Claire d'Albe
iVIadame Sophie Ristaud-Cottin, née à Tonneins , en 1773, dans la religion réformée , passa son enfance à Bordeaux, où elle fut élevée avec beaucoup de soin par une mère qui aimait les arts et les lettres. D'un caractère tendre et mélancolique, elle préféra de boinio heure les jouissances du coeur à celles de T esprit.
Comme elle ne cherchait point les suffrages du monde , et qu^ellc avait plus de solidité que d'éclat dans sa conversation , ceux qui rentouraienl n'avaient point deviné ses dispositions brillantes, et son talent fut long -temps
(i)Les OEavre^ de madame Couin pouvant se vendre scpai-'-ment , celle Notice se trouvera en lèie de pluîieuw de sesouviagcs [Ai>is de l'Ed.tew.')
6 NOTICE TIÎSTOIUQUE
un secret pour sa propre famille. A Tàge de dix-sept ai:S , elle épousa un riche l)anquier. et vint linhiler la capitale. Après trois ans de mariage, elle eut à pleurer un époux qu'elle aimait tendrement. Cette perte, qu'elle éprouva au milieu des orai;es de la révolution, ne fit qu'augmenter son goût pour la retraite : l'amitié et Tétude pouvaient seules la distraire de ses chagrins.
Douée d'une imagination vive et d'une grande facilité pour rendre ses idées, elle se plaisait., dans sa solitude , à écrire les pensées qui avaient frappé son esprit. Elle était alors loin de songer qu elle occuperait un jour le public, et ne pensait qu'à plaire à ses amis^ sans avoir la moirjdre idée de son talent. Elle sVtait d'ailleurs , jusque-là , bornée à quelques pièces de vers pleines de naturel ., ou à quelques morceaux de prose dont elle seule igno-