LES BIBLIOPHILES FANTAISISTES
Nous assistons, c'est un fait, à l'agonie du volume à 3 fr. 50. Les statistiques du dépôt légal constatent la diminution du nombre des romans qui paraissent chaque année. Est-ce à dire qu'on lise moins? Bien au contraire. Mais il s'imprime dans des collections à 95 centimes, 1 fr. 35, etc., des ouvrages tirés à cinquante mille exemplaires, ou davantage. On ne vendrait pas cinq mille exemplaires de ces mêmes ouvrages publiés à 3 fr. 50.
S'en étonner serait mal connaître les besoins modernes. S'en plaindre serait vain. Les éditeurs français n'ont fait qu'imiter leurs confrères anglais et américains qui depuis longtemps ont mis en circulation des collections à bon marché. Mais à côté de ces séries populaires, les libraires étrangers offrent au public des livres qui, sans constituer des publications de luxe réservées à quelques curieux, sont bien supérieurs.
par l'élégance du format, la beauté du papier et des caractères, au banal volume jaune de nos devantures. On ne trouve rien de semblable en France.
C'est à quoi les Bibliophiles Fantaisistes se sont proposés de remédier.
Nous avons eu le rare plaisir de voir notre initiative comprise par un certain nombre d'auteurs déjà célèbres : MM. Maurice Barrés, J.-E. Blanche, Marcel et Jacques Boulenger, René Boylesve, François de Curel, Edouard Ducoté, Claude Farrère, Gérard d'Houville, Louis Laloy, Pierre Louys, Paul Margueritte, Francis de Miomandre, Nozière, Henri de Régnier, Laurent Tailhade, Jérôme et Jean Tharaud, dont nous avons publié ou publierons des œuvres avant le 1" octobre 1910.
Chacun de nos volumes est imprimé avec les caractères, le format et le papier qui nous semblent le mieux convenir au sujet. Nous arrivons ainsi à offrir à nos souscripteurs des ouvrages qui, par la manière seule dont ils sont présentés, constituent déjà des ouvrages de bibliophile.
Ils sont toujours tirés à 500 exemplaires numérotés à la presse.
Les souscripteurs s'engagent à verser une somme de 5 francs pour chaque volume qui leur est remis par la poste contre remboursement. La souscription
annuelle ne s'élève jamais au-dessus de 50 francs, et la Société se réserve, s'il est publié plus de dix volumes par an, de les offrir aux membres souscripteurs. (Dès le 1*'' novembre 1909, la Société offrira à ses souscripteurs un essai sur M""* Colette Willy, par M. André du Fresnois.) On comprend, par ce seul fait, le véritable but de la Société, qui est de publier des éditions de plus en plus luxueuses, et d'offrir à ses souscripteurs le plus grand nombre possible d'ouvrages en échange de leur cotisation de 50 francs par an.
Il est donc de l'intérêt des anciens souscripteurs de chercher eux-mêmes des souscripteurs nouveaux.
Les exemplaires non souscrits sont mis dans le commerce à un prix variable, mais qui ne s'abaisse jamais au-dessous de 7 francs 50, sauf pour les volumes offerts aux souscripteurs.
Les souscriptions courent en général du 1^'^octobre de chaque année. M. Eugène Marsan, administrateur de la Société (IP'^ rue Poussin, Paris XVP), est chargé de les recevoir.