SCÈNE XI
Les précédents, CLAIRON. -
CLAIRON
Eh bien, est-ce Uni?
PECCADILLE, sur l’échelle.
Ah! il faut donner le temps aussi, (il se retourne, aperçoit Clairon et laisse tomber les portières.)
CLAIRON
Que vois-je! monsieur le marquis posant mes rideaux et mon tapissier qui le regarde faire.
LE MARQUIS
C’est une leçon que je prends.
C’est une leçon que je donne.
CLAIRON
C’est singulier. 11 me semble qu’ils sont tous deux à leur place. Ah! la destinée est bien injuste. (Écoutant.) Qu’cst-ce que c'est donc?., c’est la sérénade des nuits de Paris que je chantais au café des Neuf-Muses.
CHOEUR
Nuits d’Espagne, nuits d’Italie,
Nuits de Provence, nuits d’Asie,
De vos splendeurs on est épris ;
Mais que direz-vous, Sylvie,
Des belles uuits de Paris?
LE MARQUIS, à Peccadille.
C’est ma sérénade.
PECCADILLE, à Clairon. >
C’est une surprise que j’ai voulu vous faire.
CLAIRON, au balcon.
Attendez, Messieurs, Clairette n'a pas oublié sa partie. (Elle
chante.)
Le ciel d’Orient,
Le soleil couchant.
N’ont pas de merveilles A ces nuits pareilles:
Regards amoureux El vins généreux.
Coupes et prunelles Ont des étincelles;
Minois sémillants.
Et propos galants ,
Font des nuits charmantes.
Des nuits ravissantes.
(Après avoir chanté.) Merci, merci, mes amis. Où donc ai-je mis ma bourse?.. Marquis, la vôtre, s’il vous plaît, (peccadille s’empare de la bourse du marquis qui la présentait à Clairon et il la lui donue.)
PECCADILLE
Prenez donc garde, chère amie; il y a quelques pistoles!
CLAIRON
Qu'est-ce que ça fait, je ne vous les rendrai pas.
LE MARQUIS, à Peccadille.
Comment, tu me prends ma bourse?
PECCADILLE
Je me paye la pose de mes rideaux.