SCÈNE y
Clari paraît, elle a encore l’air fatigué du bal de la veille. Elle demande à Betti , avec un air de bonté, d’où viennent ces cartons. Lorsqu’elle apprend que c’est le Duc qui les a fait apporter, elle paraît étonnée qu’il se soit retiré si promptement. Betti s’empresse de lui dire qu’il a promis de revenir bientôt. Cet espoir calme Clari , et elle s’occupe avec plaisir des nouveaux cadeaux de son amant.
Tous lui paraissent charmans. Betti en fait les plus grands éloges ; mais tout en les considérant, Clari devient rêveuse; la présence de Betti semble la gêner ; elle trouve un prétexte pour l’éloigner, afin de rester seule. Lorsqu’elle est partie , Clari porte scs regards sur ces riches parures , et sou»pjre ; elle sent que rien ne peut appaiser le trouble de son ame. Elle tire d’un tiroir un vêtement de villageoise, qu’elle considère avec attendrissement. Elle semble regretter la tranquillité dont elle jouissait quand elle portait ce modeste vêtement. Ses torts envers ses parens, la gravité de
sa fa\ite , viennent tourmenter sa pense'e ; elle exprime : je puis braver les coups du sort , mais non pas les regards d’un père ; pour m’exposer à sa colère , non ! mon cœur n’est pas assez fort.