SCENE XVIII
ALFRED , entrant à gauche.
Enfin, Madame, j'ai pu arriver jusqu'à vous ! Daignez m'entendre ! c'est une fareur dont je n'abuserai pas. CLAIRE, à part.
Je respire ! . . . Bonne Marguerite!
ALFRED
Vous m'avez interdit votre maison... Quelque peine que puisse me faire cette défense, je dois en respecter les motifs; mais vous ne me croyez pas coupable. . . oh! non, et je ne chercherai pas à me justifier.
CLAIRE , l'inti-rrompant.
Il suffit, Monsieur, cela ne regarde que mon mari... ( Appuyant. ) Voilà , je pense , tout ce que vous aviez à me dire?
( Les j^ eux toujours fixés sur la porte du cabinet. )
ALFRED
Quoi! tant de froideur! M'éloigner sitôt de vous , et quand c'est un adieu,., éternel, peut-être! Non, je ne puis vous quitter ainsi! et s'il faut que je renonce à vous voir... ah! du moins qu'un regret. . . Glaire, dites- moi que vous m'aim. . . !
CLAIRE , vivement.
Moi, Monsieur... j'ignore... je ne vous comprends pas.
ALFRED
Qu'avez-vous? Ce trouble?... ces regards inquiets?. . .
CLAIRE
Non , non. . . c'est que Marguerite a peut-être oublie'... Vous l'avez rencontre'e en arrivant?
ALFRED
Ni elle , ni personne. Je craignais de n'être pas reçu , et
c'est par le jardin. . . D'abord, j'ai couru au pavillon; je vous y attendais comme autrefois^ enfin. . .
CLAIRE , dans le dernier trouble.
Monsieur, Monsieur, vous avez osé péne'trer?. . •
ALFRED
Alî ! oui. . . vous ne savez pas? hier, par bonheur, après nos adieux, j'ai ressaisi dans It s mains de Soufflot ce gage de ton amour, cette cle'. . .
CLAIRE , hors d'elle-même.
Malheureux! Je suis perdue !
ALFRED
Vous î . . . ( Ici commence la ritournelle du final. )