‹ Claire, ou La préférence d'une mère, drame en trois actes, en proseChapitre 46 sur 54 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

D'HERBIN, D'ORMENIL.

d'ormenil. Ah! te voilà ; je t'attendais.

d'herbin. Tu m'as fait dire que tu as à me parler.

d'ormenil. Mon cher ami, je suis content de toi.

d'herbin. Je ne t'en dirai pas autant,

d'ormenil. Qu'est-ce que cela me fait, pourvu que tu continues à mériter mon approbation ?

D'nERBiN. Je commençais à aimer Claire, et il me faut renoncer à elle.

d'ormenil. Eh bien! la plus délicate preuve d'amour qu'un homme de ton âge puisse donner à une jeune fille, c'est de ne pas l'épouser.

d'herbin. Ah! bah! tu me jettes toujours mon âge... /

d'ormenil. Cela retombe sur moi/**11 ne suis pas plus jeune... Ainsi tu n^feU pas te fâcher.

CLAIRE

d'iierbin. Enfin , qu'as-tu à me dire?

d'ormenil. J'ai à te dire tout ce qu'on dit à un ami , et tu es le meilleur des miens.

d'iierbin. A la condition que je ne serai pas ton neveu?

d'ormenil. Bien entendu. J'ai à te faire part de mon projet pour que tu me secondes de ton mieux.

d'iierbiïv. Qu'est-ce que c'est?

d'ormenil. Saint-Charles et Claire s'aiment, et je veux un jour les marier.

d'iierbiïv, aoec une espèce de petit dédain. Saint-Charles! un homme sans maturité, sans...

d'ormenil. C'est précisément pour cela.

S'il avait mon âge, ce serait bien différent.

d'iierbin. Ton âge?

d'oumenil. Puisque tu ne veux pas que je dise le tien!... Oui , mon ami , je désire que Saint-Charles soit mon neveu; mais , pour cela, il faut d'abord que madame d'Ormenil , que ma sœur ne s'abuse plus sur l'ajournement desdeux mariages qu'elle voulait faire. Il faut qu'elle sache bien que c'est une rupture définitive, et pour que la faute n'en soit imputée ni à Claire ni à Saint-Charles, il faut quetu dises à ma sœur que tu as réfléchi, que tu serais très-heureux, très-flatté de devenir son gendre, mais que, lorsque tu considères... enfin, que tu renonces à sa fille , à Claire.

d'iierbin. Ab ! il faut...?

d'ormenil. Eupborsine, de son côté, instruite par moi , a dû déjà dire à sa mère qu'elle renonce à Saint-Charles, qu'elle ne serait pasheureuseavec lui. Sa mère l'aime trop pour faire la moindre difficulté et pour résister à cette apparence de caprice. Une fois toi parti, et plus tard, quand j'aurai marié Eupborsine à un jeune officier, mon cousin, dont elle sera folle à la première vue , rien alors ne s'oppose plus au mariage de Claire et de Saint-Cbarles, Comprends-tu? saisis-tu? feras-tu ce que je désire ?

d'iierbin. Il le faut bien ! Est-ce que je ne suis pas né exprès pour céder toujours aux autres, surtout à mes amis?

d'ormenil. Tu vas donc à l'instant trouver ma sœur et lui dire ce qui est convenu.

d'herbin, soupirant. Ah ! je sens pourtant que j'aurais rendu Claire bien heureuse. ^ qujul^ C>t/c4LiX

d'ormenil. Oui, a ta manière ; mais ce Çst pas la bonne... Va donc.

^ierbin. Allons.

Il sort en soupirant.

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