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MORALE UNIVERSELLE

l'on attaque un des tiens, ou même un être faible qui t'est inconnu, tu le défendras hardiment et tu défendras les autres au péril de ta vie.

«De même tu te battras sans crainte et sans trahir, pour la défense de ceux qui font cause commune avec toi, sous le même nom de Patrie.

« Tune mentiras pas; tu tiendras ta parole, si tu as promis de donner, que ce soit verbalement ou par écrit, et tu ne trahiras personne, gardant fidèlement tout secret confié.

« Tu respecteras la pudeur et la décence publique.

(( Tu ne feras violence à personne, et tu n'emploieras la force que pour faire respecter la justice et le droit. Tu respecteras la liberté des autres pour qu'on respecte la tienne.

«Tu respecteras l'autorité qui représente la protection de tous et des droits de chacun; tu respecteras aussi tes parents, les vieillards, les femmes et les enfants.

« Tu ne feras rien de secret que tu ne puisses l'avouer en public, à moins qu'il ne s'agisse de l'honneur des autres, et tu tiendras ton honneur à Fabri de tout soupçon.

« Tu seras bon et compatissant pour le malheur des autres, et ainsi tu feras pour les autres ce que tu voudrais que Ton fît pour toi-même. »

Telle est la morale universelle sous différentes formes, depuis que l'humanité a cherché les moyens d'arriver à la justice et à la civilisation, dans ses divers groupements. Les conséquences ont varié; les principes ont été et sont toujours les mêmes.

Universellement encore, et plus fortement aussi, toute l'humanité a compris que, tout étant relatif chez

nous, dans nos pensées et nos moyens, dans notre justice, dans ce que nous pouvons, l'Absolu devait exister en dehors de nous : un absolu d'intelligence, de sagesse, de justice et de puissance.

Elle a compris que tout ne pouvait pas être venu à ce point d'organisation des mondes et de la nature, de notre corps même, sans un ordonnateur universel.

Elle a compris que vaine était la poursuite du crime, et vaine la justice humaine qui punit souvent par erreur et ne sait guère récompenser, si la vie de la pensée, identifiée par nos actes, ne se prolongeait pas au-delà de la vie du corps, et si la justice absolue n'intervenait pas alors pour juger sans erreur.

La société humaine a toujours été ainsi faite que le crime est resté souvent impuni, que le vrai mérite a été persécuté et que notre justice n'a jamais été juste que par occasion ou hasard.

Les coquins le savent; ils ont les moyens d'échapper aux regards indiscrets, d'intimider ou d'acheter ceux qui ont vu et ceux qui savent : ils passent impunis et parfois triomphants. Toutes les oppressions peuvent rire des opprimés, et rien parmi nous, rien ne vient apporter un secours à notre sublime espoir de justice, rien, si ce n'est la mort et l'au-delà !

Le vice, le vol, le crime, l'astuce, le mensonge l'emportent partout sur la loyauté, l'intelligence et la bonté. La vie ne vaudrait donc pas la peine d'être vécue, et mieux vaudrait donner libre cours à ses plus mauvaises passions que de jouer ainsi, sans espoir de compensation, un perpétuel rôle de naïf et de dupe.

Ainsi est née la pensée de Dieu ; ainsi elle survit et survivra toujours à toutes les imprudentes dénégations.

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