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CHAPITRE II

DES 12 DROITS DE LHOMME ET DE LEURS 12 GARANTIES COLLECTIVES ET INDIVIDUELLES.

Le Garantisme ne roule que sur des mesures compatibles avec les doctrines civilisées ; il ne s’exerce que sur les problèmes philosophiques, sur les droits de l’homme et les devoirs de la société envers les citoyens, questions qui assurément n’ont pas été oubliées, surtout dans le cours de cette génération, où nous avons été assaillis de radotages sur ce sujet ; il faut que lesdites questions aient été bien maladroitement traitées, pour avoir amené à conclure que la Civilisation soit destinée de l’homme social, à qui elle ne garantit aucun de ses 12 droits, dont le 1er est le droit au travail.

Il serait bien inutile aux hommes de se réunir en société industrielle, si la masse entière des contractants sociaux ne trouvait pas dans l’ordre social plus d’avantages que dans l’état inerte ou sauvage. Dieu, en nous donnant la faculté de former le pacte social industriel, a dû peser les biens et les maux de l’un et l’autre état, de l’inertie ou de l’industrie, et s’il eût prévu que l’industrie n’aboutirait qu’à nous plonger dans un abime de misères, qui ferait désirer à la masse des industrieux le sort du sauvage, il aurait réprouvé l’état industriel et pris des mesures pour l’empêcher de naître, car on ne peut pas soupçonner Dieu de vouloir le malheur de la majorité des hommes ; or, consultez les individus, et vous trouverez les 7[8es des familles qui vous diront : je suis accablé de disgrâces , je suis bien malheureux ! — plainte qu’on n’entend pas chez les sauvages, méprisés de nous.

Nous ne sommes arrivés, jusqu’à ce jour, qu’à un sort pire que l’inertie, puisque tous nos salariés n’aspirent qu’à former la horde, et qu’on les voit, dans les empires les plus opulents, comme l’Angleterre, se soulever contre un travail qui n’alimente que les plaisirs d’une poignée de riches, et ne laisse à l’industrieux que lot de privations, d’esclavage et de désespoir, lot qui fait horreur au sauvage même, car il regarde comme malédiction le travail du labourage, dont le malheureux civilisé ne peut pas même obtenir l’exercice pour le service d’autrui ; tandis que la chasse et la pêche, ressources habituelles du sauvage, sont estimées, en Civilisation, un plaisir de très-haut prix, dont les grands s’emparent au détriment de la classe bourgeoise et du peuple, qu’on envoie aux galères s’il lui arrive de tuer une pièce de gibier.

Si le pacte social n’est établi que pour garantir à la masse des citoyens industrieux, plus d’avantages qu’ils n’en trouveraient dans l’état inerte, il est clair que les conditions du pacte ne sauraient être remplies en Civilisation, où le sort de notre peuple est au-dessous de celui du sauvage. Les philosophes, en affectant une feinte sollicitude pour ces misères, ont donné pour antidote un prétendu code des droits de l’homme et des devoirs sociaux, dont ils promettaient, en 1789, de si grandes merveilles.

Il n’était rien de plus aisé à définir que les droits de l’homme. Nous avons 1 2 passions radicales et la foyère, et, par conséquent, 12 droits à l’essor de chacune d’entre elles, et qui doit être tellement réglé, que tout essor individuel favorise l’essor collectif, et réciproquement, et que ces essors soient progressifs, c’est-à-dire en proportion graduée avec les castes, leurs besoins et habitudes.

Examinons, sur une des 1 2 passions, si l’ordre civilisé remplit quelques-unes de ces conditions. Citons le sens du goût, puisque c’est un des 12 ressorts passionnels, et à coup sûr le plus impérieux des 12. Il

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en résulte que l’homme social a le droit de manger, droit que n’ont jamais voulu lui concéder les philosophes et législateurs civilisés, car ils ne l’accordent qu’à des conditions inexécutables pour le pauvre. Ils partent du principe que la subsistance, dans l’ordre social industriel, doit être le fruit du travail. En ce cas l’homme social industriel a droit au travail, et la société, en l’astreignant à une subsistance conditionnelle et subordonnée au travail, lui doit ce travail, à défaut duquel il rentre dans les droits de l’état inerte ou sauvage, et peut prendre sa subsistance où il la trouve. Là-dessus les philosophes répondent qu’il n’y a plus de travail, plus de terres à cultiver, plus d’ouvrage dans la fabrique dont il est habitué ; donc, il doit se passer de manger, et mourir de faim avec sa femme et ses enfants pour la perfectibilité de la Civilisation perfectible. Ces malheureux s’indignent, refusent de se laisser mourir de faim, et pensent, avec raison, que la société et les savants qui la dirigent auraient dû aviser aux moyens d’assigner aux gens dénués de travail un minimum proportionnel à leur caste ; en conséquence ils vont, par des plaintes, chercher à émouvoir la pitié et obtenir quelques secours. La législation les fait arrêter et leur répond qu’à titre de mendiants, ils doivent être renfermés. Leurs voisins, pressés de même par la famine, et craignant la réclusion, emploient, pour se pourvoir, la voie de la nature, celle du larcin. On les arrête, on les mène pendre, pour avoir voulu user du 1er des droits de l’homme, celui de manger, droit qu’on ne conteste à aucun des êtres existants, car jamais {excepté dans la pièce des Plaideurs) on n’a fait le procès à chien ni à chat pour avoir, dans les moments de faim, mangé ce qu’il a pu trouver, et encore sans engagement de travail qu’offrent les hommes, et que n’offrent pas les animaux.

Admirable résultat de la perfectibilité civilisée ! L’homme social est mis en réclusion et mené au gibet s’il veut user du plus pressant de ses droits, celui de se nourrir conditionnellement et en offrant son travail, que n’olfre pas l’animal , et c’est dans une telle société que des histrions scientifiques osent parler de garantie, contrepoids, balance, équilibre !

Yoilà où en sont nos théories sociales, sur l’exercice du 1er des 12 droits de l’homme,* qu’on juge par là de leur habileté à nous garantir les 11 autres, moins urgents, et dont on s’est encore moins occupé. Suppléons à leur silence et définissons les devoirs de la société envers ses membres.

Ils sont, comme les droits, au nombre de 12; elle doit ménager et assurer à chacun les 12 essors de passions en sens collectif et individuel.

Il est évident que la Civilisation est si pauvre de moyens, qu’elle ne

peut pas songer à remplir la condition de garanties collective et individuelle des droits naturels, et que le problème ne peut pas même être pris en considération par des civilisées, tant il leur est impossible, avec le peu de ressources qu’offre leur mesquine société, de pourvoir aux 12 garanties d’essor passionnel dont doit jouir le plus pauvre des hommes dans la période 6, intitulée Garantisme, ou lymbe ambiguë.

Je lui donne le nom d’ambiguë, parce qu’elle est encore distribuée par familles et ménages inassociés, quant à l’industrie générale, comme la Civilisation Cependant elle emprunte quelques dispositions de l’ordre des séries; cette demi-association constitue l’ambiguité; elle n’est ni pleine incohérence ni pleine association ; elle admet quelques associations partielles sur certains travaux d’une masse de familles réunies en tribu, entre autres, sur la nourriture. Ce qui la rend digne de notre attention, c’est qu’elle réalise tous les vœux de bien social que nous osons à peine rêver, et pourtant elle opère sur un élément qui est germe de mal, sur les familles inassociées, telles que nous les voyons.

J’ai fait observer plus d’une fois que Dieu, en sage distributeur de l’attraction et des moyens matériels et spirituels , a départi à chaque société les facultés nécessaires pour s’élever à la suivante. Aussi voit-on /| que la nôtre ne rêve que droits de l’homme et garanties sociales, et

tandis que nos savants s’agitent vainement pour arriver à ce but, on ne [\ trouve rien de cette impulsion chez les barbares, parce que leur société est abîme politique, frappant le génie de léthargie ; la nôtre acquiert déjà une inquiétude ou une tendance à de meilleurs destins. Aussi, non contente de ses progrès industriels, aspire- t-elle à l’avancement en mécanisme social, genre dans lequel elle s’est montrée si timide et si noueuse jusqu’à présent par la couardise de ses philosophes, qui n’ont pas osé proposer la tâche de la science, ou l’établissement des garanties individuelles sur chaque passion.

On trouve, il est vrai, quelques garanties en Civilisation, mais elles ne s’étendent qu’aux jouissances des riches. Une armée de sbires et de tribunaux, répartie sur tous les points, garantit la sûreté des grands chemins, mais ce bien-être ne s’étend pas aux besoins du pauvre, qui n’est pas moins dans le dénuement. Or, des garanties partielles ne sont qu’un système de vexations ; chacune des 12 doit être collective et individuelle.

Et, pour les riches mêmes, existe-t-il une seule garantie complète? Si on les met à couvert du vol de grand chemin, les préserve-t-on des vols que commettront des intrigants, des gérants infidèles ? Tant s’en faut, car tout riche civilisé est assailli par une nuée de fourbes qui lui extorquent de cent manières quelque portion de sa fortune. S’il entre dans vingt magasins de marchands, il y trouvera vingt trompeurs qui

le duperont sur les objets dont il n’aura pas une parfaite connaissance.

Il ne serait pas exposé à ces supercheries continuelles, si le commerce était organisé en garantie de concurrence véridique et réductive, qui introduit une pleine vérité dans toutes les relations industrielles, y compris celle des fermages, sur lesquels un fermier ne peut plus tromper, dès que le Garantisme est établi.

Même lacune sur l’ordre matériel, par exemple, sur le visuisme , plaisir de la vue. Un riche peut bien se garantir de beaux points de vue dans son palais et dans ceux de ses amis; mais, s’il veut sortir, il ne pourra éviter l’aspect dégoûtant des sales édifices du peuple, des rues boueuses, de la populace en haillons. 11 serait délivré de ce dégoûtant spectacle dans un pays où la société 6e, Garantisme, serait organisée : parce qu’elle commence par vêtir le peuple, qu’elle reconstruit peu à peu tous les éditices pauvres et malpropres, ces sales habitations du petit peuple civilisé ne pouvant pas se prêter aux relations du Garantisme sensuel , ni des branches d’association qu’il commence à introduire.

Si donc la philosophie a rêvé quelques garanties, elle n’a su en établir aucune , l’essor de chaque passion devant être assuré à tous réciproquement, c’est-à-dire en sens collectif pour le bien de la masse , et en sens individuel pour le bien de chacun. D’ailleurs, a -t-on jamais songé sérieusement aux garanties? on aurait au moins proposé le 4er problème, qui est celui de rendre l’industrie attrayante, à défaut de quoi on ne peut pas garantir de minimum au peuple, et si cette garantie fondamentale est manquée, il ne peut en exister aucune autre ; mais pour que le pauvre en état de santé préfère constamment l’industrie au désœuvrement, elle devra lui offrir, soit en charmes pratiques, soit en perspective d’avancement, un sort bien différent de celui de nos salariés, qui tous opteraient pour l’oisiveté minimée.

Sans cette attraction industrielle, comment pourrait-on extirper le vice radical du mécanisme civilisé, selon lequel il faut qu’il y ait des pauvres pour qu’il y ait des riches, dogme que le lecteur va remplacer par celui-ci : « Les riches, en 6e période, n’ont de bonheur com- « plet et assuré qu’en raison des garanties d’aisances et jouissances pro- « portionneîles pour les castes pauvres » C’est une vérité déjà reconnue D au sujet de la peste et des épidémies : on prend des mesures pour en garantir à la fois pauvres et riches. N’est-on pas plus sage et plus heureux, en suivant cette marche, qu’en imitant les Orientaux chez qui un grand se renferme dans son palais, et laisse la populace en proie à contagion dont lui-même peut être atteint? Il en est ainsi de toutes les misères sociales. On va se convaincre que toutes celles qui pèsent sur le pauvre atteignent par contre- coup la classe riche, témoin la triste fin

de François Ier, et qu’il n’y a de bonheur et de sagesse à espérer que d un ordre qui pourvoira, en tout sens, à garantir au pauvre sa quote part des 1 2 branches de passions, conformément aux vues du créateur, dont la providence'n’est point partielle, mais collective, graduée et universelle.

Les préjugés ont souvent causé plus de ravage que les fléaux matériels et je doute que le Déluge, le plus terrible de ces fléaux, ait fait au genre humain plus de tort que le préjugé que je vais signaler. Il s’agit de l’erreur qui nous persuade que la pauvreté est un mal inévitable : il faut, dit-on, qu’il y ait des pauvres pour qu’il y ait des riches. Oui, en Civilisation, rien n’est plus vrai, puisque cette société est obligée par défaut d’attraction industrielle à forcer le travailleur par l’aiguillon de la misère.

Cette prévention généralement répandue est plus funeste que la famine, la peste et la guerre; elle paralyse le génie, elle oppose aux progrès sociaux un obstacle invincible, en abusant les 4 classes qui doivent directement ou indirectement coopérer à la recherche d’une garantie de minimum social. — Ce sont les grands, les prêtres, les savants et les peuples.

1° Les grands. Elle les habitue à voir d’un œil sec les souffrances du pauvre. La philosophie leur a persuadé que cette misère des peuples est un mal nécessaire, parce qu’il est inséparable de la Civilisation ; par ce sot argument, elle a endurci les cœurs des monarques. Dès lors ils ne songent plus à remplir leur tâche qui est de stimuler les savants à la recherche d’un ordre social différent de la Civilisation.

Ce principe, qu’il faut des pauvres pour qu’il y ait des riches , est facilement goûté des grands qui s’habituent si vite à regarder la multitude comme une bête de somme faite pour endurer toutes les privations ; c’est un préjugé que la flatterie leur inculquait avant même que le sophisme fût venu le renforcer, et il est pardonnable aux grands d’épouser cette erreur tant qu’on leur persuade que le terme ultérieur des destinées est limité à cette Civilisation, où il est vraiment impossible d’extirper et prévenir l’indigence, puisque les mesures qui atteignent ce but sont ultrà- civilisées et attributs, caractères de 6e période.

2° Les Prêtres. Ils interviennent pour renforcer le préjugé qu’il faut des pauvres pour qu’il y ait des riches, principe très-faux en système général , quoique vrai dans trois des lymbes, dans le Patriarchat, la Barbarie et la Civilisation ; mais il est très-faux dès qu’on spécule sur d’autres périodes industrielles.

Les torts de la philosophie n’eussent été d’aucune influence si la re ligion eût rempli ses devoirs en prêchant la foi et l’espérance en une providence intégrale et universelle, rappelant le génie à la recherche du

Code divin. La religion avec ses dogmes de colère divine, de tribula- \ > tion et d’épreuves auxquelles Dieu nous assujettit en ce monde pour nous rendre dignes du bonheur dans l’autre vie, la religion, dis-je, est en collusion involontaire avec les astuces philosophiques. Elle a sanctionné la paresse des savants, la torpeur du génie et renforcé le préjugé qui habitue à regarder comme nécessaire le fléau de l’indigence, à désespérer de la Providence en législation et persuader qu’il faut des pau- j vres, parce que les lois des civilisés perpétuent l’indigence. Dieu ne sait-il donc fonder le bien-être d’une caste que sur le malheur de l’autre? S’il nepeutcréerun riche qu’en créant plusieurs pauvres, comme il arrive dans l’état Civilisé et Barbare, que ne nous limitait-il à l’état sauvage qui est à l’abri de l’indigence, quoiqu’il soit encore une des 4 lymbes obscures, mais la seule en contact avec le Garantisme, ainsi qu’on le verra au chapitre de l’échelle du mouvement puissanciel.

Du moment où les hommes s’habituent à considérer la législation comme attribution exclusive de l’homme, ils ne sont plus étonnés d’en voir naître l’injustice et le règne du mensonge ; mais la religion eût dû oser replacer l’homme au second rang, le façonner à croire que toute sagesse doit venir de Dieu, qu’on n’est point arrivé à la sagesse tant que la masse du corps social gémit dans les privations, et que ce résultat dénote l’ignorance des lois sociales qu’on doit attendre de Dieu et la nécessité de les rechercher. Tout au contraire, elle a façonné les esprits à spéculer sur la nécessité des pauvres. En quel sens conçoit-elle donc la Providence et quelle injure ont faite à Dieu ces légions de pauvres?

S’il ne savait pas pourvoir à leur garantir le nécessaire , il eût mieux fait de ne pas créer le monde social.

3° Les Peuples. Tout s’accorde à les hébéter et fataliser. Les grands, armés de l’autorité, persuadent au peuple qu’il est fait pour souffrir.

Us étaient ce dogme de la crainte du gibet, lot inévitable des malheureux qui oseraient s’indigner de leur misère et réclamer les droits naturels ; à l’appui de ce régime viennent les prêtres qui nous excitent à mépriser les biens de ce monde pour lesquels ils n’ont pas autant de \ mépris qu’ils en étalent. Puis vient la philosophie qui persuade aux peuples que leur dénûment est la perfectibilité sociale et qu’une région pavée d'indigents est un phénomène de Civilisation perfectible, pourvu qu’elle ait une trentaine de beaux esprits rengorgés dans des fauteuils académiques et discourant sur la perfectibilité des abstractions métaphysiques.

4° Les Savants. Us sont égarés à leur tour par la bonhomie des princes , des prêtres et des peuples ; ces trois classes n’ayant pas su discerner la ruse et reconnaître que les philosophes ne vantent la Civilisation que pour se dispenser d’en chercher l’issue, il arrive qu’on ne

somme pas la science de remplir son devoir, de chercher les voies de garantie du bien social effectif; et les intrigants littéraires trouvant daus le sophisme et les jactances de perfection une voie de fortune et d’honneurs académiques, bien plus commode que la carrière des découvertes, se gardent bien de signaler la tâche qu’ils esquivent, la recherche d’une société supérieure à la Civilisation et s’accordent a crier que l’esprit humain est arrivé au perfectionnement de la perfectibilité, puisque les philosophes sont pourvus de pensions et de considération.

C’est ainsi qu’une erreur primordiale engendre peu à peu toutes les erreurs. Qui est-ce qui accrédita celle que je dénonce? Tous les partis s’en défendront et rejetteront la faute sur leurs antagonistes ou sur l’habitude, le préjugé. Leur tort ne sera pas moins grand. C’est être complice du mal que de ne pas s’opposer à ses progrès. Lorsqu’une contagion , peste ou autre, se manifeste sur un point, elle deviendrait bientôt générale si chacun négligeait d’y opposer des barrières, sous prétexte que ce n’est pas lui qui l’a apportée, et un gouvernement qui omettrait d’établir des cordons et des lazarets , serait passivement l’auteur des progrès du mal. C’est ainsi qu’opèrent les fausses lumières à l’égard des préjugés nuisibles à tous. Lors même qu elles ne les propagent pas, elles en favorisent le ravage par leur apathie. Un préjugé dont rien n arrête les progrès envahit nécessairement tout le domaine social. Aussi n’est-il rien de plus enraciné que la prévention d’insuffisance de Dieu et suffisance de la Philosophie, dogme qui attribue à la volonté de Dieu les malheurs établis par les lois des hommes, entre autres l’indigence, en l'attribuant à la volonté de Dieu, et qui au tort de donner des cœurs de fer à tous les riches et les grands joint le tort bien plus fâcheux d’empêcher la recherche et la découverte d’un ordre social exempt de pauvreté comme le Garantisme.

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