‹ Clari, ou La promesse de mariage, balletpantomime en trois actes, represente, pour la premiere fois, a Paris, sur le theatre de l'Academie Royale de Musique, le lundi 19 juin 1820Chapitre 22 sur 40 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Se trouvant seul avec Adina, le Comte se décide à lui déclarer les sentimens qu’il ne lui avait encore exprimés que par ses regards. Adina trouve dans sa vertu des moyens pour résister aux attaques du Comte ; elle fait entendre quelle n’est que la fille d’un fermier , et qu’elle ne doit pas même se permettre le moindre regard dont le Comte fût l’objet. Celui-ci alors déploie tous les secrets de sa perfidie ; il l’assure qu’avec sa beauté et sa jeunesse , elle a le droit de prétendre au

rang le plus élevé ; enfin , il se jette à ses pieds , lui promet de devenir son époux, et lui en donne la.proniesse par écrit. Ce moyen réussit au gré du Duc, et Adina a l’imprudence de lui faire l’aveu des sentimens d’amour que le Comte lui avait inspirés.

Clari s’étonne de la conformité de cette situation, avec ce qui lui est arrivé à elle-même. Elle communique sa pensee à. Betti.

Le Comte triomphant et maître d’un cœur sensible , déclare que c’est le lendemain gu’il compte l'épouser. A cette nouvelle, Adina ne peut contenir l’excès de sa joie; son cœur sensible se livre à l’expression du plus tendre amour. Le Comte avec passion la presse contre son sein.

Clari se tourne vers Betti pour cacher le trouble qu’elle éprouve en ce moment. Betti , tendrement émue à la vue de ce tableau, lui répond : Ah ! madame que c’est joli !

Mais quelle est la surprise d’ Adina , lorsqu’il la prévient qu’il faut qu’elle le suive à l’instant même à son château. Elle réfléchit sur cette proposition ; ses parens occupent sa pensée ; elle veut avant de partir les instruire de ce qu’ils ignorent ; mais le Comte s’y oppose : des motifs relatifs à son rang exigent que leur mariage soit tenu secret, jusqu’à ce qu’il soit effectué. Il promet qu’il viendra ensuite l’annoncer lui-même aux paréos d’ Adina. Adina , par amour pour le Comte , a pu oublier les sentimens de la vertu , mais ceux de la na-

ture pénètrent encore son cœur. Elle ne peut les trahir au point de s’éloigner de son père et de sa mère , sans leur apprendre, du moins, la cause de sa séparation. Quelles que soient les raisons d’Adina , le Comte les rejette; il lui fait entendre que si elle persiste à vouloir prévenir ses parens , il faut renoncer à leur mariage , et la presse tendrement de le suivre.

Clari , tout en proie à l’illusion , fait signe h Adina de ne pas écouter ce conseil.

Cependant , Adina se révoltant à l’idée d’abandonner ses parens, le Comte feint le plus grand désespoir; ses regards sinistres, semblent annoncer que l’existence n’est plus pour lui qu’un affreux tourment. Il fait de douloureux adieux à Adina , et se dirige vers le bois en portant la main sur la garde de son épée , comme détei'miné à s’en percer. Adina , saisie de frayeur , court après lui, se jette à genoux , et le supplie de ne point l’abandonner ; mais son ame n’ayant jamais éprouvé de secousse aussi violente, elle perd connaissance.

Clari prend la main de Betti, qu’elle serre fortement, en exprimant : voilà ce qui m’est arrivé.

Le Comte prend une prompte détermination. Aidé d’un de ses domestiques , il transporte Adina dans une voiture qui l’attend à peu de distance. Cette voiture passe devant la ferme. Adina s’avançant tant qu’elle peut par la portière , jette un cri perçant et lamentable. Le Comte , qui la retient , la force de rentrer

dons la voiture , qui s’éloigne avec la rapidité de leelair.

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