PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES CAS
Notre statistique groupe l’ensemble des artérites des membres observées à l’hôpital ou en clientèle privée, par les membres du service de M. le Professeur Ducuing, de janvier 1947 à décembre 1950.
Nous pouvons ainsi donner une vue d’ensemble comportant :
— les cas seulement observés,
— et les cas traités ; qu’il s’agisse de cas traités :
— médicalement : nous entendons par infiltrations sympathiques et injections intra-artérielles ; — chirurgicalement : qu’il s'agisse de chirurgie — mutilatrice — ou conservatrice.
Statistique 19 Nombre des cas observés entre 1947 et 1950 : 150. — en 1947 : 27 — en 1948 : 37 — en 1949 : 26 — en 1950 : 60
20 Nombre de cas traités :
A) Traités médicalement : 15 RQ 3 Fk B) Traités chirurgicalement :
— chirurgie mutilatrice: 19 4 2 13 — chirurgie conservatrice 107 20219300%:725%,199
39 Nombre de cas seulement ob- SERV ES AO NET E Sr R TTe 1 J y
foie Commentaires
19 Cas observés et cas traités :
Sur 150 malades, neuf ont été seulement observés, c’està-dire, à peine un malade sur 15. Il s’agit le plus souvent (5 cas) de malades ayant refusé le traitement chirurgical proposé (trois fois : opération sympathique; une fois : opération surréno-sympathique ; une fois : amputation de cuisse). Dans deux cas, aucun traitement, même médical, ne fut institué parce que les troubles artériels étaient tout à fait au second plan, une fois chez un asystolique, une deuxième fois chez un aorto-coronarien présentant un anévrysme du cœur.
Dans un cas, l'intervention projetée (surrénalectomie) dût être interrompue dès le temps pariétal, en raison du développement d’un collapsus ne cédant pas à la réanimation.
Dans un cas enfin, le malade décédait le lendemain de son admission au service. :
En définitive, il apparaît que deux malades seulement sur 150, furent jugés comme non justiciables d’une thérapeutique active.
20 Cas traités médicalement et chirurgicalement.
Par cas traités médicalement, précisons que nous entendons ceux ayant subi uniquement des injections intraartérielles ou des infiltrations sympathiques, ces actes devant se suffire à eux-mêmes et ne pas servir de test ou de traitement pré-opératoire à une intervention projetée. Par contre, nous rangeons dans ce groupe, les cas s'étant terminés par une amputation non projetée, mais imposée par l’échec du traitement médical.
Dans trois cas, le traitement médical parut d’emblée suffisant, en raison de son efficacité et aussi en raison de la modicité des troubles artériels :
— deux fois par infiltrations lombaires, — une fois par injections intra-artérielle.
Dans deux cas, seules des infiltrations lombaires furent pratiquées en raison du refus opposé par le malade à une sympathectomie. <
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Dans sept cas, le traitement médical parut seul de mise en raison de l’âge avancé ou d’un état de déficience particulièrement marqué des grands parenchymes (cerveau, myocarde).
Dans trois cas, les infiltrations lombaires ne purent empêcher, deux fois l’extension d’une gangrène, obligeant à pratiquer une amputation de cuisse, une fois l’évolution d’une gangrène diabétique infectée d’un gros orteil, d’où amputation secondaire de l’orteil.
Il apparaît donc que, sur les 15 cas traités médicalement, près de la moitié le furent par nécessité, le traitement chirurgical paraissant d’emblée contre-indiqué ; une fois sur cinq seulement, la thérapeutique médicale fut jugée suffisante, c’est-à-dire, par rapport à l’ensemble de notre série, une fois sur 50 malades. Cette proportion doit cependant être envisagée avec une certaine réserve, car ne parviennent, en général, au service, que des cas jugés susceptibles d’être traités par la chirurgie.
30 Chirurgie conservatrice et chirurgie mutilatrice.
On ne peut manquer d’être étonné par le rapport des interventions mutilatrices : 19, et conservatrices : 107, c’est-à-dire moins d’une intervention mutilatrice pour cinq interventions conservatrices.
En réalité, par chirurgie mutilatrice nous entendons les amputations exécutées d'emblée. Les amputations que l’on a pratiqué en cas d’échec d'interventions conservatrices ne sont pas comptées dans ce groupe, et pas davantage, celles qui n’ont pu être évitées à la suite d’un traitement médical par infiltrations sympathiques ou injections intraartérielles. C’est dire que le nombre d'interventions mutilatrices sera, au bout du compte, plus élevé qu'il n’apparaît dans cette présentation générale des cas. Nous venons de voir que, par suite de l’échec du traitement médical, on avait dû pratiquer deux fois une amputation de cuisse, une fois une amputation d’orteil.
Beaucoup plus élevé sera le chiffre des amputations secondaires à l’échec des interventions conservatrices.
CA ds Conclusions
19 Les artérites non justiciables d’une thérapeutique active sont absolument exceptionnelles.
20 Aux yeux des chirurgiens, du moins, la thérapeutique des artérites est, dans la presque totalité des cas, d’ordre chirurgical.
30 A l’heure actuelle, la chirurgie conservatrice peut être envisagée dans les 4/5 des cas environ, la chirurgie mutilatrice d’emblée s’impose seulement une fois sur cinq.