‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 27 sur 43 · XXVI LA VIE DE BLOT · texte numérisé non relu

XXVI LA VIE DE BLOT

Dans un païs de glaçons, Où l'on n'aura point de toile Pour luy faire des chaussons.

Elle s'en va ceste Reyne ; Mais on dit qu'elle est en peine, Et qu'on l'entend souspirer En songeant à la bedaine Du Roy qui doit l'espouser.

Rarement le favori de Gaston est aimable, c'est une exception que ce couplet à Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, le cadet à la perle, le membre de la Confrérie des monosyllabes, l'ami de Saint- Amant :

Amis, buvons à tasse pleine

Au brave cadet de Lorraine

Qui vaut bien mieux que le premier.

Morbleu, je vous le dis à table :

C'est trop peu de Grand Escuyer,

Je voudrois qu'il fut Connestable (1).

Nous pourrions multiplier ces citations, mais dans une note bien différente !

Blot ne s'est pas borné à persifïler ses contemporains, à railler son maître Gaston d'Orléans, à traîner dans la boue la Reine et Mazarin, il a semé dans ses chansons ses théories libertines, se moquant en passant des livres saints, de l'Église, du Pape, niant l'immortalité de l'âme, le Paradis « et ses merveilles », etc., et cela sans la moindre périphrase. Ses attaques et ses négations sont brutales et accompagnées de plaisanteries souvent obscènes. Si on rapproche les vers incriminés au procès de Théophile de Viau (2) de ceux de Blot, les premiers apparaîtront comme des peccadilles indignes de fixer l'attention.

Suivant Blot, les religions sont sans importance ; quant à lui, il n'en connaît qu'une, celle du plaisir tel qu'il le comprend : boire et f

(1) Dans d'autres couplets, le comte d'Harcourt est cruellement maltraité.

(2) Dans le T. II du Procès de Théophile, nous avons reproduit les pièces de ce poète visées dans les interrogatoires en imprimant en italique les vers incriminés.

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