‹ Claire d'AlbeChapitre 26 sur 40 · M. D'ALLE, CLAIRE · texte numérisé non relu

M. D'ALLE, CLAIRE

CLAIRE

Que me dit-on?. . . vous seriez indisposé?. . . En effet, cet air souffrant. . .

d'albe.

Assejez-yous , Claire , assevez-vous là ; j'ai à vous parler , et je veux tâcher d'être calme. . . Vous , de votre côté, pointd'éclat, de scènes, de larmes. . . { M ouvemenlde Claire.) Écoutez-moi^ cette explication va probablement décider du sort de notre vie ; et, si toutes les apparences, toutes les présomplions ne se sont réunies que pour m'abuser , comme je l'espère encore, du moins vous ne m'aure-^ pas entendu tenir un Lingage indigne de vous, je ne vous aurai pas offensée, vous pourrez me plaindre sans me haïr. . . Si au contraire vous étiez coupable # . .

CLAIRE , se lei^ant auec effroi.

Monsienr... Monsieur... quel langage... je ne comprends pas. . .

d'albe , avec contrainte.

Cette clé du jardin. . . oîz est-elle? qu'en avez-vous fait?

Cette. . . clé. . .

d'albe.

Oui, dites. . .

claire.

Moi. . . je. . . je ne sais.

d'albe , s'eniportant par degré', et s' approchant de Claire , qui recule toujours.

Vous ne savez ?. . Elle n'a pas été remise au jeune Surgy ? de votre aveu ? par vous? par vous-même?. . . Lu lui avezvous redemandée hier au soir, chez Lajaunay , après mon arrivée?... Avez-vons été interrompus?... En vous se-

parant , est-elle tombée ?. , . Parlez !... ( Dans le plus grand de'sordn.) il le fant! je le veux î . . . Parlez donc î

CLAIRE

Ah ! ah ! Monsieur , vous me faites penr 1

d'albe.

Non, non , je suis calme , voyez ... Ne te trouble pas , prouve-moi mon erreur.

CLAIRE

Monsieur, une pareille humiliation... cet excès âe honte. . .

d'albe,

II n'y en a pas pour Ton^ , si vous vous justifiez . . . J'e'coute.

CLAIRB.

Mais... cette clé... De qui la tenez-voiis? Qui Va mise en vos mains?

Personne. . . Je ne l'ai pns ; Soufflot l'a rendue. CLAIRE , s'efforçant de paraître rassurée. Soufflot?... Un pareil homme! .. . C'est lai qui m'accuse?

d'albe.

Non pas vous; il ne vous a pas même nommée.

claire.

Alors doîi partent vos soupçons? Cette clé, elle était égarée, perdue; vous le saviez de ce matin. Comment ne vous dites-vocs pas qu on peut l'avoir dérobée exprès?. .. que sais-je ? ... pour me nuire?. . . ( Mouufment de d'Albe.) Ahl c'est possible. . . pourtant je n'assure pas. . . le hasard seul. . . Ah! Monsieur, si vous aviez encore quelqu'attachement pour moi , vous m'auriez épargné le supplice de me justifier.

d'albe . auec une émotion progressive.

De l'attachement! et tu peux en douter, toi, Claire! toi!. . . Ah ! si je ne t'aimais pins que ma vie. . . Mais que dois-je croire?... Vovez-vous même, voyez que de circonstances contre vous! Hier, à mon retour, voire embarras, votre froideur, vos yeux qui se drtournalent toujours des miens, et piis seslelîres, ses conférrnces. . . l'ajournement de son mariage... lui-même devenu votre voisin. . . Aujourd'hui , quand il était là, ca face de vous,

Claire. 8

son émotion , la yôtre . . . car moi, alors je ne pouvais me rendre compte. . et maintenant qoe je me rappelle... Ah ! s'il était vrai î si tu m'avais trahi ! . . . Et lui , le misérable ! . . . Oh ! dieu ! son sang! sa vie ! . . .

CLAIRE

Monsieur ! Monsieur ! . . .

Oui, je m'égare. . . mais aussi l'épreuve est trop forte ! je ne supporterai pas plus long-temps cette alternative. . . je ne le puis pas. . . je n'en ai pas le courage, . . elle me tue. Claire!... pardonne ' moi, je t'aimais tant'.,.. Cet amour, tu ie sais , c'était un culte, une idolâtrie I .. . Il n'y avait pas dans ma vie un moment qui ne fût pour toi... Mes travaux, mes espérances n'avaient qu'un objet pour but; ton bonheur était le mien , je n'en voulais point d'autre. . . Jamais femme ne fut entourée de plus de respect , de confiance , d'amour. . . et tout cela perdu I perdu pour jamais!. . . IN on, non, je ne puis ie croire. . . et pourtant ce n'est pas une vaine jalousie ... Il faut en finir , il le faut ; c'est un devoir... Par respect, par pitié pour nous-mêmes, Claire , rends-moi mon bonheur, ma confiance. . . guérismoi. . . je sonflfre trop !

CLAIRE , a^>ec égarement.

Et moi ! . . . Que dire? que faire? le moyen?.. .

d'albe.

Il en est un, un seul. . . il est odieux ! j'en rougis moimême ! . . . mais il y va de ma vie , de la sienne . . . Toutà-1'lieure , ce jeune homme vous a fait demander un moment d'entretien pour se justifier. . . et de quoi?. . . ( Ai^ec colère. ) Car ce serait encore là une preuve. . , { Sp contenant. ) Mais non, non , je veux douter tant que je pourrai. . . Eh bien! cet entretien, qu'il croira secret, j'en serai témoin. . . je serai là. . .

CLAIRE

Là !.. . Vous voudriez ? . . .

AIR : Simple soldat.

Je l'entendrai , je connaîtrai bientôt

Si mes soupçons n'étaient qu'un raïn délire. Mais vous, songez qu'au geste, qu'un seul mot. . .

Non , je ne puis, jamais . . .

Qu'osez-vous dire ?

Dans vos refus je verrai des aveux. . . Pour le perfide alors plus de refuge.

Décidez-Vous; car il faut , je le veux. Que je sois son juge en ces lieux.

Ou que le fersoit ailleurs notre juge.

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