de la Congrégation des Filles de l’Immaculée-Conception, à Montréal.

Révérend Père,

Vous croyiez pouvoir faire taire l’élan de nos cœurs en nous conseillant d'éviter toute démonstration en cette circonstance mémorable, Vous croyez que ces cœurs qui battent d’uneimpatience fébrile depuis plusieurs semaines, peuvent ainsi garder, concentrer en eux toutes les bonnes choses dont ils sont remplis? Mais ce serait de l’ingratitude, bon Père, et vous le savez bien! Aussi, votre bienveillance nous pardonnera, si nous exhalons, dans l’intimité de la famille, ces chants de joie qui doivent se borner à cette enceinte.

Bien-aimé Père, anticipant donc ce jour mille fois béni du 2 décembre qui vit s'implanter l’ordre des RR. PP. Oblats en Canada, notre chapelle réunit ses enfants autour de celui qui, à notre égard, les représente si dignement, pour verser dans le cœur du meilleur des Pères, du plus dévoué des directeurs, les saints transports, les douces émotions qui débordent de nos âmes, en ce jour solennel. C’est le flot de reconnaissance qui s’élance vers les cieux pour en faire jaillir les flots de consolations que nous désirons voir couler dans votre cœur paternel. C’est l'ivresse de l’âme noyée dans l’immensité des faveurs divines qu’un laborieux apostolat, un dévouement héroïque fait sans cesse pleuvoir sur nous!

Bon Père, pour ces soins multiples, ces attentions délicates que vous nous prodiguez en si large part, nous voudrions pouvoir vous dire un merci capable de vous exprimer tout ce que nos cœurs ressentent de reconnaissance, de gratitude profonde. Et notre pauvre et naïf langage s’y refuse. Mais aussi, il me semble que la langue la plus riche ne pourrait offrir de termes assez chauds et assez subtils pour traduire ce que nous éprouvons; notre élan de reconnaissance plane s1 haut que les mots usuels n’y peuvent atteindre ; mais la voix qui chante dans nos cœurs unis redit la même chanson qui doit se faire entendre dans le vôtre. Le cri qui part de tous ces cœurs doit trouver le chemin du vôtre si tendre et si généreux ; oh! laissez-nous vous dire, bien-aimé Père, tout le bonheur que nous trouvons dans l’espérance de posséder longtemps près de nous, un cœur toujours prêt à nous consoler,

une main toujours tendue pour nous relever dans nos chutes; longtemps encore nous entendrons votre voix bénie nous guider dans le chemin de la vertu, nous sentirons vos saints conseils tomber sur nous comme une rosée bienfaisante.

Et maintenant, bon Père, veuillez agréer de vos enfants ces quelques objets que nous sommes si heureuses de vous offrir! Le Bréviaire vons dira que nous sollicitons sans cesse un souvenir dans vos ferventes prières, et ces fourrures contribueront à conserver votre santé, si précieuse au grand nombre d’âmes que vous dirigez, mais chère surtout aux cœurs de vos congréganistes.

Et veuillez, révérend Père, ajouter à vos nombreux bienfaits la faveur d’une nouvelle bénédiction.

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