‹ Claudie; drame en trois actes et en proseChapitre 50 sur 60 · SYLVAIN, CLAUDIE · texte numérisé non relu

SYLVAIN, CLAUDIE

claudie, fusant effort pour parler.

C'est vrai que vous ne m'avez point fait de peine, maître Sylvain, et que je n'ai rien contre vous, partant nous n'avons point à nous expliquer...

LU»? v?ut ><• retirer.

82 ACTE m.

SYLVAIN, sans l'arrêt r, mais se plaçant de 7, gêner sa sortir.

Certainement non, nous n'avons point à nous ex|,. quer. Je ne sais pas pourquoi on a voulu que je vienne ici. Vous y êtes, Claudie, c'est bien. Je n'y trouve point à redire. On a eu tort de vous offenser, on a raison de vouloir vous en consoler, mais tout cela ne me regarde point.

CLACDIE.

Je le sais bien, et si je suis ici, c'est malgré moi, je ne voulais point revenir, je ne serais jamais revenue. Mon père a cédé à Mme Rose, mais ce n'est point pour rester, et je compte que nous allons repartir. SYLVAIN, se jet mi cl vaut la porte.

Oh ! je ne vous empêche ni de partir ni de rester; si vous croyez que ça vient de moi tout ce qui se manigance ici aujourd'hui, vous vous abusez! Je n'y suis pour rien... Est-ce que j'ai à vous demander compte de vos idées, de votre passé, de votre conduite? Soyez tout ce que vous voudrez, je ne m'en embarrasse point. CLÀrDiE,ar c résignation, sans bouger beaucoup tout le restant de la scène.

Qui est-ce qui vous prie de vous en embarrasser? FAOVEAU, s' animant peu à peti.

Oh î c'est qu'on a dit des folies, des bèiises ici, tantôt; mais est-ce que je vous ai jamais dit un mot que tout le monde ne puisse pas entendre, voyons?

Je ne l'aurais pas souffert!

SYLVAIN, même /'■ U.

Oh ! je sais que vous êtes fière et vaillante ! c'est à propos dans votre position !

CLArDIE.

Un honnête homme et un bon chrétien aurait pour de-

SCMSE VI.

voir de ne jamais me parler de ma position, et puisque vous n'avez pas le cœur de le comprendre, je vous défends de me dire un mol de plus.

Sylvain, marchant à grands pets.

Oh ! je ne vous insulte pas, je vous plains !

Gardez votre pitié pour qui vous la réclamera.

stlvàin, même jeu.

Courage ! vous voulez qu'on vous respecte comme une sainte, pas vrai?

CLAUDIE, I' nt ment.

Le malheur qui ne se plaint pas a le droit de se faire respecter.

Sylvain, cr.chant ses larmes av c un peu de dépit.

Le malheur qui ne se plaint pas, à des fois, ça ressemble à la honte qui sevcache... M'est avis qu'on aurait mieux respecté votre malheur si vous ne l'aviez pas si bien celé.

Maître Sylvain, les pauvres ont besoin de travailler. On repousse une fille... dans ma position, comme vous dites, et pour trouver de l'ouvrage hors de chez moi, je suis condamnée à me taire.

Sylvain, vivement.

Et à mentir !

claudie, hésit mt.

A qui ai-je menti? personne ne m'a interrogée.

Sylvain, viv m ni. élevant la voix.

Si fait! moi je vous ai interrogée ici, ce matin.

Et je vous ai menti ?

SYLVAIN

Se taire, c'est mentir, dans l'occasion.

CLA.IDIE.

Dans l'occasion ! quelle occasion ?

SYLVAIN

Oui, quand on souffre l'amitié d'une personne à qui on ne veut point avouer ce qu'on est.

CLATJDIE.

Vous avez raison ; mais quand on ne souffre l'amitié de personne, on n'est obligée à rien envers personne. SYLVAIN, suffoquant.

A la bonne heure ! gardez donc vos secrets et vos amitfés ! personne ne vous les demande plus... (On enfi ml un bruit clevoix dirrièrele théâtre.) X moins que ça ne soit Denis Ronciat ! . . . car c'est sa voix que j'entends î claxdie, à part, enpfeurant.

Denis Ronciat!... Mon Dieu Ic'estlrop pour un jour!

Elle tombe sur une chaise et reste atlérée. Sylvain s'assied accablé de l'autre côté de la table, et affecte d'être indiffèrent à tout ce qui se passe. •

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