DEUXIÈME PARTIE
Cas améliorés où guüéris
OBSERVATION VII (résumée)
[M. le Professeur DeBove, Bulletin médical 1912]
Femme âgée de 37 ans, caissière. Rentre à l'hôpital Beaujon il y a six semaines pour augmentlalion de volume de son ventre, amaigrissement.
On constale à l'examen de la malade une teinte subictéri-
in
-que des Léguments, un développement considérable de Fabdomen avec ascile mobile et important réseau veineux souscutané. Après une première ponction on sent un foie abaissé, diminué de volume, à surface inégale semée de gros clous, à bord dur et mince. a rate est augmentée de volume.
Les urines contiennent une légère HET d'urobiline el il y a diminulion du laux de l'urée
Cœur normal.
L'auscullalion des poumons révèle quelques ràles : l'examen -des crachals ne permet pas de découvrir de bacilles tubereuleux. Le liquide se reproduisant et occasionnant chez la malade de la gêne respiraloire, deux ponclions nouvelles ont été refaites qui ont donné issue à un liquide jaune citrin.
Comme la malade ne présente dans ses antécédents personnels aucune trace de syphilis et qu'elle n’a fait aucun abus de boisson, comme de plus un doute s’élablit sur la nature de celle cirrhose de Laënnec, on fait appel à la réaction de Wassermann. L'épreuve pratiquée sur le sang a été franchement posilive ; elle a élé moins nelle, quoique positive,
-avec le liquide d’ascite.
Voilà les fails : une cirrhose de LaEennec typique, -chez une malade en puissance de syphilis. L'éthylisme ne peut pas êlre invoqué comme la cause originelle de l'affection ; on est donc autorisé à ineriminer la syphilis el à entreprendre un traitement spécifique.
Sous son influence l’ascile se résorba un peu ; on refit des ponctions à périodes moins rapprochées et le liqui- -de fut reliré en moins grande abondance. Le traitement
pourra peut-être ne pas produire les résultats désirés,
Ve Fe FRET
mais nous ne rejelerons pas pour cela l'hypothèse que la réaction de Wassermann nous a permis de poser, car -on ne peut pas rélablir la puissance fonclionnelle d’un organe qui est sclérosé et dont le rôle physiologique est
par là même achevé.
OBSERVATION VII (inédite)
{Due à l'obligeance de M. BERGERON|
Evous G:..,:52 ans.
Aucun renseignement sur ses antécédents héréditaires. Personnellement il a eu un chancre induré lorsqu'il était au régiment. Quelques antécédents alcooliques.
Marié, il a trois enfants actuellement bien portants.
Rentré dans le service de M. le Professeur Letulle à lhôpi- Boucicaut pour une dislension assez volumineuse de l'abdomen, on conslale que le foie est diminué de volume et que la rate est un peu hypertrophiée. Le malade présente de plus au niveau de lombilic une tumeur violacée, luisante, distendue par du liquide et que l’on prend pour une hernie ombilicale. Dans la crainte que celte tumeur ne cède sous la poussée du liquide d'ascite, le malade est envoyé d'urgence dans un service de chirurgie. M. Dujarier pratiquant la laparalomie constate un kyste congénital du cordon et est frappé en même temps de l'aspect granuleux «clouté » du foie du patient. | ses
Rentré après guérison de l'opération dans le serviee de M.
le Professeur Letulle en février 1912, on constate que le foie
PR
est petil, atrophié, rejelé sous le diaphragme où l’on ne peut. aller le palper. L’ascilé qui avait disparu lors de la laparatomie s'est rapidement reformée et l'abdomen commence à augmenter de volume. Pour prévenir une rupture de la récente cicatrice, on fait une ponction; on relire quelques litres d'un liquide citrin. La rate est un peu hypertrophiée.
Le sang examiné par M. Bergeron dans le laboratoire de M. le professeur Letulle, donne une réaction de Wassermann très positive. La recherche des anticorps faile dans le liquide d’ascile est nettement posilive. On entreprend de suite le traitement par les piqûres de bi-iodure. L’ascite se reforme en quantité minime puis disparaît après une série de 18 piqûres, pratiquées trois fois par semaine, à raison de 0.02 eg. de bi-iodure à chaque fois. |
La réaclion de Wassermann refaile le 13 avril 1912 est négalive.
Le malade d’ailleurs est très amélioré et il sort de l'hôpital
en fin d'avril en élat de guérison apparente.
Anticipant un peu sur la discussion de nos observalions nous remarquerons de suite la parlicularilé de ce cas.
C'est fortuitement , au cours d’une intervention chirurgicale que l’on remarque l'aspect clouté du foie atteint de cirrhose atrophique ; l'alcool est sans doute la cause de celle altération hépatique. Cependant le malade est un ancien syphilitique qui n’a eu aucun autre accident que sou chancre. On fait l'épreuve par la réaclion de Wassermann dans le sang ét dans le liquide
d'ascile ; le résultat posilif dans les deux cas met en