CLAIRETTE ET CI.ATRON
montrer comment cela se pratique. (Haut.) En vérité, mon cher Tircis, vous me négligez.
LE MARQUIS
Je m’appelle Nicolas de mon petit nom, Mademoiselle, et non pas Tircis.
CLAIRON
Si ça vous est égal, Nicolas, je vous appellerai Tircis. Vous avez une physionomie de berger malheureux; qui ferait le meilleur effet sur un écran ou dans un trumeau.
Surtout à vos genoux, belle Iris.
CLAIRON
Je suis sûre que vous composez des pastorales à vos moments perdus.
LE MARQUIS
Non, ce n’est pas mon genre, je suis plus vif que cela.
CLAIRON, à part.
L’impertinent!
LE MARQUIS
Parce que je suis plus amoureux.
CLAIRON
C’est une excuse ; en vérité, M. Nicolas, je suis sotte d’écouter vos foliesj quand on est si beau garçon, on se plaît à conter fleurette à toutes les femmes.
LE MARQUIS
Il n’en est pas d’aussi charmantes que vous!
CLAIRON
Prenez garde, j’ai pris en jouant Roxane la mauvaise habitude d’être jalouse.
LE MARQUIS
Ah ! Clairon, qu’ai-je entendu?
CLAIRON, minaudant.
Est-ce que j’ai dit quelque chose’
Oh! rien, mais vous avez laissé deviner...
CLAIRON, jouant de l’éventail.
Quoi donc?
LE MARQUIS, se jetant à ses pieds.
Que je suis le plus fortuné des hommes.
clairon'*.
Le plus fat.
LE MAROUIS, à part se relevant.
Comment! (Haut.) En vérité, Mademoiselle, je ne croyais pas avoir mérité cette épithète.
CLAIRON, se levant.
Qu’est-ce qu’un fat, s’il vous plaît? Sinon un présomptueux qui se croit irrésistible et auquel on résiste assez facilement.
* Le marquis, Clairon.