SCENE PREMIERE
CLAIRE, brodant à gauche, M™ D'OR- MENIL, arrangeant les cheveux et le chapeau d' Euphrosine,
Mme d'ormenil. Oh! comme tu es bien ainsi, ma fille !.. . N'est-ce pas, Claire ? regarde-la.
claire. Oui, ma mère, tout sied bien à ma sœur.
EUPHROSINE. J'étais sûre de la réponse.
Mme d'ormenil. Ta toilette sera remarquée aux Tuileries.
euphrosine. Et tu ne viens pas t'y promener quelques instans avec nous ?
claire. Non; je ne sortirai pas; j'irai au jardin.
Mme d'ormenil. J'étais également sûre à l'avance de la réponse. (A Euphrosine.) En6n que veux-tu, ma fille? Claire n'aime pas à se trouver avec nous. Elle préfère la
solitude à notre compagnie, et ses pensées à notre conversation.
claire. Oh! non, ma mère; mais...
euphrosine. Tu ne peux avoir que de mauvaises raisons à nous donner ; car enfin, si tu vas te promener dans le jardin, autant vaudrait nous accompagner aux.
Tuileries, qui sont à notre porte.
claire. Non , je resterai. Il me tarde d'avoir fini...
euphrosine. Ton herbier, n'est-ce pas?
C'est bien amusant d'aplatir des fleurs entre des feuilles de papier gris ! au lieu de chercher des distractions, de venir partout avec nous!
Mme d'ormenil. C'est son caractère.
claire, debout. Si vous le voulez absolument, ma mère, je sortirai avec vous.
Mme d'ormenil. Non, non, ma fille, reste; tu es bien libre, je ne veux pas te contrarier.
CLAIRE