SCÈNE II MADAME BÉDOUIN, FOUGERAY
MADAME HÉDOUIN
Ça ne vous étonne pas, tout de même ?
CLAIUSSE AHH01S
FOUGE&AY
Quoi, madame Hédouin?
MADAME BÉDOUIN
De me voir ici. (Montrant les portraits.) Quand on pense au nombre de fois qu'Ade-
line les a trompés tous les ileux !
F0DGEBA1
Etant donné que madame de Cantigny était votre amie d'enfance...
MADAME HBD01 IN
Oh ! Ce n'est pas tant ça. -Mais je nous ai
dit, quand je suis restée veuve., sans le sou,
toutes les dames de Rouen, mes amies, au
lieu <le me rendre Bervice, se sont esqui-
FOUGERAY
Et c'est elle seule, spontanément, qui est
venu»' exprès île |»,uis |iour se jeter à votre
cou, vous offrir son aide, vous tirer de peine, enfin, en vous procurant des leçons de musique?
MADAME HÉDOUIN
Oui... Une femme a beau être une grande juVIieresse...
FOUGERAY
Évidemment !
MADAME HÉDOUIN
Et quand elle a été malade, il y a six mois, quand elle m'a fait appeler à son chevet, vous auriez fait comme moi? Vous seriez venu?
FOUGERAY
Sans aucun doute.
MADAME BÉDOUIN
Et le rôle que j'ai aujourd'hui chez elle, ce rôle — coriment dirai-je? — de confi-
CLABfSSE ARBOIS
dente, de directrice de conscience, qui inllmsur une amie pour la ramener tout à fait au bien, ce rôle- là, en lin...
Foi GEBA1 Mais je le lrou\ e sublime !
RADAME BÉDOUIN
(lame l'ait bien île vous l'entendre 'lire. Georges. Vous qui ail»-/, épouser ma fille...
I '.rilAY
Ji- «lis ee que tout le momie dit ! VoBE une sainte!
HADAME III im.i |\
C'esl aussi ce que j'ai voulu l'aire de Jeanne. Vous m'en approuvez?
FOUGERAY
Oh! Pleinement! Qui dit Ignorance dil Chasteté, qui dit Chasteté dit Famille. Quand les jeunes tilles ne sont pus carrément...
des jeunes filles, une nation est en décadence! (Avec mépris.) Moi, voyez-vous! on peut me parler du genre américain !...
MADAME BÉDOUIN
Vous raisonnez de ça en penseur !
FOUGERAY
C'est ce qu'il faut !