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Avant-Propos
À la consultation des nourrissons, des mamans viennent en grand nombre trouver le Médecin parce que leur bébé ne veut pas ou ne peut pas têter : elles racontent tous les détails de ce grand drame qu'est le manque d'appetit de leur enfant. En effet c'est un drame qui donne lieu a des scènes souvent inénarrables : tous les moyens sont mis en œuvre pour Vaincre la répuanance du nourrisson à. prendre le sein ou le bi- beron; puis, si celui-ci consent enfin à ingurgiter quelques gorgées, les mamans vous disent leur terrible désappointement de voir cette nourriture si difficilement absorbée rejetée après un court répit. Elles vous décrivent l'agitation du nourrisson, ses insomnies, se plaintes et surtout ses cris, qu'accompagnent très rarement des larmes, cris dont les caractères n'échappent pas au praticien : ils varient en fréquence, tonalité, intensité et durée... et le champ reste ouvert pour l'analyse critique à la meilleure connaissance de ce petit animal qu'est le nourrisson.
Inappétence, vomissements, douleur et cris coexistent ; ils constituent en bloc l’armature dramalique de l’anorexie.
C'est aussi un drame médical, le médecin devra débrouiller des histoires confuses et prendre des dé-
cisions souvent mal acceptées. Ces décisions devant les incertitudes pathogéniques, étiologiques et les insuffisances thérapeutiques devront avoir pour qualité primordiale d'être avant tout opportunes.
C'est aux enseignements magistraux de Monsieur le. Professeur SOREL, du très regretté Professeur BOULARAN que nous devons le choix de notre orientation médicale vers la Puériculture et la Pédiatrie.
C'est à eux que nous devons le sujet de notre Thèse de Doctorat : sujet Vaste, déjà amplement ftraité mais que leur enseignement d'abord et leurs conseils ensuite, nous ont permis, du moins nous le croyons, de mener à bonne fin.
Qu'ils en soient ici particulièrement remerciés.
| Nous ser ons très br ets sur les travaux parus concer-
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* : On peut dire depuis que “ét. les Fer Moss __ dernes de tous les pays ont donné sur cette affection
x. e More devenue ‘extrêmement fréquente, leur avis pathogé- LME nique, étiologique, clinique et une He data Varient suivant leur époque, l'état des acquisitions expérimeniaies et les connaissances du moment.
Il faudrait citer tous les noms et faire état des in- nombrables travaux écris sur cette matière.
Nous ne pouvons le faire ici : la bibliographie. + 10) SAR /. fermine notre travail donnera le nom des auteurs des ouvrages auxquels nous nous sommes référés.
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Introduction
C'est la fréquence et l'importance souvent majeure de ce syndrome dans la pathologie infantile qui nous a décidé à traiter à nouveau ce sujet pourtant déjà si abondamment fouillé.
Nous disons « syndrome » et non symtôme parce que : si l’anorexie qui éthymologiquement signifie « per te de l'appétit » est simple quand une cause unique se révèle (par exemple dans ce qu'il est convenu d'appeler la « fausse anorexie ») il n'en est pas de même lorsqu'il s’agit de causes multiples ou mal définies — l’anorexie ne reste plus dans sa pureté et s'accompagne de manifestations de la douleur (cris ou plaintes) et se relie inéluctablement au rejet partiel ou total de l'aliment ingéré dans ces conditions. il s’agit là vraiment d'un ensemble symtomatique à peu près constant et que l’on retrouve rarement dissocié.
L'importance de ce syndrome est telle que chez certains névropathes on a désigné sous le nom d'« anorexie mentale » les manifestations morbides spéciales des nourrissons et des enfants, puis de l’adolescent et de l'adulte sous le nom d’« anorexie hystérique ».
De à ROSES
L'intérêt doctrinal de ce travail réside en la place à attribuer à ce syndrome souvent dominant, souvent aussi à la remorque d'une symtomatologie complexe dont il dépend.
En effet l’anorexie chez les nourrissons présente des degrés divers, décrits par tous les auteurs; elle peut être primitive ou secondaire, elle peut être passagère, légère, continue ou subir des fluctuations; elle se montre élective bour quelques aliments ou étendue à à toute nourriture; elle est de courte durée ou au contraire désespérément tenace, entraînant dans ce cas des troubles de dénutrition importants et dangereux (hypothrepsie et athrepsie...)
L'analyse de ce syndrome n'est donc jamais et dans aucun détail négligeable.
L'interêt pratique réside en la synthèse des connaissances et applications pratiques du moment.
Pour ce faire, contrairement à la plupart des auteurs, nous n'avons pu en toute logique et vérité clinique, ne parler que du syndrome anorexique : il faut à notre avis sitüer ce dernier à sa vraie place dans la symptomatologie ambiante; nous ne pouvons le faire sans la rappeler brièvement. Cela est d’autant plus essentiel que ce syndrome indissociable de ‘ l’ensemble est quelquefois la cause et souvent la résultante des symptômes caractéristiques de l'affection.
Pour ces mêmes raisons, auxquelles s'ajoute la jusfification du traitement, nous avons dû faire quelques incursions dans.la pathogénie et l’étiologie des malédies où ce syndrome existe. Nous n'avons pas l’impression d’avoir alourdi notre sujet mais de l'avoir éclairé, car sans nous leurrer sur les destinées de notre travail, nous pensons au praticien souvent débords pour lequel des mises au point sont périodiquemeni
nécessaires. Cette situation concrétise à nos yeux ce. que le sort du praticien aura toujours d'inquiet ou d'inachevé.… +
Pour la clarté de notre exposé, il ne nous a pas été possible de mettre dans un chapitre spécial, le traitement des anorexies ; en effet nous aurions eu à faire des rappels pathogéniques, étiologiques et symtomatologiques qui constitueraient des redites fastidieuses. Nous avons cru devoir donner une place importante à.la description de certaines affections (Mégadolichocolon, toxicoses, etc.) dans lesquelles le-syndrome anorexique nous a.paru à tort minimisé.
Nous avons adopté pour le qualificatif de nourrisson l’âge extrême de un an et demi fixé par MAR- FAN et ses elèves.
Nous traiterons donc dans une première partie la classification et le traitement des anorexies du nourrisson. Dans un préambule nous exposerons les raisons du choix de la ciassification que nous avons adopté ; chaque chapitre de cette classification sera suivi d'une synthèse des traitements médicaux, chirurgicaux où mixtes applicables à l’heuré actuelle, regrettant toutefois que dans certaines circonstances il faudra se contenter de thérapeutiques à l'essai.
Dans une deuxième partie nous puüblierons un choix d'observations aussi typiques que possible recueillies dans le service de Pédiatrie du Professeur R. Sorel et dans la clientèle personnelle de pédiatres toulousains qui ont bien voulu les rédiger pour nous (nous en indiquerons les auteurs). |
Enfin, dans nos conclusions, nous tirerons les leçons générales qui se dégagent de notre travail dans un esprit de synthèse pratique.