‹ Clarisse Arbois; comédie en trois actesChapitre 69 sur 72 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CLARISSE, CHÉRON. Voulant toute cette scène, on entend un violon dans la coulisse, jouer le Nocturne

en mi bémol de Chopin.]

Clarisse, se retournant.

Paul !

< lll'.RON Tu es folle, enfin 2

CLABI8SI

Paul, je sais paratl r«- en serne, «'coule ! -le t'en supplie! Voilà trois heures que je glote !

CHÉRON

Moi aussi! (Sa voix se brise.) J'ai revu tous nos souvenirs, tiens. — les plus insignifiants, depuis ce dîner à Chaville ! Quand je pensais que c'était fini, que tu ne m'ai-

mais plus, que jamais plus on n'aurait de soirées comme ça!...

Ah ! Tu n'es qu'un enfant !

CHÉRON

Et toi, tu n'as pas de cœur !

Moi?

CHÉRON

Mais alors pourquoi cette lettre, enfin? Pour qui m'as-tu pris? Tu t'es figuré que je voulais te quitter? Tu vas croire cette vieille cruche! Mais « plus tard », ça voulait dire jamais, voyons ! Tout ça n'est pas sérieux !

Enlin, ce qui l'est, sérieux, c'est que moi,

je mettais ma vie sur toi comme une aveugle !

11 faudra bien que tu me quittes un jour,

n'est-ce pas? Eh bien! en attendant, je te

'2'AH 0LAMS8E AMI!. ils

donne mon existence, je ne pense plus qu'à toi, je ne vois plus que par toi, je suis comme hypnotisée! Que ça dure encore, et !<■ jour où nous nous quitterons je serai une victime!... Il y a des semaines, que je pense à toul ça ! Nous faisions les fous, [es enfants! Va toi. lune te doutais de rien!

Illl lt"\

Eh bien! Pourquoi ne pas m'en faire part, au lieu il»' croire que j'allais te quitter?

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