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INTRODUCTION

Le problème de la classification des artérites des membres est des plus difficiles. Il n’est pas question de lui SHONE une contribution vraiment originale.

Soulignons d'emblée que nous ne pouvions qu’abandonner délibérément tout le côté théorique du problème. Le fond de notre travail est d’ordre essentiellement pratique. Il se ramène à envisager comment peuvent se. classer les : artérites des membres à propos d’une série définie de malades. La seule base solide que nous avions à notre disposition est constituée par les observations cliniques puisées dans le service de M. le Professeur Ducuing. Nous avons étudié toutes les artérites des membres qui ont été examinées et traitées dans son service d'hôpital par notre Maître et ses assistants ainsi que la plupart des malades de clientèle privée de cette même équipe durant une période de quatre ans. Notre série part de 1947, car cette date correspond à peu près à l’utilisation systématique de l’examen artériographique dans le service et à la mise en œuvre d’une thérapeutique chirurgicale codifiée. Elle se termine à la fin de 1950 car il nous est apparu que nous devions disposer de ce recul minimum pour nous faire une idée de l’avenir des opérés.

Notre matériel d'étude comporte malheureusement bien des lacunes, mais il possède l’avantage d’une unité indiscutable. Il s’agit d’un groupe continu de malades qui, pendant quatre années successives, ont été examinés, artériographiés et opérés par une même équipe, selon une technique de routine. :

Nous n'avons pas la prétention de tout dire sur les artérites. Nous essaierons seulement d’enregistrer ce que nous avons personnellement constaté, renonçant d'avance à tout

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appareil bibliographique. Ce que nous avançons est d’ordre essentiellement clinique et de cela nous sommes sur. C’est ce que nous a appris l'étude du dossier, l’examen des artériographies, le contrôle des malades opérés, contrôle clinique et, lorsque cela a été possible, contrôle artériographique.

Le principal reproche que notre essai encourt réside, nous semble-t-il, dans le nombre limité des observations. Nous ne le savons que trop et nous ne nous lasserons pas de signaler, chemin faisant, toutes les réserves que nous formulons nous-mêmes sur les conclusions que nous serons amenés à tirer. Conscient de cette grave lacune, nous nous refusons délibérément à toute vue d'ensemble d'ordre statistique, qui serait entachée d’erreur. Nous resterons autant que possible au contact des faits et la rançon de cette attitude sera que notre exposé s’alourdira trop souvent de l’analyse précise d’observations.

Ce serait une grave erreur de jugement que d’inférer de ces cas spéciaux à des règles générales. Nous nous rendons compte que nous risquons d’y être trop souvent contraint.

À étudier les observations, à revoir les malades opérés, il nous est apparu que pour un esprit chirurgical, le problème de la classification ne pouvait se séparer des indications thérapeutiques qui en découlaient et, en définitive, des résultats que nous enregistrions. Ainsi, nous avons été comme conduit à traiter d’une manière indissoluble de la classification et des résultats du traitement chirurgical des artérites des membres. C’est en ce sens que cette étude est d'inspiration essentiellement pratique. Elle consiste à considérer, sur le terrain clinique pur, les artérites des membres. Elle s’est ramenée à étudier les malades, à enregistrer les traitements qu’ils avaient subi, à contrôler personnellement les résultats. Pour chaque malade, le type même de sa maladie nous était fourni par l'intervention pratiquée. Nous sommes donc enclins à considérer que la classification des artérites des membres n’a d'intérêt immédiat qu’autant qu’elle revêt une portée pratique pour des chirurgiens. Bien plus, il nous a semblé que l’on devait envisager les distinctions de la classification comme tranchées avec la plus’ extrême netteté. Nous renoncerons ainsi délibérément à

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nous interroger sur la valeur absolue de la classification que nous utilisons. Nous ne l’envisageons que comme comportant une portée pratique, d'ordre chirurgical. Dès lors, notre étude se divise en deux parties.

Dans une première partie, nous considérons une série homogène de 150 artérites des membres inférieurs. Nous nous attachons à l’étudier sous divers angles, en restant toujours sur le plan de la clinique et en nous efforçant de préciser dans quelle mesure s’individualisent des formes particulières

Nous abordons alors le fond du problème de la classification des artérites, en montrant qu'il se concentre en réalité, sur la catégorie des artérites du sujet jeune.

Notre thèse est que le point de vue pratique impose la division absolue en thrombo-angiose, d une part, en artérite

du type artérioscléreux, d'autre part.

__ Nous essayons enfin de préciser quels sont les éléments cliniques qui peuvent amener au diagnostic de thromboangiose en nous basant, ici encore, sur nos seules observations.

Dans une deuxième partie, nous ne tenons plus compte que des malades opérés et uniquement de ceux ayant subi des interventions conservatrices.

La classification que nous avons adoptée au terme de notre première partie est maintenant appliquée à l’appréciation des résultats de la thérapeutique chirurgicale. Nous envisageons les résultats d’une façon absolument tranchée, d’une part, pour l’artérite artérioscléreuse, d’autre part, pour la thrombo-angiose.

Quels sont les enseignements qui se dégagent de ces résultats, dans quelle mesure le type de l’artérite influe-t-il sur l'avenir du mdälade opéré, à quoi peut, en définitive, prétendre la thérapeutique chirurgicale dans l’un et l’autre des deux grands groupes d’artérites ? C’est ce que nous essayons de voir en terminant. Là-encore, nos conclusions restent sur le plan clinique et répondent à une inspiration essentiellement pratique.

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