‹ Cinquième anniversaireChapitre 1 sur 1 · Cinquième anniversaire · texte numérisé non relu

Cinquième anniversaire

Ceux-là ne vinrent point, par une triste erreur, Seconder l'anarchie aux jours de la Terreur, ISi, des sombres cachots sentinelles farouches, A des hymnes de sang prostituer leuis bouches, Et, soumis à la voix du fangeux Henriot, Escorter, en hurlant, le fatal chariot (3). La garde cjui naquit au ])ied de la Bastille, A su conserver pui* son blason de famille, On la vit reparaître avec des jours meilleurs. Sous son premier habit, sous ses vieilles couleurs; Au souffle d'un grand homme elle s'est ranimée (4); C'est une digne sœur de notre Grande Armée, Et le noble Moncey , sous la tente blanchi, Répond de sa bravoure aux portes de Clichy. Tombée avec l'Empire, elle renaît encore; De son vieil uniforme un piince se décore; Mais ce règne hypociite indigne sa fierté, Elle fait retentir des cris de liberté,

i4 LES JOURS PASSÉS.

Des cris ([ue le pouvoir en frissonnant écoute :

l;n mol tombe du trône, et la Garde est dissoute (5).

Vous qui lûtes témoins du siècle des trois jours;

Vous qui suiviez le peuple à tous ses carrefours,

Venez, dites à ceux qui n'ont pas vu ce drame,

Quel saint tressaillement fit vibrer dans votre âme,

Combien fut salué par d'unanimes cris

Le premier uniforme étalé dans Paris (6) :

La foule se rua sur les places publiques

l*our revoir, pour toucher, pour baiser ces reliques;

Le premier qui sortit vêtu de ce lambeau

Fut porté par cent mains comme un vivant drapeau.

Des efforts d'un grand peuple admirez la merveille.

Quelques rares soldats se sont montrés la veille,

Attendez quelques jours; cent mille sortiront (7),

Velus de l'uniforme, et la cocarde au front.

La (iardr citoyenne est toute reparuc,

LES JODRS PASSES. i5

Ses droits sont reconquis, sa vigueur s'est accrue;

Là, désormais, le grade est un libre mandai,

L'épaulette du chef est le don du soldat,

Et le soldat, lié par ce nœud volontaire ,

Obéit sans murmure à la loi militaire.

Tous, ils n'ont en commun qu'un symbole de foi;

Soldats en même temps et du peuple et du Roi ,

Entre ces deux pouvoirs ils fondent l'équilibre ;

L'esclave de la Charte est pour eux l'homme libre;

Us veulent, à l'abri des flux et des reflux,

L'ordre et la liberté, rien de moins, rien de plus.

Dans la lutte civile, œuvre de la démence.

Us ont dit bien souvent : Malheur à qui commence!

Quand sonnait le tocsin, aux heures de péril,

Sous les astres sanglants ou de juin ou d'avril,

Us sont venus prouver à l'émeute vivante

Que leur jour de colère est un jour d'épouvante,

Et que l'arme de mort, ['aime (jui nous défend

i6 LES .loi RS FASSES.

IS'est pas, entre leurs mains, comme un hochet d'enf'anl.

Ah ! que ces jours maudits , ces jours de saturnales

^e viennent plus rougir leurs futures annales!

Puissent-ils s'épargner de douloureux exploits,

Et veiller, sans combattre , au triomphe des lois!

Sur la place publique à chaque aube de fête

Qu'ils soient heureux de voir la paix qu'ils nous ont faite!

Le grand anniversaire arrive, c'est demain

Que Paris serrera leur fraternelle main.

LA

wffl-Sf^

LA

Oous un ciel teint d'azur tout Paris se réveille j L'ouragan du solstice avait grondé la veille, Mais, ainsi qu'autrefois pour le César romain, Lorage de la veille expire au lendemain (8);

20 LA REVUE SANGLàlNTE.

Car il faut bien toujours qu'un pur soleil protège

Notre Roi de juillet et son digne cortège,

Lorsqu'il passe à cheval avec ses vétérans

Au front de la milice étagée à trois rangs.

Le ciel aime à sourire au\ fêtes de la terre :

Paris a revêtu son habit militaire,

Paris s'est fait soldat; sa grande armée accourt ,

Et pour la recevoir le terrain est trop court.

De citoyens armés cette famille immense

S'étend de la Bastille, où son ère commence.

Jusqu'au sol où depuis nos pères, en passant,

Au nom de la Concorde ont effacé le sang.

Noble garde ! jamais on ne la vit plus belle :

Son triple rang de fer comme un fleuve étincelle;

A l'ordre de ses chefs , tous librement élus ,

S'agilc le llol noii- de ses casques velus;

l'aiil-il livrer bataille ou donnci' une fête ?

() l»()i! (li!> uij st'iil mol, laiïi un signe; elle csl [)i('U'

Que l'hymne de Paris éclate, que son nom

Aux murs de l'Invalide éveille le canon;

Fanfares résonnez! le Roi vient, l'heure sonne !

Quel augure est dans l'air! Paris entier frissonne;

Le soleil s'est couvert; il semble, à tout instant,

Qu'on va voir éclater un malheur qu'on attend.

Rien encor ; le Roi passe; il passe, et son visage

N'annonce le souci d'aucun sombre présage ;

Il est serein , et tel qu'à nos yeux il brillait

Lorsqu'il fut sacré roi par le droit de juillet.

Ses fds sont près de lui, ses trois fds, nol)le race !

Sa Garde, son soutien, sa vivante cuirasse;

Puis cet état-major où brillent tant de noms

Reçus et blasonnés sous le feu des canons,

Étincelant reflet du soleil de l'Empire,

Pléiade de héros qui chaque jour expire,

Ceux qui , dans ses grands jours de gloire ou de revers ,

Suivaient Napoléon au bout de l'univers.

aa LA REVUE SANGLANTE.

C'est un congrès équestie ou paraît reluisante

La gloire des vieux jours et la gloire présente,

L'impérial blason jeune encore et si beau

Debout près de l'ancien : Choiseul près de Lobau.

Ah ! conservons-la bien cette vivante histoire,

Ces hommes dont le nom est un nom de victoire!

Anathème à qui touche un de leurs blancs cheveux !

Couvrons-les de respect : que diraient nos neveux

S'ils apprenaient un jour que Paris infidèle

A de la gloire antique outragé le modèle,

Que d'une bouche impie ou d'un bras assassin

Il a flétri leur nom ou déchiré leur sein?

Impossible! l'augure a menli; le Roi passe;

Nul bruit n'a résonné dans le tranquille espace,

Hors le long cri d'amouj-, hois le salut joyeux

(Jiii lîiil b.ilhe lecœurel(|ui mouille les yeux.

VA REVUE SANGLAINTE. a3

Combien faut-il de temps pour changer une fête En jour de deuil ? combien ? ce qu'il faut au poëte Pour écrire ce mot : Arrive, ange puissant ! Couvre le Roi de France : il va pleuvoir du sang. Un volcan a tonné! Seul de tout son cortège Le Roi reste debout, le Roi que Dieu protège; Qu'il lui vienne aujourd'hui de l'homme ou de l'enfer. Le Roi seul est debout dans l'ouragan de fer : Tel un pilier puissant que la foule contemple Reste encore, isolé sur les débris d'un temple. Vous qui ne croyez pas aux miracles, venez. Comptez autour du Roi les corps assassinés. Comptez bien , et comptez après sur la muraille Les signes constellés noircis par la mitraille ; Regardez les créneaux, le gouffre intèrieui-, La place où médita l'horrible ingénieur; C'est une batterie où des mains infernales Pour faire une hécatombe ont prodigué les balles;

L'œil qui les dirigeait sans se ternir d'efTroi,

Au bout de ses canons avait placé le Roi ;

Eli bien! il vit; ses fils, abrités sous son aile,

Entre eux se partageant la vertu paternelle.

N'ont pas tremblé sur eux lorsque l'éclair a lui,

Et c'est le même Dieu qui les sauve avec lui.

Tu t'es bien souvenu de ta noble devise,

O vieillard de nos camps, infortuné Trévise!

Ton belliqueux instinct ne s'est pas endormi;

On eût dit qu'il sentait l'odeur d'un ennemi,

Qu'il devinait dans l'air un signe de bataille;

A la gauche du Roi, ton héroïque taille

Se rehaussait encore afin de le couvrir.

Afin de le sauver i\c la moit, et mourir.

La foudre qui le lue en même temps éclate

Au front de Vérignv, lie Raffé, de Villate;

Sous leurs chevaux blessés ils roulent expirants;

Rieussec loinix' au milieu de ses généreux rangs;

LA REVUE SANGLANTE. a5

11 tombe : auprès de lui sont jetés sur le sable

Des soldats dont le corps semblait impérissable,

Qui marchèrent vingt ans sur un brûlant chemin ,

A travers les boulets du Russe et du Germain ;

Moscou n'osa toucher à leur forte poilrine,

Vienne les respecta ; Paris les assassine :

C'est Colbert, Blin, Pelet qu'un prodige sauva,

Heymès que chérissait Ney de la Moscowa ;

Et tous ces chefs vaillants, tous ces hommes de giione,

Abatis de héros, entassés sur la terre.

Sans regarder leur sang qui sur l'arène bout.

Souffrent d'un front joyeux, car le prince est debout.

Il est debout, il plane au sein de la mêlée;

Son âme invulnérable est à peine ébranlée;

11 promène en silence un stoïque coup d'œil

Sur ce chaos de sang, de fumée et do deuil.

Sur ses amis tombés, sur la maison du crime (9),

Sur son peuple que glace une horreur unanime.

aG la KEYIK SANGLAIVTE.

Puis il parle à ses fils et leur dit : En avant! Iau seul n'est pas surpris que le Roi soit vivant. Âli! ceux qui de son front ont contemplé l'empreinlc Ont dit : Cet homme est donc insensible à la crainte ! S'il est beau de montrer un héroïque effort Sur un champ de bataille où l'on prévoit la mort, D'affronter le canon et la bombe allumée, Ce sang-froid magnanime est commun à l'armée ; Mais celui dont la peur ne blanchit pas le teint, Celui (|ue nul effroi, ((ue nul trouble n'atteint. Quand, au sein de Paris, par une paix profonde, Sur un frais boulevard qu'un peuple heureux inonde, Tout à coup un volcan se déchaîne avec bruit, lançant partout le fer qui renverse et délruil; Celui dont ni le sein, ni le bras ne tressaille, Quand d'un paisii)le mur s'échaj)pe la mitraille. Quand la foudre à ses pieds tombe d'un ciel serein , Celui-là porte un cdur (ioiil)lé d'un hiple airain.

Do quel nom désormais faudra-t-il qu'on le nomme '

Si l'on vivait aux jours de la Grèce ou de Rome,

Le peuple d'un tel Roi, sorti de sa stupeui-,

Elèverait un marbre à Philippe sans peur.

Et ce n'est point ici ce factice courage

Qui s'exalte et s'enivre au moment de l'orage.

Et qui meurt quand le calme a lui sur l'horizon ,

Héroïsme de femme escorté du frisson ;

Non , non , vous le verrez, serein , la tête nue,

Ainsi qu'au Carrousel poursuivre sa revue,

Et, traversant Paris de l'un à l'autre bout,

Cinq heures à cheval il restera debout.

C'est le jour- de son sacre; il a pour 1)asili(|U('

La nef du boulevard et la place publique;

Le sacrifice est beau ; l'autel a l)u du sang,

Et sur le front royal une ])alle en passant

En caractères saints laisse une auguste liacc

Qm les sacre à jatnais, lui, son fils et sa race.

u8 LA REVUE SANGLANTE.

Hommes du droit divin! dites-nous, aujourd'liui,

Quel prince par le ciel fut mieux sacré que lui ?

Qui l'osera toucher maintenant ? c'est Dieu même

Qui sur son front auguste a mis le diadème ,

C'est Dieu qui dit au ploml:) chargé de vingt trépas

Pars, siffle à son oreille el ne l'immole pas;

Et le plomb obéit. Merveilleuse journée!

Le vieillard, le guerrier à face basanée.

Le soldat citoyen , le gracieux enfant

Que conduit à la fête un père triomphant,

La vierge de quinze ans qui , sous la robe blanche.

Palpite de bonheur au soleil du dimanche.

Tout doit être meurtri, tout doit être aballu ;

Gloire , candeur, génie, innocence, veilu ,

Le soldai de la veille et le vieux capitaine,

Épaulellc d'argent, épaulclle de laine.

Tout, pour calmer l'enfer qui s'est tionij)é de but ,

Tout tlans cet holocauste a porté son lrii)U(.

A celte heure sublime un monde te regarde, O plébéienne armée , 6 rayonnante Garde ! Sur le lieu du forfait qu'il était beau de voir Tes bataillons entiers comme un seul se mouvoii-, El d'un frémissement de joie et de colère Saluer le Roi fort, le prince populaire. Dans cet immense accord de tes cent mille voix, Oli ! s'il avait voulu mouler sur le pavois, Et, comme aux anciens jours des royautés élues , Empruntanl leur coutume aux races chevelues, Son épée à la main , s'il eût dit : Je suis roi ! Mon sceptre le voici ! la liberté c'est moi ! Eh bien! Paris entier, dans ce jour d'épouvante, Paris eût accepté cette Charte vivante.

Et, dans sa double armée, immense mur d'airain , 11 eût ravi ses droits au peuple souverain. Mais non; la liberté dans la grande hécatombe Ne succombera poiul; pour elle point do (ombc,

3o LA REVUE SANGLANTE.

Car sur ce boulevard que tant de sang mouillait Le Roi n'a pas maudit la fille de Juillet. Gloire à lui! le grand homme a compris nos pensées. Va ! jette sur ses pas tes légions pressées , Noble garde civique! il t'a dit : En avant; Va , livre de nouveau tes enseignes au vent; Comme les flots émus d'un fleuve qui bouillonne Roule tes légions au pied de la colonne, Le Roi t'attend; le Roi, dans ce jour de terreur, S'est placé sous le bronze où plane l'Empereur; Ainsi, vous qui passez devant la grande image, A deux héros aimés rendez un double hommage, El que chacun de vous, sur la place arrivant. Puisse dire le soir : J'ai vu le Roi vivant, f) soldats citoyens que cet aspect ranime, l'onssez jusqu'à la nue un vivat unanime, (^irunc claiiicur jovciisc, à chacun de nos ])as, Tonne coninic la (nn<h<' cl ne s'éleigne pas.

LA IIEVLE SANGLANTE. 3i

Afin de dérober au moins pour quelques heures

Le glas de deuil qui sonne aux voisines demeures,

Qui remplit ce palais où les femmes, ce soir,

Sur leurs robes de bal coudront un crêpe noir;

Afin de rassurer cette reine des mères

Qui vient de frissonner pour tant de têtes chères ,

Et ses filles encor palpitantes d'effroi

Qui ne songent qu'au père, en oubliant le roi.

Noble et simple famille, auguste cénobite,

Comme on n'en vit jamais au château qu'elle habile;

Elle mérite bien que ce long cri d'amour

La console un instant des terreurs de ce jour.

Hélas! depuis cinq ans, jamais d'heure sereine

Pour les filles du roi , pour sa sœur, pour la reine;

Jamais dans ce palais, leur splendide prison ,

Elles n'ont vu d'azur au loyal horizon;

Elles n'ont de bonhcui ([ui leur vienne du trône

Que celui de verser une plus large aumône.

Et ce siècle veut bien, quand il en est instruit,

Tolérer des vertus qui ne font pas de bruit.

Oliî que ce jour, au moins, jour de sang et de larmes,

Leur fonde un avenir tranquille, pur d'alarmes!

Nous en prenons augure à ce rayon des cieux

Oui dore la Colonne où se fixent leurs yeux;

La foudre de la nuit dans les airs s'est éteinte;

L'azur sème partout sa radieuse teinte ;

Suspendu comme un lustre aux célestes lambris,

Le soleil de Juillet illumine Paris ,

Comme pour faire voir sur une même place.

Napoléon debout qui domine l'espace,

Philippe que son peuple entoure à flots épais,

L'Empereur de la guerre et le Roi de la paix.

v^ EST lamcntalile à voir quand vient l\ sonner l'heiuc Où connue un jeune enfant toute une ville pleure; Surtout (juantl cette ville est vantée en tous lieux Pour sagaîté sans fin, son chagrin oublieux,

Ses fêtes, ses concerts , et ce fracas immense

Qui sans cesse étourdit la douleur qui commence,

Et ne laisse jamais ses joyeux habitants

Se recueillir un peu dans de graves instants.

Cette journée enfin que le poète chante

Dans l'histoire n'a pas une sœur plus touchante :

Souvent nous avons vu le funèbre coup d'œil

D'un convoi solennel, d'une fête de deuil;

Car, en ces tristes jours où le ciel nous fit naître.

L'enfant et le vieillard ont tous deux pu connaître

Le bruit que fait dans l'air une balle en passant,

Et l'aspect d'une rue où bouillonne le sang;

Mais ce qu'on n'a point vu, ni dans les autres villes,

M dans les autres temps des discordes civiles.

C'est ce grand appareil inauguré pour nous;

C'est tout Paris qui pleure et qui tombe à genoux ;

C'est do voir, à travers une humide paupière.

En loiiihcaux ambwlanls passer nu cimetière.

LES FUNÉKAILLES. 3;

Et cent mille soldats qui suivent à pas lents Quatorze chariots remplis de corps sanglants.

Quel convoi! le silence a glacé chaque rue;

On dirait que la France entière est accourue,

Et qu'à ce grand forfait n'osant ajouter foi,

Elle vient, pour y croire, assister au convoi.

Sur le long boulevard quelle foule semée!

C'est une armée en deuil qui regarde une armée;

Sombre recueillement partout; partout des pleurs ,

Mosaïque d'habits , d'armes et de couleurs ;

Les corniches, les loils, la foule les couronne

Comme dans les tableaux signés Paul de Vérone.

11 n'était pas besoin que la voix du taml^our

Retentit ce matin à chaque carrefour;

Nul n'a trompé l'appel, tous ont devancé l'heure

D'une revue en deuil , d'une fête où l'on pleure.

Des frères inconnus, à pas précipités.

\ icnncnt, le crêpe au bras, des voisines cités; Ceux qu'abreuvent les eaux de l'Oise et de la Seine Sont accourus, poudreux, pour la lugubre scène; Et l'innombrable armée étend ses deux cliaînons Jusqu'au temple guerrier bordé par vingt canons.

O peuple de soldats, légions fraternelles! De la mère-patrie actives sentinelles.

Si durs à la fatigue et si prompts au réveil , Que ne puis-je, aux rayons de cet ardent soleil , De vos longs rangs pressés compter les vexillaires, Et dire tous les noms de vos cliefs populaires! A. ces épiques chants ils auraient tous des droits ; ^lais laul d'effort surpasse une débile voix : Pour les représenter il suffit d'un seul liomme, J)'uM seul clief, et déjà toute bouche le nomme, C'est mi nom gloiifux entre les plus mai-(|uanls, "Mille fois j)roclamé dans l'histoire des cauijjs,

C'est Lobau qui des mains de l'Empereur lui-même, Dans les eaux du Danube eut un second baptême. 11 contemple, il se plaît à voir d'un seul coup d'œil Ses douze légions qui font son juste orgueil, Qui marchent devant lui sur une ligne égale. Comme autrefois marchait la Garde impériale. La paupière se lasse à suivre dans leur cours Ces épais bataillons qui défilent toujours. Parfois dans ce cortège où tant de deuil éclate, On voit des cavaliers au plumet écarlate; Mais , en ce triste jour, ces brillants escadrons Ont imposé silence à leurs joyeux churons.

Place à d'autres soldats qui pressent leur passage, Plus rudes du regard, plus âpres de visage; Leurs rangs sont parsemés d'honorables chevrons , Et l'on juge sans peine au haie de leurs fronts Que la plupart d'entro eux ont sué sous l'annure,

4o LES FUNERAILLES.

El des camps de l'Empire entendu le murmure. Qui sont-ils? de quels lieux accourent-ils ici? C'est un rustique peuple aux travaux endurci; 11 habite les champs dont Paris s'environne, Cercle qu'Ivry commence et que ferme Charonne. Quand Paris a recours à leurs robustes mains, De l'orageux forum ils savent les chemins, Et, formés tout à coup en cohortes guerrières. Ils entrent dans ses murs par cinquante barrières.

Une âme seule agit dans ces immenses corps, Hâte leurs mouvements ou suspend leurs ressorts, Et de cet océan de tant d'hommes s'élance Un bruit mystérieux plus saint que le silence. Voici , voici les morts! le premier corbillard (lo) Est à la jeune enfant, le dernier au vieillard. Regardez-la passer la reine de la fête ! Avec sa lobe bhniche elle marche à la it'lc;

LES FUNERAILLES. 4i

L'étiquelle est changée à l'heiiie du trépas :

Place à la jeune enfant! qu'on lui cède le pas!

Tous les yeux d'une ville ont tant pleuré sur elle,

Quand le char qui portait sa dépouille mortelle

Se révélait de loin , aux spectateurs tremblants,

Comme une pâle tombe, avec ses chevaux blancs.

Sa tenture de deuil, ses fleurs déjà vieillies,

Déjà mortes comme elle et le matin cueillies.

Ce sépulcre roulant couvert de son linceul ,

On le suivait toujours comme s'il était seul.

Chaque mère, au balcon, qu'entourait sa famille,

Pleurait sur l'étrangère en regardant sa fdle;

Les mères adoptaient ce cadavre, en disant :

« La mienne pourrait être à sa place, à présent; »

Et l'on couvrait de fleurs et de larmes amères

La fille de Paris et de toutes les mères.

Puis venait lentement sur de hauts reposoirs

Ce que traînait la Mort avec ses chevaux noirs,

42 LES FllNÉRÂILLRS.

Les pompes do la vie à la lonibe agrafées,

Des insignes, des croix, des armes, des trophées,

Luxe de la douleur, majestueux néant.

Cortège dominé par le cercueil géant.

Chaque fois que passait un sarcophage sombre,

On en contait l'histoire, on en marquait le nombre,

Kt sur la longue route en priant on suivait

Ces héros endormis sur leur dernier chevet.

Ceux-là, du moins, ont fait leur temps sur cette terre;

Guerriers , ils étaient morts comme on meurt à la guerre

La poitrine du brave est un but éclatant

Toujours prêt à la balle et qui toujours l'attend;

Aussi, quand le dernier de ces morts qu'on déplore

Avait passé, couvert de son dais tricolore,

On se dressait encor pour voir dans le lointain

La vierge, sur son lit couvert de blanc satin.

Et les pleurs solennels donnés à celte fête

UcNcnaicnl à reniant (jui cheminait en tête.

Temple saint, ouvre-loi, toi (jui sur tes lambris

Soutiens le dôme d'or, eouronne de Paris,

Qui prêtes au soldat cette voûte éclatante.

Son asile suprême et sa deinière tente ;

Ce n'est point un soldat (jui vient heurter ton seuil,

C'est un enfant qui frappe, et qui mène le deuil ,

C'est une jeune fille, en passant immolée.

Et qui près des héros réclame un mausolée ,

Car, un jour de bataille, au milieu de leurs rangs,

Le plomb l'étendit morte avec les vétérans.

Le temple a dit : C'est bien! qu'elle soit amenée.

Ce jour sera plus beau que son jour d'iiyménée.

Le Roi, le Roi lui-même a publié son ban;

L'ombre du grand Turenne et l'ombre de Vauban ( 1 1),

Qui dorment sous la lampe auprès du sanctuaire,

Ont contemplé l'enfant sur son lit mortuaire,

Et lui laissent tomber, à travers les linceuls.

Des mots bien chers aux morts etcpi'ilsentendenl seuls.

44 LES FlllNERAlLLES.

Le temple s'est ouvert; place au deuil ! place aux larmes !

Voici les corbillards ! où sont les hérauts d'armes ?

Qui les introduira ? quelle est la digne main

Qui saura vers l'autel leur tracer un chemin ?

Le cérémonial aujourd'hui s'improvise;

Jeune fdle inconnue, et toi, noble Trévise,

Il faut d'augustes mains pour toucher à vos corps ;

C'est le Roi des Français qui recevra les morts :

Ce maître glorieux de la cérémonie

Fut sacré l'autre jour; sa main droite est bénie,

Et pour inaugurer les cercueils triomphants ,

Si le Roi veut de l'aide, il a ses trois enfants.

Entrez au temple saint; le Requiem commence; Il ne leur faut pour tous (ju'un catafalque immense; Qu'elle soit aujourd'hui visible à tous les yeux La sainte égalité de la tombe et des cieux; Chante/ l'hynnie de mort, ([ue toute voix s'accorde

Aux Janienlables cris du cuivre et de la corde; Jamais ce chant de deuil, de plaintes, et de glas, Que la trompette couvre avec tous ses éclats , ]N'a jeté plus d'effroi dans une basilique Où planent les secrets de 1 ame catholique, Lors(ju'il vient annoncer à ce monde interdit Le jour que la Sibylle et David ont prédit (la). Ce latin qui menace en formidables strophes Brise nos cœurs, au jour des grandes catastrophes. Car c'est pour nous, hélas! que de hautes leçons Tombent du haut des cieux en lamentables sons , Pour nous, et non pour eux déjà blancs du suaire, Cadavres que bientôt réclame l'ossuaire.

Et qui pour nous instruire avaient pris les devants : Le Requiem des moits enseigne les vivants.

Non, la leçon des morts ne sera point perdue : La France l'a comprise et l'a bien entendue;

/|6 Li:S riNÉRAlLLES.

Il laiit ièrmer enfin, et tout Paris l'attend,

Sa veine généreuse ouverte à chaque instant.

Assez de maux pour lui; sa Garde tutélaire

Qui, dans les jours de deuil, de joie ou de colère,

Bondit comme un seul homme, et, roulant ses tambours,

Protège de ses bras la ville et les faubourgs.

Sa Garde ne veut plus que le sang humain coule ,

Qu'on habitue au sang les regards de la foule;

Sa voix philanthropique a proscrit l'échafaud :

C'est bien; mais ce n'est pas encore assez : il faut

Que la ])eine de mort du code disparue

Soil abolie aussi du code de la rue;

(Ju'importe d'arracher deux têtes au bourreau ,

Si la guerre civile en charge un tombereau !

La Garde de Paris sur notre France veille ;

Son Jendcnjain s'instiuil dos leçons de la veille;

(le (pi 'elle vient de voir dans la grande cité

Avec recueilK'Uiciil sera bien médité :

Toujours depuis cinq ans c'est son sang que l'on lire;

Elle a trop supporté les honneurs du martyre,

Elle demande enfin à ses nobles drapeaux

La paix qu'elle a conquise et des jours de repos.

Sa campagne fut longue, et quarante ans d'histoire

Sont partout jalonnés des flambeaux de sa gloire;

Des murs de la Bastille où son nom fut gravé,

Elle aura de son sang rougi chaque pavé ;

Elle a continué sa marche dans la ville,

Vengeant la liberté de la lutte civile,

Toujours prête, toujours, dans ce si long chemin,

Sa devise à la bouche et sa lance à la main,

Préchant l'ordre public par la voix des bannières;

De nos jours, elle arrive aux limites dernières,

A.UX murs de l'Invalide oii sa main veut bâtir

Un glorieux tombeau pour son dernier martyi-.

Quel voyage! semblable au peuple israélite.

Ce peuple de Paris, celle Garde d'élile

48 LES Fn^ERAlLLES.

A marché quarante ans sous des cieux ennemis ,

Pour arriver au but qu'elle s'était promis;

En achevant enfin son orageuse histoire,

Elle vient d'aborder le temple expiatoire :

Là, comme aux anciens jours, quand le couteau mortel

Pour apaiser les dieux ensanglantait l'autel,

Sur le sacré parvis avec elle elle amène,

En pompeux sacrifice, une hécatombe humaine.

Et la blanche colombe, immolée en naissant.

Qui donne un siècle d'or après des jours de sang.

AU ROI

AU ROI

HiT maintenant, ô roi du peuple et de l'armée, Que sur ces morts chéris la tombe s'est fermée, Que le temps a calmé nos sanglots douloureux, Qu'assez de pleurs hiùlanls ont ruisselé pour eux,

52 AU ROI

Si le plomb a glissé sur la tète meurtrie,

Si Dieu t'a préservé, préserve la patrie :

C'est en vain que du ciel les prodiges fréquents

Sur tes jours menacés veillent depuis cinq ans.

Il faut qu'à sa faveur ta volonté s'unisse;

Il t'a donné l'épée et la main de justice;

Que tes regards pensifs ne se détournent pas

Des grands enseignements qu'il sème sur tes pas.

Quelques-uns sommeillaient dans une paix profonde,

Mais un coup de tonnerre a secoué le monde.

Et la France, en ce jour d'universel effroi.

S'est levée en sursaut et t'a dit : Sauve-moi!

Souffre qu'en même temps ma muse citoyenne

Mêle sa faible voix aux éclats de la sienne;

Ne crains pas d'accueillir la franche austérité

D'un \ers cjui tant de fois a dit la \érilé :

Toi (|ui dors, si pouitanl on dort aux Tuileries,

Le matin, bcurc chère aux calmes rêveries,

Al] ROI. 5:

\)es murs de ce palais si quclcfuefois les yeux

Parcourent son jardin frais et silencieux,

Peut-être qu'à travers tant de marbres futiles,

Ils auront contemplé ce bronze où deux reptiles (i3j

Dans les nœuds redoublés de leurs corps étouffants

Serrent Laocoon entre ses deux enfants.

Crois-le bien; ce n'est pas un caprice frivole

Qui plaça devant toi cet effrayant symbole;

Par un mauvais génie il fut là transporté :

Ce couple de serpents qui rampe avec fierté

De deux partis baineux formait le digne emblème;

Laocoon était l'image de toi-même;

Ses deux fds enlacés par les monstres béants

Figuraient l'un Nemours et l'autre d'Orléans.

Voilà ce qu'annonçait le sinistre propbète;

Aujourd'liui qu'un prodige a préservé ta tête,

N'attache plus tes yeux à ce noir piédestal;

Tu trouveras ailleurs un signe moins fatal ;

54 \r ROI.

Au pavillon Marsan, sous l'autre galerie, Il existe une noble et claire allégorie, Un bronze qui te parle et doit être entendu; On dirait que pour toi Bosio l'a fondu : C'est le divin Hercule écrasant sur la terre Une Hydre qui se tord sous le bras qui la serre Modèle-toi sur lui, l'avenir en dépend; .\cliève d'étoufter l'anarchique serpent; Emprunte au demi-dieu de la mytliologie Sa ferme volonté, sa puissante énergie, Son geste de héros, son imposant maintien; L'emblème de la force est désormais le tien.

Page 11 , note (i).

Paint le casque au front et la picjue à la main.

C'est le 13 juillet 1789, la veille même de la prise de la Bastille, que la Garde nationale fut miraculeusement improvisée sous le nom de milice parisienne. Le vers ci-dessus rapporté n'exprime que l'exacte vérité : la pique n'est pas mise ici pour le fusil ; car c'est à défaut d'armes à feu , que, dans moins d'un jour et demi, le zèle des citoyens parvint à forger cinquante mille piques ou hallebardes, livrées à la nouvelle milice. Ces citoyens armés ne tardèrent pas à prendre le nom de Garde nationale parisienne.

Page 12, note (2).

Aux mains de La Fayette elle prêtait sa fondre.

On sait qu'à la célèbre émeute du Champ-dc-Mars, le 17 juillet 1791 , le général La Fayette fit proclamer la loi martiale, et dispersa les Jacobins; un certain nombre de

'îS ^OTES.

factieux restèrent sur la place. Cette journée acheva de perdre La Fayette dans le parti républicain; le journaliste Prudhomme l'attaqua dans son recueil , avec une violence extraordinaire; il fait sa biographie contenant tous les attentats, tous les crimes dont il s^est couvert pendant qu'il a commandé la Garde nationale de Paris. Il rappelle le satrape, le singe maladroit de Cincinnatus, etc. Le général La Fayette ne fut plus que le nommé Mottier; son nom glorieux lui fut ravi; plus tard on eût fait tomber sa tête, mais le général émigra : Bailly, son collègue et son complice d^ns l'affaire du Champ-de-Mars ( le 5 et 6 juin de l'époque), fut guillotiné.

Page 13, noie (3).

Escoiler, en hurlant, le fatal cliariol.

Ces notes ne peuvent contenir qu'une histoire bien sommaire de la Garde nationale, depuis son institution jusqu'à nos jours. Nous désignons ici l'époque de 92 et 93, où l'anarchie s'introduisit jusque dans l'armée citoyenne, séduite et entraînée par les déclamations furibondes des grands démagogues. Dès lors elle perdit le nom que l'Assemblée constituante lui avait donné, et reçut le titre de Sections armées. Les bons citoyens prirent l'épouvante et se retirèrent; la mauvaise minorité resta seule et gouverna. Ce ne fut (lu'iin ramas d'hommes armés, ne représentant plus la population de Paris. L'ancien uniforme disparut pour faire place à la veste, au sabre et au bonnet rouge; c'est sous cette hideuse forme «pie la («arde faisait le service dans les prisons et autour des échafauds. Il est donc juste

d'appeler usurpatrice la Garde nationale de cette époque; la véritable cessa d'exister par le triomphe des hommes qui, en usurpant les pouvoirs de la municipalité, avaient acquis tous les pouvoirs du gouvernement et de la nation elle-même. « La Garde nationale parisienne, dit M. Ch. Comte, était sortie du milieu de l'insurrection pour la défense de la liberté, de l'ordre public et des autorités reconnues ou établies par les représentants de la nation; les Sections armées, telles que les organisèrent les conjurés qui usurpèrent l'autorité publique dans la nuit du 9 au 10 août, ne furent propres qu'à paralyser les efforts des bons citoyens, à faciliter ou même à seconder les attentats de ceux qui leur avaient donné des armes et une solde, et surtout à opprimer la représentation nationale, à lui commander des décrets ou des arrêts de mort. »

Page 13, note (4).

Au souffle d'un grand homme elle s'est ranimée.

La Garde nationale n'avait jamais péri en France ; le gouvernement impérial la réorganisa en légions , le 8 janvier 1814, et lui donna Joseph Bonaparte pour commandant général.

A la journée de Clichy, le maréchal Moncey avait nommé, sous le feu de l'ennemi, M. Odiot pour commander à ce poste la Garde nationale. Les hommes les plus distingués dans l'industrie ou dans le commerce y déployèrent autant

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de zèle et de bravoure que de vieux soldats. Le tableau d'Horace Vernet a popularisé cette journée de Clichy, si glorieuse pour la Garde nationale parisienne.

Page 14, note (5).

Un mot tombe du trône, et la Garde est dissoute.

La Restauration, d'abord chancelante, crut devoir s'appuyer sur la Garde nationale : un de ses premiers soins fut de la réorganiser, sous le commandement du comte d'Artois; mais elle manquait encore de cet élément électoral qui seul peut lui donner la force et la confiance. Personne n'a oublié qu'à la suite de la fameuse revue du Champ-de-Mars, le 29 avril 1828, des cris réputés séditieux se firent entendre sur le passage du roi et sous les fenêtres des ministres , et que le Moniteur du lendemain proclama sa dissolution.

Page 14, note (6).

Le premier uniforme étalé dans Paris.

Dès le 28 au soir, il se trouvait dans les rangs du peuple des uniformes de la Garde nationale, et tout le monde a vu, le 29 au matin, M. de Laborde à cheval et en uniforme d'officier sup«'rieur, parcourant avec peine les rues de Paris, toutes hérissées de pavés et coupées par les barricades. Il se rendit rhe/ M. Lafitte, à la tôle de la 2" légion organisée en noinl)re de LSOG hommes.

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Page 14, noie (7).

Attendez quelques jours; cent mille sortiront.

La première revue fut passée sur les boulevards, le 29 août 1830; il s'y trouva 40,000 hommes armés et équipés. A la seconde, qui eut lieu le 28 octobre suivant, 100,000 citoyens parurent sous les armes, parmi lesquels 24,000 de la banlieue, qui depuis ont rivalisé de zèle, de tenue et de discipline, avec leurs camarades de Paris.

Page 19, note (8).

L'orage de la veille expire au lendemain.

Le 27 juin, à dix heures du soir, un orage épouvantable éclata sur Paris; la pluie tomba toute la nuit; le ciel ne reprit sa sérénité qu'à l'aube du 28. Le poëte fait ici allusion au fameux distique virgilien :

Nocte pluit tota, redeunt spectacula mane: Divisum împerium cum Jove Cœsar liabet.

Page 25, note (9).

. . Sur la maison du crime.

Il existe quelquefois un mystère effrayant, une sorte de prophétie, dans les noms des choses et des hommes. Le boulevard du Temple a longtemps été appelé le boulevard du Crime , à cause des mélodrames noirs qu'on jouait sur les

(ia >OTES.

théâtres de ce quartier de Paris. Ce nom lui avait été imposé par des représentations de crimes imaginaires; fallait-il qu'il lui fût confirmé de nos jours par la plus épouvantable réalité !

Page 40, note (lo).

Voici , voici les morts !

Les chars funèbres marchaient dans Tordre suivant :

M"« Louise-Joséphine Remy, âgée de 14 ans;

M. Labrouste, receveur des contributions directes du 7'

arrondissement ; M. Brunot, employé à la filature des Minimes; M. Inglard , employé à la filature des hospices ; M. Ardouin , journalier ;

M. Benetter, grenadier du 1*' bataillon de la S*" légion; M. Léger, grenadier du 1" bataillon de la 8*^ légion; M. Prud'homme, sergent des grenadiers du même bataillon; M. le capitaine Villate;

M. Raffé , colonel de la gendarmerie de la Seine; M. Rieussec, lieutenant-colonel de la 8'' légion; M. de Lâchasse de Vérigny , maréchal-de-camp; M. le maréchal Mortier, duc de Trévisc.

ÎVOTES. G3

Page 43, note (ti).

L'ombre du grand Turenne et l'ombre de Vauban.

Les tombeaux de ces deux grands hommes sont placés sous le dôme des Invalides, dans le sanctuaire de réglisc. Leurs noms seuls sont inscrits sur le marbre; ils sont plus éloquents que les oraisons funèbres de Fléchier et de Bossuet.

Page 45, note (12).

Le jour que Ja Sibylle et David ont prédit.

Teste David cum Sibylla. Prophétie empruntée au Dles irse.^ Le Requiem de Chérubin] fut exécuté aux Invalides par tous les artistes de Paris.

Page 53 , note (i3).

Ils auront contemplé ce lironze où deux reptiles.

Un hasard , bien favorable aux allusions du poëte , a donné réellement cette place aux deux groupes , dans la décoration du jardin des Tuileries. Le Laocoon est sous les croisées des appartements de S. M., et rHercule de Bosio lui sert de pendant et de correctif, au pavillon opposé. Cette singulière

observation sur le premier groupe a dû nécessairement tomber dans l'esprit de quelques personnes; elle ne pouvait manquer de se présenter à un traducteur de Virgile.

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