SCÈNE X
LE MARQUIS, LUCRÈCE, puis CLAIRETTE.
(Lucrèce sort du cabinet avec le plateau et se met au comptoir.
LE MARQUIS
Il lTy a pas lin instant a perdre, (il remonte au fond et regarde.) Personne!... (Allant à Lucrèce.) Belle Lucrèce, on veut vous marier sans consulter votre cœur.
LUCRÈCE
C’est vrai.
LE MARQUIS
J’empêcherai ce mariage.
LUCRÈCE
Mais comment?
LE MARQUIS
J’ai une chaise et des chevaux au bout de la rue... acceptez mon bras.
LUCRÈCE
Non, Monsieur, jamais !
LE MARQUIS
Venez! venez!
LUCRÈCE
O ciel! un enlèvement, (clairette paraît.)
LE MARQUIS
Rien n’est plus à la mode.
Silence!... voici Clairette.
LE MARQUIS
Au diable la chanteuse!
LUCRÈCE, à Clairette.
Hàte-toi de partir, avant que mon père ne revienne.
Non, je reste, j’ai tout entendu, je vous sauverai malgré vous.
LUCRÈCE
Quoi! tu sais?...
Oui, M. Hippolyle... il est là.
LUCRÈCE
C’est vrai... pardonne-moi, je l’aime tant!
'Ce n’est pas une raison, je n’écoute rieu, je veux vous sauver.
LUCRÈCE
Mais que lui dire? et que faire?
* Le marquis, Lucrèce.
Vous avez peur? je vais amener du renfort et je l’obligerai bien à partir... laissez-moi faire, vous allez voir... (Elle se pose
au milieu du café, prend sa guitare et commence un prélude. — Tous les yeui se dirigent de son côté. — Elle chante.)
Air nouveau de Montaubry.
Écoutez de Clairette La nouvelle chanson,
Vive la chansonnette Qui donne une leçon 1
(Elle se tourue et regarde Lucrèce en chantant ces deux vers.) CHOEUR.
Écoutons de Clairette La nouvelle chanson.
Vive la chansonnette Qui donne une leçon!