SCÈNE M I LARISSE, CHÉRON
clahisse, allant ouvrir In porte de droite. Paul!
CBRRON
Qu'est-ce qu'il y a donc .'
Mais ta tante est bouleversée! Il parait quel' Impartial t'attaque !
CHÉRON
U Impartial?
CLAIU
Nous allons voir <;a!... Je l'ai là... (Elle prend un des journaux qui sont sui table et le lui tend. |
chéron, parcourant fiévreusement le journal et, soudain, jetant un cri indigné.
Cochon !
Clarisse, qui a ht par-dessus son épaule.
Mais je ne comprends pas, moi ! « On parle de M. Chéron pour les Colonies. Nul, en effet, n'est mieux placé pour connaître la vie exotique. Nous renseignerons demain nos lecteurs, plus exactement, sur le séjour
l'il fit il y a dix ans à Saigon »... Qu'est-ce
le ça veut dire ?
CHÉRON
Qu'ils savent tout, parbleu!
Quoi?
CHERON
Que j'ai été condamné en correctionnelle!
Toi!
\H'2 CLARISSE AKBOIS
•HERON
Pour adultère !
Avec qui '•'
UII.HO.N
Avrc la Icmnif du patron de L'hôtel, une espèce <le monsieur Marneffe !...
MarncHe?
CHKRON
Mais non! U s'appelail Ghambord. Cet individu-là, (|uoi ! envoyai! sa femme près des voyageurs riches. Après, il arrivait, faisait du tapage, il menaçait «l'un proci
Pour avoir de l'argent?
CHERON
Et je n'ai pas voulu donner dans !»• chantage !
Il t'a poursuivi?
GHÉRON
Parbleu ! Il tenait à faire un exemple, pour ceux qui viendraient après moi ! Et j'ai eu deux jours de prison!
Comment vas-tu, aussi...
Al) ! A vingt-six ans , on n'est qu'un gosse ! Quand il entre chez vous une créole, 1res élégante, en peignoir léger!...
Vous êtes répugnants tout de môme,
ms, nous autres hommes!
CIIÉRON
Pourquoi ça?
[ais c'estvrai! Comme ça, tout de suite!..
chéron, de plus en plus préoccupé .
Ah ! Là ! là ! là ! là ! Bon Dieu !
Mais ce n'est pas déshonorant, voyons ! Ce n'est qu'un peu ridicule !
CHERON
Justement! On me traiterail de gredin, parbleu! Aujourd'hui, dans les polémiques politiques, ça n'a plus aucune importance! D'autant plus que tout le monde, pour moi, sait bien que ça n'est pas vrai!... Mais Ils vont publier lejugemenl ! .Mois la blague dans la petite presse, la caricatures, les revues de lin d'année! Tu ne connais donc pas le public en France, voyons! Sur dix lecteurs de journaux, il oeuf imbéciles ! Un homme peut avoir derrière lui vingt années de travail sérieu> cet homme s'est laissé pincer dans une
aventure bête, on oublie tout <;a, on ne retient que ce qui fait rire ! On le désigne sous le surnom que lui ont donné quelques crapauds !
Tu ne connais personne qui pourrait arrêter ça, s'entremettre?
chéron, éperdu.
Mais je ne sais pas!... Et avec des attaques pareilles en perspective, j'aimerais ix renoncer au ministère!... {Réfléchis* f.) J'ai envie de voir Liéville ! Il medonlit peut-être un bon conseil ! . . .
CLARISSK
ras-y, mon pauvre petit!... Tache de te calmer un peu! (// mel son parde&suSj son chapeau. Clarisse /•</ chercher sa canne dtins le piano et la lui tend. )
CHÉRON, la regardant .
îh bien ! Qu'est-ce que lu as ! Tu pleures?
1811 CLARISSK ARBOIS
clarissk, a'essuyani les yeux.
Mais c'est \ rai ! On n'a jamais un moment <le bon!... (On frappe à ht porte.) Entre/! {Amélie parait nu fond.) Qu'es •ju"il j
A. Mi
C'est M. Desrosiers, mademoiselle!
Bon! Maintenant ! Il revient avec sa pince]
CHÉRON, l'embrassant.
A ce Boir, alors;'
CLABISSB
Ne te lais pas trop de bile, hein !.. . Di l'énerg
oilKHON
Otti !... Tu es gentille, mon chat!... Wi revoir !
CLAJ
\u revoir! [Ghéron sort pur la droite
premier plan. ) Faites entrer, Amélie. (Amélie se retire et introduit Desrosiers.)