‹ Classification et Traitement des Anorexies du NourrissonChapitre 17 sur 20 · OBSERVATION N° XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° XV

(Docteur R. Pétél, Toulouse).

N.: "Agnès, née à terme, poids de naissance : 2 kg. 709. La mère a présenté de l'anorexie mentale au cours de la première enfance. Il persiste encore une anorexie élective pour la viande. | Re |

Anorexie dès la naissance, puis va en s'accentuant. Premie examen à 16 mois, poids actuel : 7 kg. 800, hypotrophie avec insuffisance pondérale, mais sans troubles digestifs, pas de rachitisme, pas de spasmophilie. Coeur et poumons : RAS, Enfant criard, rebelle à l'examen. Tend à se faire vomir lors des cris. Traitement : Insuline, 5 unités par jour, 3 ampoules de Stérogyl 15. Résultat : 0.

Revue à 20 mois; poids actuel : 7 kg. 500, anorexie toujours aussi marquée. Véritable psychose familiale, la mère ne mange plus. Les repas sont vomis régulièrement par la mère et la fille. On réussit à faire. accepter l'isolement : l'enfant est confiée à une nurse suisse, au bout de 1 mois 1/2, l'amélioration est manifeste, l'enfant plus calme, mange mieux. Mais, la mère ne veut pas se séparer plus longtemps de :'enfant qu'elle commence à voir l'après-midi. Aussitôt, la nervosité augmente, la perte de l'appétit reparait; la nurse excédée par l'incompréhension de l'entourage, abandonne la par-: tie. L'enfant est repris par la mère.

Catastrophe... À 26 mois 1/2, le poids est de 8 kg. 500, agitation extrême, insomnie, anorexie à peu près, complète.

Un ?me et un 3me bébé naissent qui présentent dès le premier mois, une anorexie identique.

Cette remarquablé observation d’anorexie. mentale : essentielle ‘” démontre } |

1° L'influence primordiale de l’hérédité névropathique ;

2° Le caractère exclusivement mental de cette psychose;

3° L'influence majeure de l'entourage familial sur l'évolution du syndrome qui légitime l'isolement.

OBSERVATION N° XVI (Docteur A. Laville, Toulouse).

B.. Michel, né le 8 décembre 1944. Poids à la naissance :

3 kg. 450. Nourri au sein jusqu'à 3 mois, puis au lait con-

centré sucré. Premières bouillies à 6 mois, correctement alimenté par la suite.

Vu pour la première fois le 26 juin 1946 pour anorexie totele, évoluant progressivement depuis 1 mois. Poids 11 kg. 700, 14 dents, enfant éveillé, intelligent et vif, type iongiligne. Cuti-réaction négative, examen clinique négatif. Refus systématique de la nourriture qui n'est: absorbée que sous là pression de l'autorité paternelle, mais est vomie dès le départ du père, même si ce départ a lieu plus d'une heure après. l'absorption, vomissements apparemment sans: effort.

Exämen radiolgique de l'estomac : Petit estomac légèrement

hypertonique. ; On institue sans succès un traitement à base de gârdénail, vitamines A.C.D. et R.U.V. L'isolement, facile à réaliser, est

prescrit sans effet. Devant l'amaigrissement sensible (perle

de 500 gr. en 15 jours), un traitement insulinien (10 unités’

d'insuline + 20 cc. de sérum glucosé) associé au gardénal injectable (0,04 pro dic) est décidé. Il déclenche un appétit vorace non suivi de vomissements ; mais l'anorexie réapparait

dès que les injections sont espacées, puis suspendues. L'en-

fant part alors à Salies-du-Salat. ‘Il est revu le 27 aout 1946,

pesant 11 kg. 600, toujours anorexique. On effectue alors une *

série de 12 injections de 2 cc. de calcium intra-musculaire associé alternativement à une ampoule injectable de vitamine C. de vitamine PP et de Bévitine au rythme de 3' injections

par semaine. Chaque injection donne liéu à des crises colé-\°

reuses d'une violence inouïe, à l'issue desquelles ‘l'enfan!

s'endort, épuisé. ? Mr Le gardénal est continué per os, ainsi que des extraits hé-

ratiques buvables.

Après 15 jours, l'appétit s'améliore, l'enfant est plus calme,

dort bien, et après un mois il est revu pesant 12 kg. 300 et

s'alimentant avec difficultés, mâis à peu près normalement. Ce résultat se maintenait en janvier 1947.

Nous avons tenu.à publier. cette observation, :mal-.

rire “qu, ‘elle démontre le rebondissement en re cas-

début, entraîne des troubles organiques Qu; métabode du Ca. puis une ue à ne

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A | OBSERVATION N° XVI | (Docteur R. Pétel, Toulouse). Re

G, Antoinette, 10 mois. Père et mère bien portants. Accou- o

chement normal,-née à terme. Poids à la naissance : 3 kg. 800, nourrie au sein. Aucun antécédent jusqu'à 10 mois, alimentaon correcte, très bel enfant.

j 4 En mai 1947, toxicose cholériforme grave en relation avec: une oto-mastoïdite latente. Double antrotomie. Perfusion vei-

neuse, pénicilline, novocaïne intraveineuse pour convulsions subintrantes. Guérison absolue. Reprise de l'alimentation avec k Arobon, bouillons de légumes, très difficile ; vomissements et \) diarrhée reprennent; mise au sein avec deux bouillies maltées, L'enfant continue de maigrir et il s'installe une anorexie.

Divers régimes sont essayés sans sucéès : muqueuses vernis- :

sées avec muguet.

Traitement : dyspeptine, solution de Bourget, génatropinñe Le

chloridia' et gerdénal. Infiltration du splanchnique; résultat: négatif. Anorexie totale à tous les aliments ; vomissements + + KRedio : négative ; spasme du-cardia et du pylore. : L'état s'aggrave de plus en plus; une vérification de là ci- catrice opératoire ne montre rien d'ancrmal du côté de l'antre: à Sérum en goutte à goutte sous-cutané ; mais l'anorexie per-

siste, la maigreur est telle qu'on s'attend à tous moments à : -:

une issue fatale.

Lorsque l'un de nous est frappé par l'état des muqueuses gingivales : fuméfiées, saignantes ; cn-institue un traitement par Laroscorbine injectable, 2 ampoules par jour, Fubriose à 100, 2 ampoules. |

Dés le 4me jour, l'améliotation est Hate Les Vornis-

gré cn ‘elle pr cu is des. anorexies du | nourrisson proprement dit. (enfant âgé de 2 ans +2).

RES de du syndrome anorexique qui, d'inorganique au

sèments cessent, l'enfant folère le sein et le prend avec avidité, \

La thérapeutique est continuée pendant 10 jours. L'anorexte cesse immédiatement ainsi. que les troubles dos

Il s'agit là d'une anorexie tte er Avaniie nose €. 3

OBSERVATION N° XVII (Docteur R. Pétel,; Toulouse).

A. Joseph, né le 7 mars 1941, vu le ler mai 1943, à Pamiers. Père a eu 2 enfants eczémateux. Mère, bien portante, accouchement normal, né à terme. Poids à la naissance 3 kg. 450. Nourri au lait concentré sucré jusqu'à 6 mois, puis au lait de vache ; première bouillie à 6 mois. N'a jamais fe/ché, première dent à 18 mois.

A.P. : coqueluche en 1942, eczéma dé la face après l'âge

de 3 mois : eczéma chronique grave, poids actuel : 10 kg. 525. Anorexie depuis l'âge de 5 mois. Alternative dè constipation et de diarrhée; selles abondantes ; gros ventre météorise. Foie et rate normaux. Pas de signes de rachitisme. Radio pas de périostite ou d'ostéochondrite ; gros mégacolon. B. W. (mére), négatif. Urine, albumine : 0.

Traitement : Antergan; extrait thyroïdien; Stérogyl 15. Sérothérapie maternelle. Le 9 décembre 1943, poids : 9 ka. Éczéma de la face et du cuir chevelu persistant, Petits élé-

ments de prurigo de Besnier sur le corps ; poids stationnaire,.

hypotrephie aussi manifeste, anorexie tenace, marche. Ventre gros, selles luisantes, abondantes et graisseuses. Coeur normal. Infiltration du splanchnique réduit le mégacolon et règularise le transit. 3 séries de Splénocrisine. Nicobion.

Le 22 juin 1944, poids ! 12 kg., eczéma a disparu. Amélioralion considérable de l'état général, appétit à peu près normal; enfant, méconnaissable. IL persiste seulement du météorisme æbdeminal.

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ane NS pe

Conclusions générales

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A. Classification.

Toute classification des anorexies du nourrisson basée sur l'étiologie et la pathogénie est sujette à discussion par suite des incertitudes, des divergences de vue et de la complexité qui obscurcissent ces données.

. En tenant compte de ces faits, nous avons adopté une classification basée précisément sur la plus ou moins grande complexité de ces éléments.

B. Valeur du syndrome anorexique.

Le syndrome anorexique pose au praïicien, par sa fréquence, un problème ‘quotidien, car il tient une place énorme dans la pathologie des affections du nourrisson.

Le syndrome anorexique n'est pas une entité morbide, mais un syndrome variable en sa date d’apparifion, son intensité, sa fréquence, son, rythme, sa durée et sa. ténacité. Ces variations de caractère ont, dans certains cas, une importance clinique.

Les syndrome anorexique a une. grande valeur

séméiologique. îl ne. ui comme aie. | dans les états de prédénutrition et de carence, dans les dystrophies alimentaires. les erreurs ‘alimentaires, les erreurs de sevrage; dans. l'acrodynie, etc. et dans la. période d' état des. affections que nous avons décrites au. cOUrs de notre exposé. | 5

Le syndrome. anorexique àa une. nn primor- . diale dans la genèse des états RYBOIRÉÉRSIAUS athrepsiques et cachectiques du. pue

Le dote anorexique a une grande Valeur pro.

nostique : c'est souvent sur sa disparition que l’on constate un acheminement, vers la guérison ; son maintien indique un état traînant, son aggravation peut aire

‘prévoir des complications. graves.

Le syndrome. anorexique est Haba. dans tous les cas de la symptomatologie ämbiante, soit comme ‘élément dominant et'causal, soit comme élément accessoire ou secondaire. ; -

Il ne doit pas être systématiquement monté en épingle : il doit être situé à sa vraie place, qui n'est jamais négligeable.

Au cours de ‘ces. exposés symptomatologiques, nous avons noté, avec une particulière attention, les modalités des plaintes et des cris du nourrisson, que nous considérons comme . étroitement liés au symptôme anorexique.

Sans vouloir nous étendre sur cette question (ce qui sortirait de notre sujet) ni leur attribuer une trop grande valeur séméiologique, nous avons sérié :

.Les cris intermittents : de la faim, de la douleur, du caprice, de la gourmandise ;

Les plaintes pu cris continus : le « cri de détresse »

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