HISTORIQUE
Rien n’est plus simple que d'exposer la manière de voir des auteurs étrangers et français en matière de circulation artérielle du testicule. Tous admettent une branche épididymaire et une branche testiculaire, celle-ci divisée en rameaux profonds et en rameaux superficiels. C’est la description du professeur Sappey, de Cruveilhier, de M. Testut, de M. Charpy.
Seul, parmi les étrangers, Krause (Angéiologie, p. 350) donne une figure où la marche en fronde de l'artère est indiquée, du moins dans ses rameaux principaux.
Enfin, M. Bimar, dans un article du Journal d'anatomie (1888) et dans une communication à l’Académie des sciences (même année), étudie l'artère spermatique chez l'homme et chez les animaux, et donne des détails précieux sur le trajet intra-glandulaire des artérioles.
Cuvier, dans ses Leçons d'anatomie comparée (1846), reproduit
l'opinion classique ; Milne-Edwards fait de même. On ne trouve que
dans le livre de M. Chauveau (t. VLI, p. 106) quatre ou cinq lignes sur le trajet externe de l'artère spermatique du cheval.
Tel est l’état de cette question, que j'ai eu la bonne fortune de trouver; incomplètement traitée, et à l'étude de laquelle j'ai consacré six mois de dissection à lamphithéâtre d'anatomie des
hôpitaux.
Technique générale.
Qu'il s'agisse de microscope ou de préparations anatomiques ordinaires, du ressort de la dissection, les procédés techniques ordinaires ont pris une telle importance qu'on ne peut plus se dispenser d'indiquer ceux dont on s’est servi. C’est ce que je vais faire ici, comme l'ont fait de plus compétents que moi, M. Lejars, par exemple, à qui nous devons la vulgarisation des meilleurs procédés d'injection en cours actuellement chez nous. Ce sera d’ailleurs une façon toute indiquée de contrôler mes recherches, et, pour ceux qui voudraient les reprendre ou en instituer de semblables, cela évitera plus de temps perdu qu'ils ne seraient peut-
être portés à le croire.
- Technique générale pour servir à l'injection de l'artère spermatique. — La plupart des matières employées le sont à chaud, on aide beaucoup leur pénétration en réchauffant l'organe à l'avance. Mais:il ne faut pas croire qu un instant suffise. Le tes ticule élève sa température, du moins au centre, avec beaucoup de difficulté, en particulier chez les animaux à albugine épaisse (cheval). Le mieux est de procéder lentement, de laisser parexemple la glande immergée 4 heures dans un bain maintenu aux environs de 45°. Il estmême bon, je crois, de moucheter ou d’inciser l’enveloppe fibreuse, mais seulement dans sa partie toute proche de l'épidi-
dyme ; en ce point, les artères manquent presque totalement.
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L'hydrotomie est non seulement inutile, mais nuisible, du moins pour les artères : L'eau extravasée dans la pulpe, et emprisonnée par le tissu fibreux des lobes, comprime certainement les rameaux terminaux des artères, car on ne réussit jamais à rien obtenir de
convenable.
Matières à injections chaudes. — 1° Suif, etc., c’est-à-dire la préparation ordinaire. Je l'ai successivement pris, abandonné, puis repris. Le suif bien filtré pénètre fort bien, il n'y a pas à le nier. Mais il casse bien facilement.
2% Blanc de baleine, cire et térébenthine. — Injection plus
malléable, ce qui est unbien grand avantage, et qu'on peut rendre
extrémement pénétrante en augmentant à volonté la dose de térébenthine, mais il faut la renouveler souvent : la masse récente devient trop dure et perd là tous ses avantages.
3 Gélatine. — Rien ne remplace la gélatine, à mon sens, pour les injections de longue durée, celles de tout un département artériel ou veineux par exemple. Elle se solidifie en effet, avec beaucoup de lenteur, et, si la pièce est arrosée: d'eau très chaude ou injectée dans le bain, on peut prendre tout son temps et ne pousser que très doucement, ce qui met à l'abri des ruptures. On affirme qu'elle diffuse trop; c’est vrai, quelquefois, mais ce n ’est pas une diffusion pure et simple, c'est une diffusion après rupture. On a poussé trop fort.
& Térébenthine et cire. — Excellente injection pour la préparation des artérioles qu'on ne doit pas disséquer, mais seulement « montrer » sur une membrane. C'est le procédé de M. Schwartz pour les vaisseaux des séreuses de la main. Je l'ai copié pour mettre en évidence les branchioles funiculaires.
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Matières à injections froides. — 1° Plâtre et safranine. — Les vétérinaires l’emploient beaucoup. Elle pénètre assez bien, mais reste cassante, évidemment, et ne convient qu'aux rameaux superficiels. Il y a, je crois, mieux que cela.
2° Cire à cacheter (noire de préférence) et alcool. — Si j'ai un regret, c'est de ne pas l'avoir connue plus tôt. On triture la cire dans un mortier, avec un peu d’alcool méthylique, suffisant dans l'espèce, jusqu'à formation de pâte très liquide, dont on pousse la coloration aussi loin que possible. Vingt-quatre heures de repos, pour être certain que tout est bien dissous, et voilà une masse à injection qu'il suffira de bien boucher pour n'avoir plus à s’en préoccuper. Le jour où on veut l’employer, on la pousse avec la lenteur que bon semble, sans jamais forcer, et il est rare de ne pas trouver tout injecté, jusqu'aux dernières artérioles. Le seul inconvénient c’est qu'elle coûte cher, et que l'embout de cuir ou de feutre des seringues a besoin d’être aussitôt nettoyé et assez souvent renouvelé.
M. Charpy m'avait parlé d’une injection d'encre de Chine en solution dans l'alcool; très en honneur en Allemagne. Je ne sais pas en quoi elle peut être supérieure à la solution alcoolique de
cire noire, Car je ne l'ai pas employée.
Matières colorantes. — 1° La safranine a déjà été indiquée ; c'est une belle couleur, mais elle m'a paru s’allier assez mal aux matières grasses (?).
2° Bleu de cobalt. — Bien trituré au mortier avec un peu d'huile (jamais d'alcool dans les mélanges ou entre la térébenthine) le cobalt donne une superbe coloration bleue, très tranchante,
beaucoup plus visible pour les yeux qui voient mal le rouge.
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L'artère spermatique du bélier.
Dispositions générales. — Le testicule du bélier est loin d’avoir le volume de celui du cheval : si celui-ci représente appreximativement le poing d’un adulte, celui-là n'est guère plus gros que le poing d’un enfant. De plus, sa forme et son orientation sont différentes. Il n’est ni horizontal comme celui du cheval, ni oblique comme celui de l’homme, mais exactement vertical. Il a donc un pôle supérieur, par où lui arrivent les éléments du cordon, et un pôle inférieur que nous verrons contourné par l'artère.
Il est encore une disposition bizarre de l'épididyme, de laquelle il est bon d'être prévenu, sous peine d’enlever complètement sa tête lorsqu'on décortique l'organe, où tout au moins de briser les vaisseaux ténus qui s’y rendent.
La glande, en raison de sa position verticale, ayant un bord antérieur et un bord postérieur, c'est celui-ci qui est occupé par l'épididyme. Le corps et la queue se voient, se délimitent sans grande difficulté. Il n'en est plus de même au niveau de la tête. Celle-ci s'incline sur la face externe de l'organe, puis s’aplatit à tel point qu'il devient difficile de la chercher et qu'on passe outre si on ne procède pas lentement. On ne peut mieux la représenter qu’en la comparant à une pièce de 2 francs intimement accolée à la face externe de la tunique albuginée. Cette union, cependant, n’est pas telle qu'on ne puisse en triompher avec le simple manche
du scalpel, ou mieux encore avec l'ongle. On reconnaît alors que