‹ Clairette et Clairon comedie en deux actes, melee de chantChapitre 15 sur 49 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

C’est sans condition.

ALC1NDOR.

Mademoiselle voudrait-elle alors me dire quelle est la différence entre la rue et le café?

S’il y en a une, elle est à l’avantage de la rue : il y a plus d’air. (Rires.)

ALCINDOR

Voici la définition de M. le lieutenant de police : Un café, est un endroit public où l’on consomme.

Eh bien, je consomme ! (Elle boit un verre d’eau.) Qu’as-tu à dire?... (Rires.)

ALCINDOR

De l’eau claire! ce n’est pas ici la Samaritaine.

Au fait, tu as raison. Holà ! Jean !

JEAN

Voilà! voilà!

Du champagne, et du Vneilleur. Je n’en ai jamais bu, c’est une occasion de faire connaissance. On dit que c’est le vin des poêles, des amoureux et des artistes. Moi, je me sens assez de folie et de cœur pour être à la fois amoureuse, artiste et poète.

ALCINDOR

Est-ce que je suis rien de tout cela, moi?

Aussi tu ne boiras pas. Jean ! des verres à ces messieurs et à ces dames.

ALCINDOR

Du champagne à une chanteuse des rues 1 quand ce sont les gentilshommes seuls qui se le permettent chez nous. On a bien raison de dire qu’avec ces gens-là, ce qui vient par la flûte s’en retourne par le tambour.

Maintenant, buvons à la santé de Melpomène et de Thalie, les deux muses du théâtre.

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