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geance d'explorer les sources de la région à notre intention et cela avec plein succès ; 85 Typhlocirolanes furent capturées. Les renseignements qui suivent sont extraits des lettres que m'écrivit le Prof. Buxton. Au pied des collines calcaires qui s'étendent au Sud-Ouest de Biskra, jaillissent un grand nombre de sources. Les premières qu’on rencontre en partant de Biskra, sont celles, au nombre de quatre, qui forment le ruisseau qui irrigue l’oasis d'Oumach. La source marquée z sur la fig. r1r
FIG. III. — Croquis schématiques des sources à Typhlocirolana jontis, d’après Buxton. A. — Plan schématique des quatre sources d’Aïn Mlili. B. — Plan schématique des quatre sources d’Oumache ; Z : Aïn-el-Hadijar. C. — Profil en long, schématique, de la source d’Aïn-el-Hadjar ; s : griffon ;
cd : rapides sans Typhlocirolanes ; de : 25 m. env. de lit peu incliné, sans poissons, avec eaux calmes, où vivent les Typhlocirolanes ; ef : cascade ; fg : lit peu incliné avec nombreux poissons, mais sans Typhlocirolanes.
B est la plis forte. À partir du griffon (fig. rx ©, si l’eau s’écoule par un rapide (c d); puis le lit devient faiblement incliné
(de) ; c’est dans cette partie de que Buxton trouva 60 Typhlo-
cirolanes en une heure et demie. Vient ensuite une cascade (ef) au delà de laquelle le lit reprend une pente peu prononcée (fg). Des recherches poursuivies pendant deux heures dans la région fg, ne fournirent aucune Typhlocirolane. Buxton croit que la présence de nombreux petits Poissons est la cause de l’absence du Crustacé. Les Poissons, ne pouvant pas remonter la cascade, manquent complètement dans la région de et les Typhlocirolanes y abondent.
En continuant vers le Sud-Ouest, on rencontre les sources d’Aïn-Mlili (fig. 111 A). Ces sources sont su nombre de quetre
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très rapprochées l’une de l’autre. Comme il n’existe pas de cas- -cade, les Poissons remontent jusqu'aux griffons. Les Typhlocirolanes sont très rares et strictement localisées sous les pierres qui entourent les griffons ;’aucune ne put être découverte plus loin, dans le lit du ruisseau.
Les deux groupes de sources mentionnés sont situés très loin des oasis qu’ils irriguent ; elles sont très peu fréquentées par l’homme et le bétail. Il n’en est plus de même d’un troifième groupe qu’on rencontre en se dirigeant toujours vers le Sud-Ouest, le groupe de sources de l’oasis de Tolga. Ces sources sont toutes à proximité des villages et des plantations de palmiers ; les femmes y lavent le linge, les enfants s’y baïgnent et le bétail s’y abreuve. Le fond des ruisseaux est constamment remué. Aucune Typhlocirolane ne fut capturée dans ces sources de Tolga.
Toutes les Typhlocirolanes furent trouvées sous les pierres : elles paraissent blanches, avec une mince bande longitudinale et médiane rouge qui correspond au tube digestif vu par transparence (1). me!
M. Buxton a exploré aussi l’Aïn-Chetma, source située à l’est de Biskra, mais n’y a pas trouvé de Typhlocirolanes. L'eau en est plus chaude, plus sulfureuse et là source ne sort pas du calcaire, maïs d’un terrain d’alluvions. .
Les observations qu’on vient de lire permettent les conclusions suivantes : T' fontis n’a été trouvée que dans les sources qui jaiïllissent du calcaire ; elle se rencontre à la source même, ou dans son voisinage immédiat ; elle se tient sous les pierres. Ses caractères morphologiques et sa filiation montrent que c’est une vraie Troglobie. Elle doit donc habiter les eaux souterraines de tout le massif calcaire de Zibane et faire des incursions dans le domaine épigé par les resurgences. Ce n’est pas une forme épigée qui est forcée par des facteurs climatériqnes ou biologiques d’envahir le domaine souterrain ; c’est, au con-
(1) Dans la région antérieure du tube digestif d’une*Ofde 6 mm. j'ai trouvé un grain de sable rond de 480 x.
| Fée: él MS OS NL . ap) tas * ‘
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traire, une forme hypogée qui tend à reconquérir secondairement un domaine qui fut celui de ses ancêtres éloignés. Des cas semblables ont déjà été signalés pour Niphargus Virei et Niphargus robustus CHEVR. par plusieurs observateurs (CHE- VREUX, 1909, p. 34) et aussi pour d’autres Amphipodes tro-
globies ; le fait est donc intéressant mais pas très rare.
Reste à savoir pourquoi ces transfuges du domaine hypogé ne s’éloignent jamais beaucoup des griffons. L'observation de Buxton pouvait faire croire que les facteurs biologiques (présence d’ennemis ou concurrents épigés, en l’espèce Poissons et Gammarides) sont explication suffisante. Sans nier le rôle de ces facteurs, je crois que les facteurs climatériques jouent un rôle plus décisif dans cette limitation d'habitat. Les Gammarus
Simoni coexistent avec les Poissons dans les mêmes ruisseaux ; - pourquoi cela serait-il impossible pour T'. fontis. Le Cirolanide
dans le domaine épigé est moins bien armé pour la défense que le Gammarus, mais il se tient sous les pierres et n’est pas un bon nageur, ce qui le met jusqu’à certain point à l’abri de la dent ennemie. Le troglobie, comme tous ses congénères est un sténotherme caractérisé, et c’est surtout le réchauffement
rapide de l’eau qui doit mettre un frein à ses velléités migratrices.