‹ Classification méthodique des produits de l'industrie extra-européene ou objets provenant desChapitre 1 sur 3 · CHALLAMEL AÎNÉ · texte numérisé non relu

CHALLAMEL AÎNÉ

ItlBÀIll-OOXSClSeXOinffAZRS FOUB'L'ALaSSIS, L'ORISNT IT ISI OOlrOtTUt

RUE DES BOULANGERS-SAINT-YIGTORi 30

nalyse à ceux de la 'synthèse, c*est-&-dîre de Vordrcy qui met chaque chose & sa place et l'y fixe înTariablement. On trouvera peut-fitre que la partie matérielle 3e l'Ethnographie De mérite pas, à un bien haut degré, l'attentioD des hommes de Bcience et d'étude ; mais nous devons laisser aux hommes spéciaux le soin de trûter, les uns l'immense question de la linguistique, les autres le sujet non moins difficile de l'anthropologie proprement dite et de l'anatomie humaine.

Les besoins de l'homme et les fruits de son industrie, tel est l'unique sujet que nous voulons envisager; mais comme les objets qui doivent être énumérés sont nombreux et trèsdivers, it est indispensable de les soumettre à une classification méthodique aussi rigoureuse que possible ; c'est donc selon le système suivi en histoire naturelle que nous allons procéder.

Nous divisons les objets dont il s'agit eu dix classes, qui embrassent à peu près la totalité des objets d'étude qui se présentent à l'observateur en voyage, et qui satisfont en réalité au besoin d'une classification complète. L'expérience, en efTet, nous a montré que tout objet trouve sa place marquée dans une classe spéciale, celle à laquelle il appartient d'après la méthode.

En tète de la nomenclature se trouve naturellement une série spéciale (la première classe), consacrée à la représentation de la figure humaine. En outre des dessins que d'ha> biles artistes savent tracer avec fidélité, on sait qu'il y a dans divers pays, dans l'Inde par exemple, des indigènes qui se livrent, non sans succès, à l'imitadon des portraits, à la composition même des figures et figurines endères, en relief, avec le type original de la physionomie, et qui les habillent selon leur condition, leur caste, leur profession, donnant à chacun le teint de sa race et son caractère distinctif. Ces sortes de représentations sont préférables à toutes les autres, etnelecèâentqu'àdes collections de crines d'origine authon-

tique ; ceDea-d forment le premier ordre de la première classe^ celles-là, le second; le3 ûmples dessina et peintures forment le troisième oTf^; tous trois se divisent en pluùeurs genres et espèces.

La seconde classe se rapporte aux arts qui servent à procurer la nourriture ; elle se diviae aussi en trois [ordres : la chasse, la pêche, l'agriculture ; chacun d'eux se subdivise en un certain nombre de genres et d'espèces qu'il serait trop long ici de décrire ou même d'énumérer.

Après la nourriture, le premier besoin physique de l'homme, vient la nécessité de se mettre k l'abri de l'intempérie d^ sùsons ; ce sont les arts qui servent k le couvrir, à le vètjr : trois or<A'es composent aussi cette troisième classe, ils se rapportent au vêtement du corps, à cedui de la tète et à Vart de la chaussure. On ne parle pas ici dp la parure, dont le goût suppose le luxe, c'est-à-dire une période plus avancée et qui fût un des objets de la classe neuvième (usages, , mœurs et habitudes). Les trois ordres se divisent aussi en un grand nombre de genres et d'espèces.

ÎA quatrième classe a la même destination, celte de mettre l'homme encore mieox à l'abri des injures du temps (ou la plaie, ouïe vent, oula neige, selon la contrée et la saison), mÛ3 elle suppose un nouveau progrès dans la civilisation ; en un mot, ce sont les arts qui servent au logement, à l'habitation, depuis la tente et la case jusqu'à la maison, et à toute espèce de construction et de b&timent. Les divers ordres de cette classe consistent en modèles de maisons, matériaux, ou^sou instruments; beaucoup de genres et à' espèces sont compris sous ces trois ordres.

La cinquième classe est une des plus étendues ; c'est parce qu'elle se rapporte aux besoins de l'homme de plus en plaa avancé dans les arts primitifs : c'est l'économie do' rmlique. Six ordres distincts composent cette classe; les :, , ....-:;hî-- >. :T-:-r.-. .-!:*.-.'^rs. !*"; n?;!î!n ."rvant à divi-

— a — ser, les dlfii^nte tnstratuents, lesmeuMM en gtoiral, enfin

IflB objets de luxe ou d'agrément. On comprend pourquc» il j â beaaeonp de sou»-divlsions dan» Mtte classe.

La classe sixième aurait peut-être pu prendre le pas devant plusieurs des précideotes; elle se rapporte à la défense de rbomme : c'est an besoin primitif) l'homme» en présence des bètes fauves, n'étant poiflt arnit contre elles par lanatnre, nu et bien pluBfaible,a eu besoiii,dèBVoriginQ, d'y suppléer par des armes artificielles ; mais 11 n'a pas coonti tout de suite les métanx, et encore moins l'art d'en tirer parti ; aussi a-t-il dfi en soufirir pendant bien des, siècles. Nous n'avons donc fait apparaître qu'au sixième rtog les armes défensives et les armes ofTenelves, imaginées par riiomme contre les animaux féroces.

Classe septième. Les arts se multipliant avec l' expérience de la pratique, la dextérité de l'homme fusant chaque jour des progrès, est née l'industrie proprement dite; bientAt l'Intelligence, qui est propre à l'espèce hamidne,acoDâultaai premiers éléments des sciences : les échanges ont oMesiité, ont amené l'art de compter, de praer, de mesurer; te calcul ft conduit ensuite au dessin, puis & la pelatnre de la parole* enfin à l'écriture.

Plus le genre bumain a marché en avant, dans cette voie de progrès et de civilisation (la population d'ailleurs s' accrois, sant toujours), plus le nombre des arts s'est accru. Aussi, cette septième classe a plus d'extension que les autresi nom y comptons jusqu'à neuf orth-es : écriture, comptes et cal. culs, commerce, peinture et dessin, substances emplojéee dans les arts, métallurgie, machines, navigation; bleolftt, te âel a été observé. Puis, l'homme s'est assujetti le che. val, et a trouvé l'art de l'équitation; ces neuf ordres con^ prennent un grand nombre à'espèces.

Il est une autre branche des arts, la musique, toot à fiiit

butions Bpédales dfl rbommet qui appartieot à lui seul, comme le don d'articuler la parole; en oa mot t c'est le chant, véritable origine de la musique, La nature en a doté rborome, aûu qu'il puisse exprimée sa douleur ou sa joie, ses aentinaents, seapassions» ses affections, sesdéûrs. Il n'est pa3 nae nation chea qui l'on n'ût pas observé ce don de tft parole cbaotée. Oniroure aussi partout des instruments imaginés par l'homme pour accompagner sa voix, ou bien pour donner un signal, ou bien pour embellir des jeux et des danses, ou enfin pour célébrer des fâtea et des cérémonies, Les instruments de percussion, les instruments à vent, les instruments k cordes, constituent les trois ordres dexette buitième classe, consacrée à la musique, faculté, comme nous l'avons dit, tout fait distincte et à part.

Noia, Les chants notés sont un appendice oéceisûre de la huitième classe.

Classe neuvième. La classe qui, par sa nature, devut être, et est, en effet, des plus considérables est la neuvième, celle qui se rapporte attx usages, aux mœurs, aux habitudes^ Elle se divisa en aeptordres, partagés eux-mêmes en beaucoup da gemes et d^espèces, savoir ; objets qui servent dans les fStes relatives aux principales époques de la vie, la naissance» le mariage, la mort, l'édacation physique, savoir 1» exercicei et appareilsqui s'y appliquent, les jeux etles fûtes. Us jeux de combinaison, laparure ; enfin les usages divers, par exemple, tatouage, mascarades, etc.

La classe dixième et dernière, classe i part, complète le tableau I elle répond à un besoin qui existe cbes toutes les n^ns de la terre, le besoin religieux. Partout l'homme reconnaît l'existence d'un être supérieur et tout puissantt con- Hnmf ommum populorwn probat deoh esse, dit Gicéron, Mais, à cété de cette idée univK*selle, habitent la supersUtioa et l'idol&trie. Les objets mat^iels qui se rapportent à la

cuàllis avec âoin, tels que les amulettes, les fâtiches, les talismans et les idoles.

L'bomme est appelé vulgùrement ie roi de la nature parce qu'il a dompté, parce qu'il a domestiqué un petit nombre d'animaux, parce qu'il les fait servir à ses besoins. Bieu que celte expression soit un peu exagérée, il est de fait que ses rapports avec ceux-ci ne permettent pas de les négliger tout à fait, dans cette sorte de tableau général de la statistique humaine. L'bomme les a rendus domestiques ; il en a fait quelquefois des amis ; il les a mftme acclimatés dans des contrées où ils n'avaient jamais vécu. On peut doue consacrer un appendke & une série de figures, représentant les principaux animaux domestiques de cbaque paya, considérés comme les auxiliaires et les compagnons de l'bomme.

Je demande ici la permission de reproduire des réflexions déjà un peu anciennes, mus qui sont fort peu connues, et qui serviront d'éclaircissements à tout ce qui précède.

Ce n'est que depuis une époque assez récente que les voyages de découvertes et les études géographiques se sont dirigés vers une branche d'observations jadis négligées, ou qui, du moins, dans le siècle dernier, occupaient une faible place parmi les travaux des explorateurs et ceux des érudits. Il fallût, il est vrai, pour connaître le globe, commencer par fixer la position des lieux, établir leurs distances vrûes et leurs situations respectives, leur élévation relative et absolue, étudier en&n leurs prodactiona naturelles ; en d'antres termes, on devait commencer par la géographie proprement dite et la géographie physique. Aujourd'hui le plan de la terre ne suffit plus à notre avide curiosité ni au progrès actuel des connaissances; ce plan est, d'ailleurs, assez avancé pour qu'on tourne ses efforts d'un autre cdté, plus important encore; je veux parler de la distinction des races humai nés et de la connaissance universelle de leurs idiomes, de leur

qae l'on comnwace h faîrechez presque toutes les nations de r Europe. Il est mairitenant peu de voyages où cette étude ne Boit recommaDdée. Ed Allemagne, en Angleterre, en Russie comme en France, les déterminations géographiques et l'histoire naturelle ne sont plus le seul objet des instructions données aux voyageurs, et l'on y ajoute des questions spéciales sur l'homme et son état physique. L'objet de cette sorte de recherches est désigné par les mots d'Ethnographie et d' Ethnologie. Après tout, n'est-ce pas le but final que l'on doit se proposer dans la description de la terre habitable? Les relations d'échange que nous avons ouvertes ou que nous voulons ouvrir sur tous les points du globe, la pensée civilisatrice dont l'Europe chrétienne est animée et préoccupée, le plan conçu d'arriver graduellement à la diffusion générale delà civilisation, des lumières, quels que soient la nature, le caractère et la couleur des races ; ces nobles vues, ces desseins si louables, ne reposent-ils pas sur la connaissance approfondie de toutes les différentes peuplades, et de leur état moral et physique? N'est-ce pas enfla marcher à l'accompUssement de la destinée humaine ?

Hais quand on ne porterait pas l'ambition si loin, quand ces projets seraient de pures utopies, n'y a-t-il pas encore là, pour l'esprit et l'intelligence, un noble aliment h notre curiosité? Le rapprochement complet et la comparaison de tous les points de vue sous lesquels peut ëlre envisagé l'homme j actuel, dans tous les climats, ne peuvent manquer d'éclairer l'histoire dupasse. Bien des problèmes historiques ne pourront être résolus, ou même abordés, qu'avec la connaissance parfaite de ces anciennes tribus que le temps a peu modifias, soit sous le rapport du langage, soit sous le rapport de la coDStitutioD phjsique, soit enfin sous l'aspect des usages, des mœurs et des institutions. L'histoire est donc intéressée,

m&^sissi

Dans le principe de ces études, on s'est œcupé uniqueaient des idiomes, et l'on a même classé les difTérentes races d'aprèiï les tangues dont elles font usage. Autant de langues et d'idiomes, disait-on, autant de groupes de la famille liuinaine; on a reconnu, depuis, qu'il était indispensable d'étendre l'acception du terme d' Ethnographie appliqué à cette étude, l'étymologie du mot en faisant d'ailleurs une loi. Nous pensons en avoir donné plus haut une définition saffisanté, et nous revenons à. l'objet spécial qui fait le sujet principal de cet essai. ■

Les œuvres de la main de l'homme, attentivement considérées, peuvent souvent nous révéler ce qui a échappé à l'histoire, ou bien n'a pas été conservé par la tradition .: je veux dire le but de leurcomposition, l'objetque leurs auteurs se sont proposé, les moyens mêmes dont ils ont fait usage pour les exécuter. C'est ainsi que par l'étude réûéchie et persévérante des monuments de l'antiquité, on peut deviner les ' secrets de son architecture. Il est même permis de dire que toute science peut être comprise, appréciée et jugée par ses productions : ce principe, que je crois général, est surtout applicable à la science ethnographique.

L'histoire a gardé le plus complet silence sur les arts et l'industrie d'une multitude de peufAes, et la plupart, d'ailleurs, sont restés dépourvus d'historiens. Un grand nombre de ces nations ont toujours ignoré et ignorent encore l'écriture. Est-ce une raison pour renoncer à les étudier? Je ne le crois pas. Toutes ces peuplades, si peu civilisées, si grossières qu'elles soient, ont su travailler la pierre, le bois ou le métal. Toutes ont eu des outils, des instruments avec lesquels elles ont modifié les formes de la matière, suivant leurs nécessités, leurs goûts, leurs idées. Toutes ont soumis par force ou par adresse les divers êtres vivants de la ccé&~ tien, et toutes ont agi sur la nature morte pour l'approprier

h Ipiirt hoenlna II OBt Annr natnn

de leur aptitude et de Jear industrie, de rassembler les objets sortis de leurs mains, et de comparer ces objets entre eux après les avoir disposés avec ordre, au moyen d'une classificatiou scientifique. Bien plus : quantité de ces produits de l'industrie portent le reflet de l'intelligence des hommes dont Us sont l'ouvrage; ils montrent quelle était chez eux la tournure de l'esprit et desidéesj en même temps qu'ils font connaître matériellement leur dextérité plus au moins ingénieuse. L'examen de ces objets peut dons servir au côté moral des études ethnographiques, comme à la connaissance de l'état des arts et de l'industrie. Par exemple, s'il est vrai que les idées religieuses ne sont étrangères à aucun des peuples de la terre, on doit désirer de connaître quelles sont les formes extérieures de leur culte, et par quelles images, par quels symboles de la nature, ils ont représenté la puissance • divine.

Les hommes, même peu cultivés, se sont élevés à la considération du nombre et de l'espace ; de là les rudiments plus ou moins grossiers, ou imparfaits, de calcul ou de géométrie élémentaire. ï>es .instruments leur ont servi à compter, peser, mesurer; il importe de les rassembler. Il est plusieurs de ces peuples qui, promenant leurs regards sur la voûte céleste, ont divisé la marche annuelle apparente du soleil, et donné des dénominations aux groupes d'étoiles; et il en Èst aussi qui ont donné une forme, un corps à leurs idées sur ce sujet, et qui les ont figurées sur le bois ou sur la pierre. Tous ont possédé des jeux, et ont eu des instruments de musique : rien n'est plus générai peut-être que la pratique des fêtes, des jeux, des danses, des cérémonies, des chants ; rien de plus universel que l'instinct musical : comme si, partout, l'homme avait besoin de chercher un adoucissement, un dédommagement à ses souffrances physiques et morales 1 Les instruments de ces jeux sont donc infiniment

délassemeat, soit qu'ils supposent un certain esprit de combinaison ou de calcul numérique. Bien d'autres points, qui touchent au moral et à l' lutelligeiice de l'homme, peuvent être connus et compris à l'aide des produits du travail de ses mains, méthodiquemenl réunis : tel est le double objet des Collections et musées ethnographiques.

Sous un autre aspect encore, et non moins utile, ces collections mériteat d'être appréciées. On a des exemples de ligures exécutées de lamain des natifs, retraçant, comme on l'a dit, les nuances délicates de la physionomie, avec une finesse de travail faite pour surprendre chez des hommes étrangers aux arts del'Europe. Le caractère distioctif des individus s'y reflète pour ainsi dire avec autant de fidélité que dans un miroir, et mieux même, quand ces figures sont de plein relief ouenronde-bosse; aveclecaractêre physique, ces images semblent donner aussi l'expression, l'air du visage : on doit les étudier avec soin pour la connaissance des races.

Les progrès que fait sur le globe la civilisation chrétienne depuis un demi*siécle, parsuîtedesguerres et des expéditions de toute espèce, ont commencé à modifier profondément l'état social des peuples lointains : les mœurs, les usages, les instruments des arts et les ustensiles, tout jusqu'au langage, va s' altérant chaque jour davantage. Bientôt peut-être il ne sera plus temps de recueillir ces restes d'un passé qui disparaît et s'évanouit sans retour. Il faut se hâter de rassetûbler ce qui subsiste encore (1).

Une collection comme celle que je viens de définir, pour être utile à l'étude, doil, je le répète, être classée avec méthode, et d'après un plan scientifique. Il faut que tous les pays y soient représentés, moins l'Europe civilisée bien en-

(1) Voir: CunsIâérailoDj surTobJeiet li^sûvaningrsd'unecollcciiontiiéclale contacréc aui cartes Bi'OQriiphlques el agi diverses branebc^ de la C^ografihJe,

tendu, moins aassi les autres contrées de la terre, gouvemëes ou colonisées à l'européenne. — llfautégaleœentque la collection renferme des spécimen de toutes les classes d'objets propres à peindre le degré d'avancement et l'état de l'iodustrie; demanièreque les pièces soient assujetties à une double classification, àlaclassification par matière età la classiticatiou géographique. On va voir en détail (1) celle que j'ai ■ cru devoir adopter et que je croîs aussi pouvoir recommanâer comme tout àfait générale, comme susceptible d'admettre les objets de toute nature, rapportés et à rapporter par les voyageurs. La méthode est fondée à la fois sur l'ordre des besoins naturels de l'homme, et sur le développement ordinaire des sociétés humaines. En étudiant une telle collection, depuisson commencement jusqu'àsa fin, l'on aurait sous les yeus un tableau successif et progressif de l'industrie de l'homme, depuis ses besoins les plus impérieux jusqu'aux développements du luxe.

En exposant ce plan de la classification, je dois p*appeler qne les productions naturelles, que tout ce qui n'est pas travùllépar la main de l'homme, en un mot, la nature brute, soQt exclus de la collection, de même que tout ce qui est le produit de nos arts modernes : il n'est question ici que des œuvres de l'industrie extra-européenne; ajoutons que pour Être complète, la collection doit renfermer des dessins ou des modèles partout où les objets manquent, et aussi là où les originaux sont de trop grande dimension, par exemple s'il s'agit des navires, des machines et des appareils divers plus ou moins volumineux.

Si l'on réfléchit à l'essence d'une telle collection, l'on ne s'étonnera pas que le classement par ordre de matières précède l'ordre géographique. L'on possède, en effet, des objets

- u appartenant à toutes les classes et k tontes les espèces ; mais on D'en a point de tous les pays de la terre. La conectîoa sera donc divisée parn«/Mred'objet, et sous-divisée par lieux. Cette double division est propre à prévenir la confusion; sans elle, la collection pourrait ressembler à un chaos, ou à un magasin d'objets incohérents; inconvénient grave qui, sans doute, a contribué à retarder chez nous la formation d'un vrai musée de cette espèce, bien que l'utilité en soit incontestable. Mais on ne songe guère à ce MUSÉE DE LA GÉOGRAPHIE ET DES VOYAGES, longtemps espéré, vùnement attendu.

Les objeta.d'artétrangers,s'ilBSODl disposés dans un ordre méthodique et instructif, ne seront pas examinés sans frujt par les industriels, soit pour certains usages qui pourraient entrer dans notre économie domestique, soit pour les produits qui manquent à nos arts, soit pour la beauté desnuaoces'tiréesde certaines substances colorantes, etc. Il existe en Afrique, par exemple, des alliages ou plutftt des plaqués longtemps restés inconnus à notre industrie. Je citerai encore un instrument qui a pour objet l'éducation physique, c'est-à-dire lagymnastique ; c'est un arc en fer, d'environ deux mètres de long : la corde est aussi de fer; c'est une chaîne très-forte, et qu'il est extrêmement difficile de tendre et d'écarter de l'arc. Celui qui s'eserce avec cet instrument doit l'ouvrir assez pour laisser passage à la tète, aux bras ou aux jambes, et successivement ; mais ce n'est qu'avec un assez grand effort musculaire qu'il peut en venir k bout, qu'il peut séparer suffisamment l'arcdelacprde etprévenir le danger d'être serré comme dans un étau; d'autres exercices du même genre se feront sans doute remarquer dans une collection complète,

Puis-je terminer ces réflexions sur la branche la moins savante de l'Ethnographie, savoir les collections matérifilies, sans rappeler au moins, par quelques mots, le but élevé que se propose la science nouvelle, bien comprise ; sans dire sa

haute portée sociale et sod influence probable sur la civilisation, sur les prt^rès de rbumanité? N'est41 pas vnd que quand les hommes se connaîtront plus, ils pourront et sauront mieux s'apprécier. De toutes les barrières qui séparent les peuples, il n'en est pas de plus difficile à franchir que la difiërence des langues (car aujourd'hui la distance, Tespace n'est plus rien]; l'Ethnographie peut y réussir un jour. On a beaucoup parlé, au temps de Tabbé de Saint-Pierre, et de» puÎ3 cent cinquante ans, de la paix perpétuelle : Jean-Jacques en parladt aussi, et, aujourd'hui, il existe en Angleterre une Société des Amis de la Paix, qui professe cette doctrine; mais rien n'annonce que ces vœux soient prêts à se réaliser : qui sait si les travaux, les découvertes des Ethnographes ne conduiront pas un jour à ce but désiré ? Que les hommes, je le répète, se connaissent plus : ils s'estimeront, et peut-être s'aimeront davantage.

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