FEU BILLARD
son mouchoir dans la poche de derrière, et d'avoir ainsi l'occasion de tacher les pans de sa jaquette avec le blanc qui lui restait aux doigts.
Quand feu Billard manquait de touche, il disait : trop fin.
Une se servait jamais des marques mécaniques qui sont adaptées au billard, ni des petites billes de bois qui glissent sur une tringle, mais préférait marquer ses points avec du blanc sur le bord du billard.
Après la partie, feu Billard proposait, comme' simples délassements, des exercices spéciaux, qui consistaient à caramboler en faisant glisser la bille sur le plan incliné de deux queuesjuxtaposées, ou bien à déloger la rouge d'un coin du billard, pour l'amener en trois coups dans un autre coin.
Feu Billard prenait le plus souvent une fine, et appelait le garçon Edouard. Marié et père de famille, il désignait sa femme sous le nom de (( la bourgeoise » et ne parlait d'elle que lorsqu'il s'agissait de rentrer au logis, en ajoutant qu'elle allait « le disputer ». Feu Billard était d'ailleurs cocu, comme feu Cocu lui-môme.