‹ Cinquantenaire des oblats de Marie Immaculée en Canada [microforme]Chapitre 82 sur 92 · UNE DÉMONSTRATION GRANDIOSE · texte numérisé non relu

UNE DÉMONSTRATION GRANDIOSE

La fête depuis si longtemps désirée et préparée par les citoyens de la partie Est de la ville pour célébrer le plus ompeusement possible le cinquantenaire de l’arrivée des R. PP. Oblats, au Canada, a eu lieu lundiet hier, au milieu d’un enthousiasme difficile à décrire. Disons de suite que cette démonstration a été un succès, et un succès énorme, comme organisation et comme résultat. L'Eglise et l'Etat s'étaient donné la main pour rehausser l'éclat de cette cérémonie si imposante, de cette fête randiose, l'honneur de ceux qui Pont organisée comme es vénérables prêtres missionnaires qui en ont été l’objet. Elle restera comme un témoignage éloquent de la reconnaissance des catholiques de Montréal envers l’illustre congrégation des Oblats de Marie immaculée.

Il a fallu une somme d'activité peu commune pour coordonner les éléments variés qui ont concouru à la célébration de cette belle fête. Le comité d’organisation était composé de M. l’échevin F. Martineau, président ; M. E. Geoffrion, ler vice-président ; M. J. Z. Desormeaux, 2nd vice-président ; M. Jos. Lorange, trésorier ; M. Jos. Courtois, secrétaire; M. Alph. Desjardins, assistantsecrétaire ; MM. P. Gauthier, Ë Renaud, P. LaMontagne, G. Barnabé, W. Desroches, L. W. Harris, J. Delonchamp, ©. Bergeron, W. Giroux, J. Marois et O. Tessier. Il a bien fait les choses et le public lui est reconnaissant, à juste titre, de son zèle, de son activité et de son infatigable dévouement.

Lundi soir, le quartier Est présentait un coup d’œil ravissant. Toutes les maisons étaient illuminées, et le monogramme ‘ O. M. I.” ‘ 50 ” se trouvait dans toutes les fenêtres. Les rues, surtout aux abords de Saint-Pierre, étaient remplies d’une foule énorme. Dans l’église même, il était impossible de pénétrer.

Vers huit heures, la procession composée d’une longue file de voitures transportant NN.SS. les Archevêques et Evêques, les prêtres et les membres du comité, se mit en marche et défila au milieu d’une haïe serrée d'hommes, de femmes et d’enfants.

Au retour de la procession, les Evêques et autres dignitaires et invités firent leur entrée dans l’église aux accords harmonieux de l’orgue…

Après la cérémonie la foule se dispersa, et un magnifique feu d'artifice fut lancé sur la place de l’église. On a fait partout une consommation extraordinaire de fusées et de pièces pyrotechniques.

Au nombre des maisons le plus brillamment. illuminées, il faut mentionner spécialement l’asile de la Providence, rue Visitation et la résidence des Pères, dont la façade était resplendissante de lumières, avec des transparents représentant $. $. Léon XIII, les évêques du Canada, le supérieur-général, le Révérend Père Lacombe, etc.

Ces transparents très bien réussis faisaient un effet magnifique.

Pendant toute la soirée le carillon a fait résonner les échos du Mont-Royal de ses airs joyeux, en l’honneur des fils de Mgr de Mazenod.

Hier matin, la grand’messe a eu lieu à 10 heures. Comme la veille, la foule était énorme; à l’église Saint- Pierre, bien avant l’heure de la messe, il n’y avait plus de place, et des centaines pour ne pas dire des milliers de personnes ont dû, bien à regret, renoncer à assister aux

cérémonies. Le chœur était rempli de prêtres, les sièges d'honneur, près de la balustrade, étaient tous occupés par les hommes les plus marquants du pays: Le gouvernement, la magistrature, les professions libérales, nos s0ciétés nationales, le haut commerce et l’industrie s'étaient donné rendez-vous pour rendre un éclatant témoignage de gratitude à l’illustre congrégation des Oblats, la gloire de T'Eglise et de notre pays.

Il était près d’une heure lorsque la foule a commencé à sortir de l’église, et les estomacs commençaient à crier famine ; aussi l’immense salle de l’école des Frères Maristes, où avaït lieu le grand banquet des citoyens, ne tarda pas à se remplir des heureux convives invités à prendre part à cette partie intéressante de la fête. Toutes les tables étaient remplies, et il n’y avait pas de place pour un convive de plus.

La salle présentait un coup d’œil remarquable. Les murs étaient couverts de sentences, inscriptions rappelant l’objet de la fête du jour. Comme à l’église les décorations étaient superbes; on devinait bien que les sœurs de la Charité y avaient mis la main. Les décorations si riches, si bien faites ont excité l’admiration générale. Que dire du menu? Les mânes du grand Vatel ont à tressaillir d’allégresse à la contemplation de ces tables si bien garnies de mets choisis et délicats. Un essaim de jolies femmes et de gracieuses jeunes filles avait été préposé au service des tables ; elles se sont acquittées de leur tâche avec une grâce et une délicatesse qui leur a valu les compliments les plus flatteurs et les plus mérités, d'étlicnks.

A la fin du banquet, les convives demandèrent des discours et l'hon. M. Chapleau fut appelé à grands cris. L’hon ministre a prononcé un discours qui a soulevé des tonnerres d’applaudissements.

Il fut suivi de l’hon. M. Mercier, de l’hon. sénateur Tassé, de Son Honneur le Maire, de M. J. J. Curran, de l’hon. juge Loranger et plusieurs autres.

Il était quatre heures, lorsque les convives ont quitté la salle du banquet.

Hier soir, les vêpres pontificales ont été chantées par Mgr Taché, accompagné du R. P. Lacombe comme prêtre, assistant ; assisté de M. l’abhé Cloutier de St-Boniface et du R. P. Lauzon, 0. M. I., comme diacres d'honneur et des RR. PP. Perreault et Harnois, comme diacres d'office. Le chant et la musique ont été superbes.

Ce matin la fête s’ést continuée, mais celle-là était un

souvenir accordé aux RR. PP. missionnaires, morts au champ d’honneur.

On nous permettra, avant de terminer, d'offrir nous aussi nos humbles mais sincères félicitations aux vaillants missionnaires de Marie immaculée à l’occasion de leur cinquantenaire. La fête a été brillante, digne de ceux

ui en ont été l’objet et digne des braves citoyens qui l'ont organisée et qui, eux aussi, ont bien mérité de leurs compatriotes.—Le Monde du 9 décembre.

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